Moubarack Lô: « La Banque Mondiale n’est pas impressionnée par les Chefs d’Etat Africains »

Moubarack Lô: « La Banque Mondiale n’est pas impressionnée par les Chefs d’Etat Africains »

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Moubarack Lô

Moubarack Lô

L’ancien compagnon de l’actuel chef de l’Etat sénégalais, Moubarack Lô n’est pas tendre avec le Macky Sall. Pour lui, il était inutile pour le Sénégal de dépenser 2 milliards pour se faire un plan pour l’émergence du Sénégal. Il préconise à l’Etat de reprendre le contenu du document de stratégie intégré qui serait plus pertinent que son plan Sénégal émergent. Dans la même logique, il souligne que le déplacement des chefs d’Etats africain n’impressionne pas la Banque Mondiale encore moins le FMI. Entretien….

Vous êtes économiste, à votre avis comment se porte le Sénégal économiquement parlant ?

Bon, c’est mitigé. Vous savez, il y’a le discours politique, il y’a les faits. Aujourd’hui, les faits c’est quoi ? D’abord au niveau de la croissance, nous avons encore une croissance très faible. Parce que un pays comme le Sénégal doit pouvoir faire des taux de 8, 9, 10%. C’est ça les bons taux pour le Sénégal. Aujourd’hui, nous nous battons pour avoir 4%. Je pense que ça ne peut pas continuer comme ça parce qu’avec 4% si vous avez une croissance démographique de 2,7% pratiquement vous ne gagnez pas beaucoup en termes de PIB par tête. Donc, vous ne vous enrichissez pas.

Dans sa déclaration de politique générale, le premier ministre disait que la croissance mondiale est de 4% justement.

Vous savez, la croissance mondiale, c’est une moyenne. Une moyenne pondérée. Vous avez les pays pauvres, les pays en développement et un des croissances les plus élevées. Si vous prenez la Cedeao dont le Sénégal fait partie, 2013, le taux de croissance de la sous-région (15 pays de la Cedeao) a dépassé 6%. Donc, c’est pour dire que certains pays ont même florée 10%. La Côte-D’Ivoire, c’est vrai qu’il y’a la reprise mais les pays comme le Benin, le Nigéria, Ghana, Sierra Leone, tous ces pays-là croissent avec des taux élevées. On ne peut pas comprendre que le Sénégal puisse ne pas tirer son épingle du jeu au moment où tous ces pays-là arrivent à avoir des taux de croissance élevée. Et, il faut qu’on retrouve très vite, moi je ne veux pas qu’on diffère ça. Dès cette année, il faudra qu’on dépasse la barre de 5% et je n’ai pas entendu encore ces discours-là, on me parle de 4,6%. Il faut qu’on dépasse 5% voire 6% dès 2014 et qu’en 2015 on atteigne 7%. Et qu’à partir de 2016, on progresse pour aller vers 10%. Parce que j’ai lu le document du plan Sénégal émergent (Pse) comme d’ailleurs beaucoup de monde. On se fixe pour ambition d’avoir 7%. Sur la durée, ce n’est pas bon. Parce que si vous voulez émergez, le bon taux pour le Sénégal c’est entre 9,5 et 10%. Si vous enlevez le taux de croissance démographique, si vous faisiez 9,5 à 9,7% à peu près, ça vous ferrez 7% de croissance de Pib par tête. Pas du PIB mais du PIB auquel on a enlevé la croissance démographique. Donc, c’est ça le PIB par tête. Et ça, si vous faites une formule mathématique, si vous augmentez votre PIB par tête de 7% par an, pendant dix ans, vous doublez le PIB par tête. Il faut passer par des formules de l’Ogarine, ça paraît bizarre pour certains mais si vous passez par Logarine, vous allez avoir que ça double tous les dix ans.

Vouloir arriver à un taux de 7%, c’est un manque d’ambition ?

