Mauritanie: stabilité en dépit de l’absence prolongée du président Aziz

Mauritanie: stabilité en dépit de l’absence prolongée du président Aziz
président Aziz

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, le 17 octobre 2012 à l’hôpital militaire de Percy Clamart, près de Paris
© AMI/AFP/Archive

Le 13 octobre, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz était blessé par balle près de Nouakchott et évacué en France: un mois plus tard, il n’est toujours pas rentré dans son pays où la situation reste cependant stable, en dépit de la grogne de l’opposition.

De retour d’une visite en province le 13 octobre, le véhicule du chef de l’Etat a essuyé des tirs « par erreur », selon la version officielle, d’un soldat d’une patrouille militaire à une quarantaine de kilomètres de la capitale.

Touché et blessé, le président a d’abord été opéré dans un hôpital de Nouakchott, avant d’être évacué le 14 octobre vers la France, où il a été admis à l’hôpital militaire de Percy-Clamart, près de Paris, d’où il est sorti dix jours plus tard.

Mais il n’est pas revenu dans son pays, et aucune indication n’a été donnée par le gouvernement sur la date de son retour à Nouakchott.

De hauts responsables de sa majorité et de l’opposition modérée ont cependant affirmé lui avoir parlé au téléphone à plusieurs reprises, le président Aziz tenant à les rassurer sur « l’amélioration » de son état de santé.

La Coordination de l’opposition démocratique (COD, une dizaine de partis), qui depuis mai réclame le départ du pouvoir de M. Aziz, a des doutes, tant sur la version officielle de l’incident dont a été victime le chef de l’Etat, que sur ses capacités à continuer à gérer le pays à distance.

« M. Ould Abdel Aziz mettra au moins quatre mois avant de revenir et ne pourra plus jamais gérer le pays », a affirmé Saleh Ould Henenna, président de la COD qui a décidé d’organiser une série de manifestations visant à précipiter sa chute et à mettre en place un régime de « transition démocratique consensuelle ».

Le régime affiche cependant une détermination et une assurance à toute épreuve, et l’armée, en particulier les généraux fidèles au président, apparaissent totalement soudés autour de lui.

« Instructions » du président depuis Paris

Une forte rumeur de coup d’Etat « imminent » avait ébranlé Nouakchott le 26 octobre, véhiculée par des « sphères opposés au pouvoir », selon la majorité présidentielle, qui, le même soir, organisait une « marche de soutien au président » et « pour la stabilité des institutions de l’Etat ».

La Mauritanie a une histoire marquée par les coups d’Etat depuis son indépendance de la France en 1960. Le président Aziz est lui-même un ancien général arrivé au pouvoir par un putsch en août 2008 et son élection un an plus tard à la présidence a été contestée par l’opposition.

Le parti présidentiel, l’Union pour la République (UPR), rejette l’idée d’un régime de « transition » proposée par l’opposition et multiplie déclarations et meetings pour préparer le « retour du président », sans toutefois jamais fixer de date.

Selon le chef de l’UPR, Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine, « le vide (du pouvoir) invoqué par l’opposition n’existe pas », car « le gouvernement continue d’assurer la gestion normale des affaires » et « reçoit directement des instructions du président » depuis son lieu de convalescence à Paris.

Et comme si de rien n’était, le Parlement s’est réuni lundi en session ordinaire, par arrêté conjoint des présidents des deux chambres (Assemblée nationale et Sénat), entièrement contrôlées par le pouvoir.

La session a seulement été perturbée par une manifestation de quelques dizaines de jeunes opposants.

Lundi également, l’Agence mauritanienne d’information (AMI, officielle) rapportait que le président Aziz s’était entretenu au téléphone avec Romani Prodi, envoyé spécial de l’ONU dans le Sahel, de la situation au Mali, dont le nord est occupé par des groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda.

Le président Aziz a exclu l’envoi de soldats dans le nord du Mali où une force armée ouest-africaine devrait intervenir avec l’aval de l’ONU pour en chasser ces groupes. La Mauritanie, qui est intervenue en 2010 et 2011 au Mali contre des bases jihadistes, aura néanmoins un rôle primordial à jouer, selon les experts.

Avec AFP

Bona

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