Mozambique: le nouveau code pénal dépénalise l’avortement

Mozambique: le nouveau code pénal dépénalise l’avortement

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Armando Guebuza

Le président mozambicain Armando Gueubuza

Dans une loi de révision du Code pénal promulguée jeudi par le président mozambicain  Armando Gueubuza, on retient la levée de certaines interdictions concernant l’avortement, considéré jusqu’alors comme un crime.

Les femmes mozambicaines ont quelques possibilités de mettre fin volontairement à des grossesses non désirées, relève Radio France Internationale (RFI)en parlant de la loi sur l’avortement.

Le Mozambique vient d’accorder une clémence aux femmes qui peuvent désormais avorter dans les douze premières semaines de grossesse, seize en cas de viol ou d’inceste, avec le consentement écrit de la mère et de deux médecins.

Le nouveau Code pénal précise que les interruptions volontaires de grossesses devront être assurées par des médecins habilités, dans des établissements de santés officiellement reconnus.  

Avant le Mozambique, l’Afrique du Sud, la Tunisie et le Cap-Vert avaient également dépénalisé l’avortement alors que la plupart des pays africains ont hérité des lois coloniales très restrictives en matière d’interdiction de l’avortement.

Selon les chiffres publiés par l’OMS, 4 à 5 millions de femmes africaines avortent clandestinement chaque année, souvent dans des conditions sanitaires déplorables et dangereuses. Une situation qui met en danger leur vie.

Selon l’Union suisse pour décriminaliser l’avortement (USPDA) qui lutte pour le droit à une maternité librement choisie, le taux d’avortement moyen pour l’Afrique chez les femmes de 15-44 ans, est estimé à 29 pour 1 000, 22 pour 1 000 en Afrique du Nord, 39 pour 1 000 en Afrique de l’Est.

De son côté, l’OMS estime les décès suite aux complications d’avortement à 30 000 par an. En Ethiopie, par exemple, l’avortement illégal est la première cause des hospitalisations chez les femmes et l’OMS estime que 70 % des femmes hospitalisées pour cette raison décèdent.

Malgré une loi extrêmement restrictive contre l’avortement au Nigeria, les chiffres donnent à réfléchir.  Plus de 600 000 cas d’avortement par an ; ce qui donne un taux d’avortement de 25 pour 1 000 femmes de 15 à 44 ans, et 60 % de ces interventions sont faites par des non-professionnels ou par la femme elle-même.

Au Bénin, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Malawi ou encore au Mali, les législations sont plus permissives si l’avortement peut permet de sauver la vie de la femme. Au Burkina Faso et au Togo, par exemple, la loi autorise l’avortement à certaines conditions, en cas de viol, d’inceste, de malformation fœtale, ou si la femme est dans des conditions de santé qui ne lui permettent pas de mener à terme sa grossesse. Mais peu de gens connaissent cette loi et pour ne pas faire l’objet de la risée des autres, les femmes recourent la procédure clandestine.

© OEIL D’AFRIQUE


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