Non, c’est d’abord un manque de connaissance. Vous savez beaucoup de gens parlent de l’émergence sans le savoir y compris d’ailleurs, le cabinet qui a fait le rapport. Parce que ce n’est pas des économistes. Peut-être c’est des économistes d’entreprise qui connaissent bien la finance mondiale, les stratégies d’entreprise et les stratégies de terroirs. Mais, ce n’est pas des macro-économistes en tant que tel. Et, l’émergence d’ailleurs, c’est un concept assez nouveau. Ce qui fait que beaucoup de gens peut être doivent se mettre à niveau. Un pays comme le Sénégal et tous les pays africains qui veulent émerger, il faut que ces pays-là visent 9 à 10%. C’est ça les bons objectifs. Ça leur permet de doubler tous les dix ans, le PIB par tête. Ensuite, il faut qu’ils diversifient leur tissu économique et qu’ils attirent les investissements mais il faut également qu’ils assurent un cadre macro-économique sain. Voilà les trois dimensions de l’émergence. C’est la croissance rapide durable, équitable, une croissance saine parce qu’avec un maintien des équilibres macro-économiques et enfin une croissance diversifiée. Que ce soit en termes de diversification des bases productives mais également de valeur ajoutée. Il faut que ce soit une industrie qui crée de la valeur, une agriculture qui crée de la valeur, des exportations manufacturières. C’est ça qui fait l’émergence. Et, pour pouvoir d’ailleurs, le mesurer. Nous avons-nous, avant même que je rejoigne le gouvernement, dans le cadre du cabinet où j’évoluais avant, nous avons eu à faire des calculs. Nous avons bâti ce qu’on appelle un indice synthétique de l’émergence économique. Que nous avons bâti à partir de 15 variables. Et, le Sénégal, si ma mémoire est bonne a été classé 75ème quand on faisait le travail.

Sur combien de pays ?

Sur 115 pays. Ce n’est pas mal. En Afrique, on fait partie quand même des vingt premiers pays. Donc, ce n’est pas mal. Le Sénégal a un potentiel assez important concernant l’émergence. Nous sommes ce qu’on appelle un pays potentiellement émergent. Maintenant, il faut aller au stade des pays pré-émergent ensuite des pays émergent. Mais, c’est possible en dix ans pour un pays comme le Sénégal. Parce que nous faisons partie des pays africains qui ont les exportations manufacturières les plus importante en termes de pourcentage des exportations totales. Le Sénégal oscille entre 25 et 30% là où des pays comme la Côte-D’Ivoire, le Ghana, c’est entre 10 et 15%. C’est pour vous dire que nous avons déjà une diversification assez importante en termes d’exportations manufacturières et de base de production. Il faut transformer les C. là où on est faible, c’est d’abord dans la croissance qui, je vous ai dit qu’aujourd’hui on fait 4%. Ce n’est pas bon. Même si vous regardez la dernière décennie en tout cas depuis 2006, on oscille à 3,3%. Et depuis 2000, on ne dépasse pas 4%. Il faut aller dès cette année à 5% si possible en 2015, il faut dépasser 6%, en 2016 dépasser 7% et à partir de 2017 évoluer vers le taux croissance de 9 à 10%. Enclenchez cette dynamique, je vous assure qu’en 2025, le Sénégal peut faire partie des quelques pays africains qui vont devenir émergent. Parce que pour l’instant, nous n’avons que trois pays émergent. C’est l’île Maurice, la Tunisie et le Maroc.

