Mali : IBK accusé de corruption évoque des poursuites judiciaires contre Le Monde

Mali : IBK accusé de corruption évoque des poursuites judiciaires contre Le Monde

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Ibrahim Boubacar Keita

Le Président malien

Le Président malien est-il un corrompu ? Question difficile à répondre mais le journal français Le Monde croit savoir un peu plus sur la question. Dans le journal Le Monde met en cause le président malien Ibrahim Boubacar Kéita de corruption dans le cadre d’une information judiciaire ouverte à Paris contre l’homme d’affaires Michel Tomi.

A la suite de l’article du Monde, la réaction de la présidence malienne ne s’est pas faite attendre. Celle-ci dénonce un article qui vise à salir l’honneur d’un homme et à jeter le discrédit sur les efforts de toute une nation.

Dans un communiqué la présidence malienne, il est indiqué que le chef de l’Etat malien a pris l’attache d’avocats locaux et français afin « d’étudier toutes les suites judiciaires possibles, y compris en termes de mesures urgentes et à titre conservatoire » contre le journal français. La note précise que les valeurs d’intégrité et de rigueur morale du président malien n’ont jamais été remises en cause, et ce par qui que ce soit.

Qu’à cela ne tienne, l’affaire fait un grand bruit dans le monde politique malien et les commentaires sont diverses et vont bon train. Certains pensent que le président malien doit laver son honneur. D’autres indiquent qu’il doit apporter les preuves de son innocence. Certains encore pensent que si le président malien connait le français dont on parle, il doit clarifier la nature des rapports qu’il a eus avec lui.

Mais dans le cadre de l’enquête sur le système Tomi, le nom du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, revient à de nombreuses reprises dans l’article du Monde. Selon le journal une information judiciaire ouverte en juillet 2013 pour des soupçons de « blanchiment aggravé en bande organisée », d’« abus de biens sociaux » et de « faux en écriture privée » qui pèsent sur l’homme d’affaires Michel Tomi. Ce dernier, à la tête du groupe industriel Kabi, basé au Gabon, est soupçonné par les enquêteurs français de « blanchir en France une partie de l’argent gagné en Afrique et de financer des présidents africains ». Parmi les noms cités : les présidents malien, gabonais, tchadien et camerounais.

S’appuyant sur des sources proches d’enquêtes amorcées à Marseille et Ajaccio en 2011, les journalistes du Monde décrivent des liens très serrés entre Michel Tomi, dont le nom apparaît notamment dans des procédures visant Charles Pasqua, et Ibrahim Boubacar Keïta. Les juges en charge de l’enquête, Serge Tournaire et Hervé Robert, ont même demandé au parquet « d’étendre leurs investigations à des faits de corruption d’agent public étranger ».

L’homme mis en cause aurait été présent à la cérémonie d’investiture d’IBK selon Le Monde. L’enquête révèle qu’il aurait mis à la disposition du candidat Ibrahim Boubacar Keïta des avions de ses compagnies aériennes (Afrijet et Gabon Airlines). L’homme d’affaires et IBK disposeraient également de parts dans une salle de jeux à Bamako.

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L’affaire ne fait que commencer et l’on attend vivement les poursuites judiciaires qu’évoque la Présidence malienne contre Le Monde. On est bien parti pour vivre de nouveau un feuilleton juridico diplomatique.

Didier Assogba
Oeildafrique.com

 

Didier Assogba

Didier Assogba

Journaliste à Oeil d'Afrique. Basé à Lomé, Togo


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