Dans le nord-est du Nigeria, les écoles et le système éducatif en ruines

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Image d’illustration. source DR

Les meubles sont noircis par les flammes, des cadres de lit, des morceaux d’ordinateurs jonchent toujours le sol dans les ruines du centre universitaire public de Buni Yadi, dans le nord-est du Nigeria, plus de deux ans après une sanglante attaque de Boko Haram.

Une partie du toit de ce campus de l’État de Yobe s’est envolée. D’autres morceaux de tôle ondulée se sont effondrés. Des mauvaises herbes poussent désormais à travers les gravats.

Les étudiants dormaient encore quand les combattants islamistes ont lancé leur attaque, le 25 février 2014. Quarante-trois d’entre eux ont été tués. Dortoirs, salles de cours, laboratoires… il ne reste rien. Tout a été détruit.

Cinq mois plus tôt, 40 autres étudiants avaient été massacrés dans leur sommeil à l’institut d’études agricoles de Gujba, à 23 km de là.

Après ces deux attaques, les autorités de Yobe ont décidé de fermer tous les établissements scolaires de l’État. Depuis, la paix est revenue. Mais les écoles sont restées fermées.

« Les parents qui le peuvent ont envoyé leurs enfants ailleurs, mais la majorité d’entre nous n’en avons pas les moyens », explique Husseini Idi, assis sous un arbre devant le bâtiment carbonisé.

Le cas de Buni Yadi n’est pas unique et rappelle à quel point la reconstruction va être longue et difficile, dans le nord-est du Nigeria, région dévastée par sept ans d’insurrection.

Déjà, avant Boko Haram, beaucoup étaient tenus à l’écart du système éducatif, dans cette région pauvre: 52,4% des garçons et des hommes et 61,1% des filles et des femmes n’étaient pas scolarisés.

Mais depuis 2009, c’est plus d’un million d’enfants qui ont été empêchés d’étudier à cause des violences perpétrées par Boko Haram, selon les chiffres de l’Unicef.

Rien que dans l’Etat de Yobe, Boko Haram, qui dit combattre l’éducation dite « à l’occidentale », a tué 128 élèves dans cinq établissements publics différents, selon le gouvernement local.

Dans l’État voisin de Borno, au moins 350 professeurs ont été assassinés et 512 écoles détruites, selon les autorités, dont le lycée pour filles de Chibok, où plus de 200 lycéennes ont été enlevées en avril 2014.

AFP

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