Ce que la barre fixée par le chef de l’Etat, c’est 2035

Ce n’est pas bon. Simplement, c’est une erreur. Vous savez l’émergence, ce n’est une affaire de 20 ans. Il y’a certains pays qui n’ont pas encore atteint l’objectif. Ce pays-là, effectivement vous parlez de 20 ans mais il faut qu’il passe par des étapes intermédiaires. L’émergence, c’est très politique. Parce que celui qui prononce le discours, il doit porter le chantier en même temps. Donc, c’est une affaire de dix ans pour les pays comme le Sénégal, le Ghana, la Côte-D’Ivoire, le Gabon, le Cameroun, le Kenya et comme L’Ouganda. Tous ces pays-là, en dix ans on peut les transformer en pays émergent. Ce que les gens confondent entre émergent et très développer. Effectivement 2035, le Sénégal peut aspirer à avoir une économie suffisamment avancée pour devenir un pays très industrialisé.

Mais, dix ans, ce n’est rien dans la vie d’une Nation ?

Oui mais l’émergence, c’est un processus. Ce n’est pas comme je dis un évènement. Il ne s’agit pas de dire qu’en 2035, le Sénégal va être un pays semi-industrialisé. Ce n’est pas ça l’émergence. Emergence, c’est le fait qu’il y’a aujourd’hui un grand lot de pays pauvres qui ne font pas partie de l’économie mondiale. Parmi ces pays pauvres, vous avez des pays qui attirent l’attention. Et, quand un investisseur cherche à investir, il va dire : ces pays-là sont des pays intéressants donc, je vais aller investir là-bas. C’est ça les pays émergents. Les pays qui attirent l’attention par leur valeur. C’est parce que ces pays ont commencé à avoir des croissances fortes, ont commencé à diversifier, à avoir une bonne gestion. Ils attirent l’attention. Donc, ils n’ont pas encore fini l’histoire, ils n’ont pas encore fini en tout cas de transformer tout leur potentiel. Mais, ils ont démontré pendant une certaine période de dix à 15 ans une qualité de leur gestion qui fait qu’ils attirent l’attention. Et ont les inclus maintenant dans les scénarii. Quand on décide d’investir, ils sont dans le short list, c’est ça un pays émergent. Ce n’est pas un pays semi-industrialisé encore une fois. En 2035, le Sénégal doit avoir deux ambitions qui seront non plus d’être un pays émergent mais un pays post-émergent. Parce qu’un pays comme la Malaisie a fini d’émerger depuis l’année 80. Aujourd’hui, la Malaisie est un pays plus que post-émergent, c’est un pays très développé. La Chine également est très développée, ce n’est plus un pays émergent. Entre émergence et développement, vous avez post-émergent, vous avez prédéveloppé. Donc, l’ambition du Sénégal doit être en 2025 d’être émergent. Là, c’est possible si nous réformons l’environnement des affaires, si nous mettons à niveau notre capital humain, nos infrastructures, si nous améliorons la transparence dans l’économie. Parce qu’on n’a pas encore une économie transparente. Il y’a beaucoup d’influence de certains intérêts dans les décisions de l’Etat, il faut que ça cesse. Tout ça permettrait d’avoir une économie de qualité qui rassure les investisseurs et également qu’on développe une base productive capable de compétire au niveau mondial.Nous avons parlez tout à l’heure de manque d’ambition peut-on parler de manque de vision quand on entend le chef de l’Etat fixer le délai de l’émergence du Sénégal en 2025 ? Vous avez la vision, c’est une chose. Le plus important dans une vision, c’est l’action. On dit souvent, une vision sans action n’est qu’un rêve. Mais une action sans vision ne peut être durable. Mais que la vision et l’action combinées peuvent changer le monde.

Est-ce qu’aujourd’hui, l’action est au rendez-vous du verbe ?

