Maroc : Les femmes de ménages sonnent la révolte!

Maroc : Les femmes de ménages sonnent la révolte!

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femmes des ménages

(Photo d`archive utilisée juste a titre d`illustration)

Elles sont sénégalaises, ivoiriennes, maliennes, guinéennes, etc. Elles sont généralement engagées dans leur pays respectif pour venir travailler au Maroc comme femmes des ménages. A l’embauche, les employeurs leur miroitent monts et merveilles mais, une fois arrivées dans le royaume chérifien, ces belles promesses se transforment en cauchemar. Mais lassées des mauvais traitements, elles donnent de la voix !

Mary, une sénégalaise, ne décolère pas. ‘’Mes patrons ne sont pas humains. J’étais venu ici pour travailler comme femmes des ménages mais ils m’ont transformé en machine. Ils me faisaient tout faire de jour comme de nuit et je dormais au balcon’’, dénonce-t-elle vivement.

Mary n’est pas seule à avoir subi l’exploitation des employeurs marocains. Agathe, une ivoirienne, elle aussi, n’est pas assez dure pour décrier ses patrons. ‘’Quand on m’a engagé chez moi en Côte d’Ivoire, ils m’avaient fait croire que je venais travailler comme femme des ménages et de jour seulement’’, assène-t-elle.

Mais arrivée au Maroc, Agathe a été séquestrée pendant plus de cinq ans à son lieu de travail. ‘’Quand je suis arrivé à la résidence de mes patrons, ils m’ont exigé mon passeport qu’ils ont gardé’’, renseigne-t-elle. Dès lors, elle vivait recluse, sans droit de sortie ni repos.

Des traitements inhumains

La majorité des femmes des ménages africaines soutient avoir subi des traitements cruels. ‘’Moi, j’ai failli mourir à force des sévices, soutient Daba, une autre sénégalaise. J’étais battue, ne dormais presque pas, ne mangeait pas à ma fin et en plus, quand j’allais au lit, ma patronne fermait la porte de la chambre à clé’’.
En dehors des brimades, les salaires ne suivent pas non plus. ‘’On nous paie entre 1500 et 2000 Dirhams, entre 150 et 200 dollars, et on nous tire la peau du corps’’, dénonce Ouly, une guinéenne. Pour ces salaires de misère, la vie étant chère au Maroc, ils nous maltratent’’.

En plus de mal payer les femmes des ménages africains par rapport à leurs rendements, certains patrons les abusent sexuellement. ‘’J’ai été sexuel abusée, accuse Fanta une malienne, mais je n’avais nulle personne à qui me confier et, puis, mon patron m’avait promis de me faire emprisonner si jamais j’en parlais’’.

Pas des droits quand on n’est pas en règle !

Hormis les mauvais traitements qu’elles déplorent, les femmes des ménages n’ont pas des droits alors qu’elles travaillent. ‘’La plus part des patrons ne déclarent pas les filles pour ne pas payer les charges’’, renseigne Reine Marie Coly, présidente de l’association des travailleuses africaines au Maroc créée en 2007.

Ainsi, quand elles sont abusées physiquement ou sexuellement ou encore en cas des litiges, elles n’ont nul droit de recours. ‘’Beaucoup des femmes des ménages sont sans papiers et ne peuvent se plaindre sans risquer certaines conséquences fâcheuses’’, ajoute Reine Marie Coly dont l’association recueille, assiste et défend acharnement les femmes des ménages malgré les risques.

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Avec la nouvelle donne au Maroc, où, depuis début janvier, les autorités ont lancé un processus massif d’enregistrement des sans-papiers, les femmes des ménages fondent l’espoir de voir leur situation s’améliorer ; ‘’Quand on a des papiers, on peut se plaindre quand on est abusé’’, lâche Kiné.

Encadré :

Elle se bat pour humaniser leur condition!

Reine Marie Coly, présidente de l’association des travailleuses africaines au Maroc, est de petite taille. Mais son courage et sa détermination, dans l’action qu’elle mène pour les femmes des ménages, dépassent sa taille. Sénégalaise d’origine, elle est arrivée au Maroc en 2004 pour travailler comme femme de ménage, un terme qu’elle abhorre. ‘’Nous sommes des techniciennes de surface et c’est grâce à notre travail que de nombreux ménages ici au Maroc connaissent un certain équilibre’’, argumente-t-elle
Quand elle quittait le Sénégal, cette native de la Casamance ignorait que le travail qui l’attendait au Maroc était pire que la condition des mbindan, bonnes, au Sénégal mais aussi elle ne pensait pas non plus qu’elle allait devenir militante. ‘’Chez les Marocains, raconte-t-elle quand vous y travaillez comme femme de ménage, les patrons vous prennent pour un souffre douleur. C’est ce constat là et surtout les abus que j’ai observés contre les femmes des ménages qui m’ont poussé à militer’’.

Aujourd’hui, dans son appartement personnel situé à Oulfa, un quartier de Casablanca, elle accueille les femmes des ménages qui réussissent à échapper aux patrons qui les séquestraient ou les exploitaient. ‘’Je leur donne un toit, leur cherche un travail et me bat pour récupérer leurs documents saisis. Je n’ai pas assez des moyens et je ne bénéficie pas d’assistance de quelque organisation mais je me débrouille pour leur rendre la liberté et le sourire’’, conclut-t-elle ;

Mohamed Mboyo Ey’ekula
Oeildafrique.com

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Mohamed Mboyo Ey'ekula

Mohamed Mboyo Ey'ekula

Journaliste - Politologue.


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