Mali: le président s’adresse à la Nation dans un pays coupé en deux

Mali: le président s’adresse à la Nation dans un pays coupé en deux
un pays coupé en deux

Le président malien Dioncounda Traoré, le 23 août 2012 à Bamako AFP/Archives

Le président malien Dioncounda Traoré s’adresse vendredi soir à la Nation, à la veille du 52e anniversaire de l’indépendance du Mali dans un pays coupé en deux, pressé de s’expliquer sur la façon dont Bamako envisage la reconquête du Nord occupé par les islamistes armés.

Le discours de Dioncounda Traoré, retransmis à 20H00 (locales et GMT) à la télévision nationale s’annonce particulièrement grave.

« Le coeur n’est pas à la fête », résume Youssouf Doumbia, journaliste culturel au quotidien l’Essor, interrogé par l’AFP quelques heures avant ce discours.

« Jamais notre pays n’est tombé aussi bas avec deux-tiers de son territoire occupé et des institutions en lambeaux. On ne sait plus où on en est ».

La déclaration du président intérimaire est particulièrement attendue pour éclaircir la position du Mali, qui a formellement requis, début septembre, l’appui de l’Afrique de l’Ouest pour l’aider à reconquérir ses territoires du Nord.

Le 22 mars, un mois avant l’élection présidentielle, des militaires avaient renversé le régime d’Amadou Toumani Touré qui présidait le pays depuis près de 10 ans et se représentait pas.

Les mutins l’accusaient d' »incompétence » dans la lutte contre la rébellion touareg et les groupes islamistes dans le Nord. Puis, à la faveur du putsch, tout le Nord était passé sous le contrôle des islamistes armés d’Ansar Dine et du Mujao et de la branche maghrébine d’Al-Qaïda.

Vendredi, à New York, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est dit prêt à « examiner une proposition réaliste » pour le déploiement d’une force panafricaine au Mali. Une façon, en fait, de demander à la Cédéao d’éclaircir les choses, avec Bamako, pour présenter un plan militaire « faisable ».

Ce plan, a suggéré l’ONU, devrait détailler « les objectifs, les moyens et les modalités » du déploiement d’une telle force régionale au Mali.

Bamako et la Cédéao ne se sont en effet pas encore mis d’accord sur une proposition précise à présenter à l’ONU.

Les ministres ivoiriens des Affaires étrangères, Daniel Kablan Duncan, et de l’Intégration africaine, Ally Coulibaly ont officiellement remis jeudi au président Traoré, la réponse à sa demande officielle d’aide, lui demandant, en fait, de revoir sa copie.

Deux des trois points évoqués par Bamako posent problème et ne permettent pas un « accomplissement efficace » d’une éventuelle intervention, a expliqué à l’AFP une source diplomatique ouest-africaine.

Dioncounda Traoré avait fait valoir que « le déploiement de forces militaires combattantes à Bamako » était « sans objet ». Mais pour la Cédéao, « les autorités maliennes doivent accepter le déploiement à Bamako d’un minimum d’éléments ».

Le président par intérim malien avait aussi souligné qu’il ne voulait pas que des troupes ouest-africaines combattent, mais qu’elles apportent un soutien logistique et aérien, ainsi qu’une participation au maintien de l’ordre, une fois les villes du Nord reconquises.

La Cédéao a fait valoir que les troupes ouest-africaines ne pouvaient pas être confinées dans une position passive.

« ingérence » des ex-putschistes

De nombreux interlocuteurs du Mali se disent déroutés par les discours contradictoires émanant des autorités de Bamako.

Et le Conseil de sécurité a demandé une nouvelle fois aux anciens putschistes maliens, dirigés par le capitaine Amadou Haya Sanogo, de « cesser immédiatement toute ingérence dans le travail » des autorités de transition, sous peine de sanctions.

Enfin, l’ONU a exprimé « sa profonde inquiétude devant les violations des droits de l’homme commises » par les islamistes dans le nord » qui multiplient les exactions, de l’exécution par lapidation d’un couple non marié aux amputations de présumés voleurs.

Les islamistes qui contrôlent Tombouctou (nord) arrêtent désormais aussi les femmes qui ne portent pas le voile, selon des habitants.

Dans cette atmosphère de désolation, Bamako ne prévoit qu’une cérémonie réduite pour commémorer son indépendance, avec « dépôt de gerbes de fleurs par le président sur la place de l’Indépendance », « prise d’armes au camp du génie militaire à Bamako » et « défilé des différents corps de l’armée ».

Auparavant, une patrouille de « grande envergure » est prévue dans la nuit de vendredi à samedi dans le district de Bamako, pour « sécuriser les personnes et leurs biens », a déclaré à l’AFP le directeur régional des services de police, Lassana Sanogo.

Avec AFP

Bona

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L'actualité africaine n'a pas de secret pour moi. Toujours à l'afflux, je ne loupe rien.


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