Pas du tout. Moi, j’attends de voir. Vous savez, je vois beaucoup d’euphories. Moi, j’attends de voir. Je vais faire comme Saint Thomas, je crois ce que je vois. Donc, j’attends. Parce que j’ai quand fais un temps dans l’Etat. Depuis 1993, je fréquente l’Etat soit en tant que haut fonctionnaire ou en tant que travaillant sur l’Etat. Et, j’ai vu beaucoup de choses. Ce que j’ai vu ce qu’au Sénégal, on a eu beaucoup de plan mais chaque fois on peine à les exécuter. Prenez la stratégie de croissance accélérée, elle est déjà formidable. On n’avait pas besoin de faire un autre Plan. La stratégie de croissance accélérée si elle est appliquée peut amener le Sénégal à une émergence. Tout le travail que fait l’Apix aujourd’hui, vous cumulez ça avec ce que fait la stratégie de croissance accélérée, le cadre intégré peut être considérée comme une révision d’ailleurs, de la stratégie de la croissance accélérée. Vous prenez tous ces documents-là, le Sénégal, il suffisait qu’il mette en œuvre ces plans là pour devenir un pays émergent. Mais, je veux dire, on met tout ça de côté et on essaye d’inventer, on paie 2 milliards 500 où je ne sais pas quoi et on pense qu’on va émerger. Ce n’est pas une affaire de plan. L’émergence, c’est d’abord une affaire de mise en œuvre, c’est une affaire de réforme, c’est une affaire de mise à niveau.

Mais le développement à un coût même s’il n’a pas de prix?

Ce n’était pas utile de dépenser 2,5 milliards pour faire un plan. Le Sénégal, le document du cadre intégré aurait suffi déjà, plus le plan d’action de l’Apix. Je maintiens ce que je dis pour pouvoir faire émerger le Sénégal vers l’émergence. Parce que le document du cadre intégré est très fouillé. On a passé en revue toutes grappes sectorielles, toutes les réformes qu’il faut mettre en œuvre et d’ailleurs d’une certaine façon le document du plan Sénégal émergent est moins profond que ce document du cadre intégré. C’est la deuxième fois que les partenaires au développement se donnent la peine de nous envoyer des experts de faire ce document du cadre intégré, il n’est jamais mis en œuvre. Donc, j’attends de voir, je ne dis pas que ça ne va pas être mis en œuvre mais moi, en tant que statisticien et à ce qu’on appelle les anticipations adaptatives, qui sont basés sur le comportement historique des acteurs. Si on fait des anticipations adaptatives, on ne peut être que dubitatif. Maintenant, il peut y avoir un changement de comportement. Parce que d’ailleurs, quand vous faites des prévisions, on vous enseigne souvent d’observer le comportement des acteurs s’ils ont changé de comportement. Il ne faut pas projeter ce qu’ils faisaient avant. Et, donc, j’ose espérer que cette fois ci que le discours va être suivi par des actes. Mais, moi, je ne croirai pas au simple discours. Je vais rester de marbre et observer.

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En tout cas, c’est bien parti. La réunion du groupe consultatif de Paris s’est tenue le mois dernier, le Sénégal qui cherchait 1 853 milliards de francs Cfa s’en est sortie avec des engagements de financements de plus de 3 700 milliards de francs Cfa auprès des bailleurs de fonds étrangers. Irez-vous jusqu’à dire à l’endroit du président de la république que chapeau l’artiste ou bien vous pensez qu’il n’y a pas lieu de sauter aux plafonds ?

