Marche républicaine à Paris : Macky Sall s’explique

Crédit photo DOMINIQUE-FAGET-AFP

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Rattrapé par la polémique, le président sénégalais a décidé d’en sonner le glas en s’exprimant sur sa participation dimanche dernier à la marche républicaine à Paris.

Après avoir été « Charlie » le 11 janvier à Paris, Macky Sall avait décidé l’interdiction mercredi de la diffusion du dernier numéro de Charlie Hebdo et du quotidien français Libération. C’est depuis son déplacement au Burkina que le président sénégalais s’est résolu à mettre fin à la polémique qui divisait l’opinion publique sénégalaise ces derniers jours. « A travers cette présence, j’ai voulu indiquer que le Sénégal s’indignait face à ces méthodes barbares, intolérantes et inacceptables. […] C’est ça le sens de ma présence, ce n’est pas « d’être Charlie », ou de « ne pas être Charlie » a t-il indiqué au micro de Rfi jeudi. Pour lui, son témoignage de « soutien fraternel » à la France, principal partenaire dans la lutte contre le terrorisme, ne signifie pas qu’il cautionne les caricatures du Prophète dans le journal satirique Charlie Hebdo, d’où sa décision d’en interdire la diffusion au Sénégal. Caricatures parmi lesquelles il a défilé dimanche au point d’en choquer plus d’un de ses compatriotes. « Nous sommes des partisans de la liberté de la presse. Mais elle ne doit pas, de notre point de vue, entraîner vers ce qu’on peut considérer comme une provocation, tout à fait inutile » a ajouté Macky Sall. Au Sénégal, un pays à majorité musulmane, « Je ne peux pas cautionner une telle publication ».

Un « coup de bluff raté » ?

Certains journaux sénégalais comme L’Obs affichaient un certain scepticisme à l’annonce de l’interdiction du journal satirique au Sénégal. Comme le quotidien l’a fait remarquer dans ses colonnes, « Charlie Hebdo, qui s’est écoulé en un laps de temps très court en France ne se vend pas ou peu au Sénégal. Et il y a de fortes chances que les services du ministre de l’Intérieur n’aient aucune chance de tomber sur un contrevenant ». Le président aurait-il cherché à reconquérir son opinion publique tout en démontrant sa solidarité au peuple français ? « Le numéro de cirque du Président est un coup de bluff raté fait aux Sénégalais, à Charlie Hebdo aussi », pouvait-on lire dans les colonnes de L’Obs.

Dans un communiqué, une ONG sénégalaise, la Plateforme africaine pour le développement et les droits humains (PLADH) avait appelé à une marche pacifique le 24 janvier à Dakar, place de l’Obélisque, contre les vagues de violences terroristes en Afrique. Dans une interview publiée sur le site Gfm.sn, Sambou Biagui, l’un des organisateurs de la marche, tient à en préciser les objectifs. « Nous allons certes dénoncer la dizaine de personnes tuées en France, dans l’affaire «Charlie Hebdo». Mais nous allons surtout mettre l’accent sur le mutisme de la communauté internationale sur les massacres en cours en Afrique, où des milliers d’innocents sont tués au quotidien par des groupes islamiques, à l’image de Boko Haram ». Macky Sall est bien sûr convié.

Marie-Hélène Sylva
Paris – Oeil d’Afrique
The Afronomist

Marie Hélène Sylva

Marie Hélène Sylva

Journaliste à oeil d'Afrique, basée à Paris (France)


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