Mali : Pour John Dramani Mahama, Blaise Compaoré reste le négociateur principal de la crise

Mali : Pour John Dramani Mahama, Blaise Compaoré reste le négociateur principal de la crise

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Le président ghanéen John Dramani Mahama

Le président ghanéen John Dramani Mahama

Dans une interview accordée à Jeune Afrique, le président ghanéen John Dramani Mahama, qui a succédé la semaine dernière à Alassane Ouattara à la tête de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), est revenu sur la crise malienne, les accords de partenariat économique (APE), l’épidémie d’Ebola.

En effet sur la question de la supposée réticence du Nigeria sur le processus de signature des Accords de partenariat économique (APE) entre la CEDEAO et l’Union Européenne, John Dramani Mahama affirme qu’il s’agit d’une négociation en tant que bloc régional.

« Lors de la dernière réunion de Yamoussoukro, nous avons approuvé le principe des APE. Le Nigeria a fait part de certaines réticences techniques. Un comité composé de quatre nations (Ghana, Nigeria, Sénégal et Côte d’Ivoire, ndlr) a donc été mis sur pied pour régler ces problèmes. Il se réunira la deuxième semaine d’avril à Accra. Il faut accélérer le processus », a déclaré John Mahama.

Le président ghanéen ne veut pas non plus lier la question des APE à la question de la position du Nigeria par rapport à l’accueil réservé par l’Europe à la loi anti-homosexualité. Pour lui, cela n’a absolument rien avoir avec ça.

John Dramani soutient que l’Union européenne reste le principal partenaire économique de la CEDEAO. Le président ghanéen souhaite donc la mise en place d’un système de libre échange régional. « Cela nous aidera à être plus compétitif en terme de valeur ajoutée et de production. Négocier en tant qu’ensemble sous régional doit également bénéficier à notre processus d’intégration. C’est pour cela que les APE sont plus intéressants que les accords particuliers et que le Ghana les soutient », a-t-il dit.

Le président de la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement pensent que les nombreuses critiques sur la signature des APE sont le résultat d’une méconnaissance. Le ghanéen soutient que l’accord examiné dans le détail ne présente aucune menace pour les économies des pays de la sous-région. « Avoir négocié l’ouverture du marché à 75% permet de préserver des industries et des secteurs essentiels. De plus, nous avons la possibilité de renégocier ces accords dans 5 ans. Cela nous permettra d’effectuer les ajustements nécessaires », a indiqué John Dramani qui précise que l’Union européenne et l’Afrique ont une longue histoire commune.

Ainsi, le président de la CEDEAO souhaite-t-il concentrer son action sur trois axes principaux. D’abord, consolider la paix et la sécurité dans la sous-région. Ensuite, approfondir le processus d’intégration, lever les obstacles à la libre circulation des biens et des services. Enfin, améliorer les infrastructures, les routes, les ports, les lignes ferroviaires. Sur l’efficacité de la CEDEAO, John Dramani pense que le respect du protocole d’accord et des décisions prises lors des sommets renforcera la communauté.

Abordant la question du Mali, la CEDEAO compte soutenir la médiation du président burkinabé, Blaise Compaoré. « Dans le même temps, la Cedeao doit encourager le Mali à œuvrer pour le développement du Nord. Je crois qu’il faut plus d’investissement dans l’éducation, la santé. Le Mali ne peut pas le faire seul et aura besoin du soutien de la Cedeao », a déclaré M. Mahama. Pour lui, l’implication de plusieurs personnes impliquées dans les négociations n’est pas forcément un problème.

« Cela dépend de la manière dont celles-ci sont gérées. Si elles se coordonnent, cela peut même être bénéfique. Parce que l’Algérie, le Maroc ou le Burkina Faso ont une influence sur des composantes différentes. Toutefois, pour ce qu’il en est de la Cedeao, nous considérons que Blaise Compaoré est le médiateur principal », a-t-il dit.

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Sur le virus Ebola, le président de la CEDEAO craint une pandémie dans la région mais reste confiant qu’avec l’aide de la communauté internationale, ils seront capables de contenir le virus. Il reconnait tout de même que l’isolement du virus est un peu plus difficile.

A la question de savoir si la Cedeao va prendre des mesures particulières contre ce virus, il répond : « Nous suivons très attentivement l’évolution de la situation. La première chose à faire est de ne pas paniquer ».

Didier Assogba
Oeildafrique.com

 

Didier Assogba

Didier Assogba

Journaliste à Oeil d'Afrique. Basé à Lomé, Togo


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