D’abord, il faudrait qu’on clarifie les chiffres. Parce que tout dépend de la base. Vous savez, les techniciens du ministère des finances quand ils font la stratégie nationale de développement économique et social parce que c’est ça la base du document qui a été présenté au groupe consultatif. En vérité, ce que les bailleurs de fonds ont soutenu, c’est Sndes dans sa forme originelle. Ce n’est pas les projets disons du Sénégal émergent qui sont souvent du domaine privé ou du partenariat public-privé. Donc, ce qui a été soutenu par les partenaires au développement, c’est les projets présentés dans la stratégie nationale de développement économique et social. Quand vous faites ce document de la Sndes, il y’a deux financements. Il y’a ce qu’on appelle les financements acquis ensuite vous avez les financements à rechercher. Donc, ce qui est à rechercher, c’est le montant que vous avez mentionné, 1 853 milliards de francs Cfa. Alors que quand vous allez au groupe consultatif, un partenaire comme l’Union européenne, il ne va pas vous annoncez acquis ou à rechercher. Lui, il va vous dire voilà pour les 5 ans ce que j’ai programmé pour le Sénégal. Donc, sans voir les détails, je ne suis pas sûr que ce soit la même base. Que les 1 800 et les 3 700 soient les mêmes bases. Moi, je suis un technicien de l’économie donc, je suis prêt à regarder mais je ne suis pas sûr que ce soit les mêmes bases. Le deuxième élément, c’est si vous observez, depuis 2012 et 2013, le Sénégal recevait déjà plus de 600 milliards en moyenne par an de la part de ces partenaires au développement. Et, donc, si vous prenez ces montants là et que vous le translatez sur cinq ans. En gros, ça peut vous donnez quelque chose qui ne serait pas très éloignée du montant global qui a été annoncé au groupe consultatif de Paris. Tout ça pour dire que finalement c’est comme si, en fait la tendance a été dessinée dès l’alternance. Ça veut dire que depuis l’alternance, les partenaires au développement ont décidé de revenir avec des financements pour le Sénégal parce qu’il y a eu un changement de régime. Donc, une gouvernance améliorée mais qui n’a pas un impact très important. Peut-être en termes de réunion, le groupe consultatif de Paris, je dois dire, moi-même j’ai participé à deux reprises au groupe consultatif en 1995 et 1998 sous le président Abdou Diouf. Ce n’est pas dans la salle que les choses se dessinent. Les choses se dessinent plusieurs mois et semaines à l’avance. Parce que celui qui vient, en fait, il vient avec un mandat. On lui dit juste : allez pour annoncer mais tout se dérouler dans le siège. Et le siège, ce n’est pas la présence d’un chef de l’Etat.

Le président n’avait pas besoin de faire le déplacement ?

Il pouvait le faire mais ce n’était pas indispensable ni déterminant. Même si le ministre du budget avait dirigé la délégation, le montant ne serait pas très éloigné de ça. Peut-être qu’il y a certains pays qui sont sensible à ça mais ce n’est pas en tous les grands partenaires. La Banque Mondiale n’est pas impressionnée par les Chefs de l’Etat. La Banque Mondiale est plutôt impressionnée par les réformes. C’est valable pour le FMI, c’est valable pour l’Union Européenne, la BAD et pour la France. Vous avez même vu que la France nous a envoyé un peu d’ailleurs, un message en vous envoyant un ministre délégué à la francophonie. D’ailleurs, même pas le ministre chargé du développement pour dire que tout ce tintamarre-là, à la limite ça nous étonne. Donc, pour vous montrer que ce n’est pas important, en tout cas, tel que vous le voyez, je vous envoie un ministre délégué. Ça, c’est un message qui n’a pas été assez lu. Imaginez si tous les pays africains, vous avez 53 pays africains, si tous ces pays-là devraient faire le groupe consultatif à Paris et que vous souhaitez que le président de la Banque Mondiale vienne, il va passer toute son année à voyager. Et, vous savez, dans ces institutions, il y’a le précédâtes qui est très important. Parce que si le président de la Banque Mondiale se déplace pour le président du Sénégal, demain si le Niger fait sa table ronde ou groupe consultatif, le Niger va dire aussi vous êtes venu avec le Sénégal, il faut venir aussi. Donc, c’est pourquoi, il préféré poser des actes qu’ils peuvent maintenir sur la durée. La Banque Mondiale a toujours été dirigée par le Vice-président chargé de l’Afrique. En 1995, quand j’ai été au groupe consultatif avec le ministre Sacko et ministre délégué Loum, c’est Jean Louis Sardoux qui dirigeait la délégation de la Banque Mondiale. Je pense que dans le futur, il faut tenir le groupe consultatif au sénégal. Même quand j’étais dans l’Etat, je défendais cette idée-là. On n’avait pas besoin de déplacer 400 personnes, en payant des frais d’hôtel tout ça n’est pas sérieux. Je pense qu’il faut tenir le groupe consultatif au Sénégal. Parce que beaucoup de gens qui participent, même parmi les partenaires au développement, ils quittent Dakar pour aller à paris. Pourquoi les déplacer ? Il y’a beaucoup de partenaires asiatiques qui préfèrent venir au Sénégal, découvrir le Sénégal que d’aller à Paris sous le froid, tenir une réunion.

