Nigeria: Aisha 19 ans, ex-captive de Boko Haram

Nigeria: Aisha 19 ans, ex-captive de Boko Haram
Aisha dans le parc Fountain Unity du centre d'Abuja. (Photo Sophie Bouillon)

Aisha dans le parc Fountain Unity du centre d’Abuja. (Photo Sophie Bouillon)

Il y a un an au Nigeria, 276 lycéennes de la ville de Chibok, au nord-est du pays, ont été enlevées par la secte terroriste Boko Haram. Certaines ont été mariées de force ou utilisées comme esclaves sexuelles avant d’être converties à l’islam. D’autres ont réussi à s’échapper, comme Aisha 19 ans, qui raconte, aujourd’hui, son calvaire.

Le témoignage d’Aisha a été recueilli par Amnesty International qui a publié un rapport intitulé «Notre métier est d’abattre, de massacrer et de tuer», à l’occasion de l’anniversaire du rapt des 276 lycéennes. Le document est fondé sur près de 200 témoignages, dont 28 émanant de femmes et de filles qui se sont échappées. Aisha raconte comment elle a été enlevée lors d’un mariage en septembre 2014, avec sa sœur. Elles ont été conduites par Boko Haram dans un camp à Gullak, dans l’Etat d’Adamawa, où se trouvaient environ 100 jeunes filles enlevées, explique la jeune fille à Amnesty.

Une semaine plus tard, Boko Haram a forcé la mariée et sa sœur à épouser des combattants du groupe. Les combattants de Boko Haram ont également appris à Aisha et aux autres femmes et filles à se battre.

«Ils apprenaient aux filles à tirer. Je faisais partie de celles qui étaient formées au tir. J’ai également été entraînée à utiliser des bombes et à attaquer un village. Cet entraînement a duré trois semaines après notre arrivée. Ensuite, ils ont commencé à envoyer certaines d’entre nous sur le terrain. J’ai participé à une opération dans mon propre village », affirme Aisha.

Elle explique que pendant les trois mois où elle a été retenue en captivité, elle a été violée à plusieurs reprises, parfois par des groupes allant jusqu’à six combattants. Elle a également été témoin du meurtre de plus de 50 personnes, dont sa sœur.

«Certaines ont refusé de se convertir. Certaines ont refusé d’apprendre à tuer. Elles ont été enterrées dans une fosse commune dans la brousse. Ils regroupaient les cadavres et les jetaient dans un grand trou, mais qui n’était pas suffisamment profond. Je ne voyais pas le trou, mais on sentait souvent l’odeur des cadavres quand ils commençaient à se décomposer», ajoute l’ex-captive de Boko Haram.

© OEIL D’AFRIQUE

 


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