Pourtant, cette mobilisation semble payer ?

Ça n’a pas payé, cher ami. Je vous ai dit que ce n’était pas la peine. Moi, je vous dis que si le ministre au budget avait dirigé la délégation, le montant ne serait pas très éloigné de ça. Le partenaire au développement juge un pays. Il ne juge pas une délégation. Donc, ce qui est important, c’est le sérieux des réformes qui ont été menée durant l’année 2012-2013. C’est le crédit du Sénégal auprès du FMI, de la Banque Mondiale et de la communauté internationale. C’est ça qui paie quand vous faites ce type de réunion. Mais, ce n’est pas le fait d’amener une délégation, à la limite ça peut même pousser certains à ne pas venir comme ça été le cas avec nos amis français.

Faites-vous partie de ceux qui doutent de la capacité du Sénégal à absorber les fonds promis ? Le président de la république a même demandé aux investisseurs de ne pas céder au chantage ?

Le problème, ce n’est pas les capacités, nous avons les capacités. Le problème, c’est souvent un manque de volonté politique et un manque d’organisation. Le Sénégal souffre très souvent d’un problème d’absence d’organisation et de coordination. Mais, les capacités sont là, les gens vous leurs demanderiez de se réunir et vous donner des solutions, dans les deux jours, on va vous dire comment améliorer l’absorption des crédits. Donc, le problème, ce n’est pas technique, le problème c’est plutôt en termes de coordination globale des choses. Si vous êtes en dehors de l’Etat, vous pouvez toujours faire des commentaires. Un président de la République ne doit pas faire des commentaires, il faut faire des engagements et de les tenir. Ce qui m’intéresse c’est à la fin de l’année, de voir cet engagement qui a été pris est ce que celui-là a été réalisé ou pas.

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Ces fonds s’ajoutent à la dette du sénégal ?

Il faut savoir raison gardé. Vous savez, au Sénégal on met tout dans le même panier. Dans ce financement, il y’a une bonne partie qui est constitué de don. Il y’a certains pays, dans les relations avec le Sénégal ne font que des dons. Il y’a d’autres pays qui font des prêt. Mais, très souvent, les pays ne font pas des prêts. Ce sont les institutions comme la Banque Mondiale, BAD qui font des prêts à des conditions très douces, avec des maturités très larges, avec des taux d’intérêts très faible. Donc, je pense que le Sénégal a même besoin de plus de financement que ce qu’on a reçu à Paris. Il faut chercher d’ailleurs, ces financements, à travers un partenariat public-privé. En tout cas, il n’y a pas encore le trop plein de financement et ça ne va pas grever de manière exorbitante. Ce qui est important, c’est l’utilisation de ces ressources. Il faut que ce soit utiliser pleinement, il ne faut pas qu’on est un taux d’absorption de 60, 70%. Il faut qu’on atteigne 95, 98% d’absorption de ces crédits. Deuxièmes, il faut bien orienter les crédits, bien choisir les projets parce que très souvent on vous annonce des investissements normalement si c’est bien utiliser ça allait apparaître dans la croissance. Regardez toute cette décennie, sous Wade, il y’a eu beaucoup de financement mais ça ne s’est pas retrouvé dans la croissance. C’est pour vous dire que quelque chose n’a pas marcher.

Propos receuillis par Adama Coulibaly
Dakar – Oeildafrique.com

 


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