Oh, Marché central de Kinshasa : où est donc passée ta splendeur d’antan ?

Oh, Marché central de Kinshasa : où est donc passée ta splendeur d’antan ?
Des femmes vendeuses de poissons au marché central de Kinshasa, le 02:12:2014. Radio Okapi:Ph. John Bompengo

Des femmes vendeuses de poissons au marché central de Kinshasa, le 02:12:2014. Radio Okapi:Ph. John Bompengo

Constructions anarchiques, vendeurs à la criée, d’autres ont choisi d’ériger des stands à même le sol, montagnes d’immondices, des étalages encombrants gênant la circulation, odeurs infectes. Tel est le nouveau visage du Marché central de Kinshasa qui n’est plus que l’ombre du grand centre commercial qu’il était dans les années 1970. Toute personne venant de l’extérieur et l’ayant connu dans toute sa splendeur serait surpris de le revoir au point d’en rester paralysée et engourdie.

Autrefois, le marché central était cité parmi les principaux sites touristiques de la ville au même titre que le zoo, la place des Artistes juste en face de la Gare centrale, le Jardin botanique, le Musée et le zoo du Mont Ngaliema, la Route des caravanes, le quartier Matonge ainsi que la Cité de la Nsele.

Ce lieu touristique était accessible en voiture, à moto ou à vélo sans gêner les piétons et ces ruelles étaient suffisamment larges pour contenir les camions qui approvisionnaient les pavillons en produits et autres vivres destinés à la vente.

Et, le Président Mobutu y emmenait en visite ses hôtes de marque et leur faisait signer le livre d’Or attenant. Tous les étrangers de passage à Kinshasa tels que Mohammed Ali et Georges Forman, les épouses des chefs d’Etat, les Reines de Belgique, Pays-Bas et d’Espagne, visitaient le marché central. Les dimanches et les jours fériés, les Kinois prenaient plaisir à se promener dans ses nombreuses allées.

Aujourd’hui, le Marché central est n’est plus. Il a laissé place un désordre monumental. A coté des principaux pavillons qui faisaient sa fierté, ont poussé des maisons de commerce et étalages encombrants qui envahissent les ruelles créant ainsi des embouteillages monstres. Qui a autorisé ses constructions ? L’opinion kinoise se questionne.

Permettons-nous, pour un court instant, un retour dans le passé où nous flânons dans les différentes ruelles du Marché central d’antan. On peut sentir la mangue, la papaye, le poisson frais…

Aujourd’hui, il dégage des odeurs nauséabondes, infectes et piquantes à cause des caniveaux et des égouts d’évacuation des eaux ménagères et de pluie qui sont bouchés. Il est important de souligner que les pluies sont fréquentes à Kinshasa sur une période de neuf mois sur douze par an.

Le Marche central est le théâtre d’une insalubrité effrayante à cause des montagnes d’immondices car il est devenu, à la fois, marché et décharge publique.

Aussi, Vendre ou aller acheter au Marché central de Kinshasa est devenu un risque énorme pour la santé.

Ne dit-on pas que «gouverner c’est prévoir » ? Que prévoit de faire, alors, le gouvernement pour l’assainissement du marché en sachant qu’il existe dans le sous-sol du Marché central, de grandes et larges canalisations, bouchées, conduisant vers le fleuve pour l’évacuation des eaux usées ?

Quelles mesures de santé publique seront mise en place par le gouvernement face aux maladies qui affectent aussi bien les vendeurs que leurs clients ? Que va faire le gouvernement pour désengorger le Marché central de Kinshasa ?

«Gouverner c’est prévoir » ! Que prévoit de faire l’Etat congolais pour qu’enfin les Kinois, à l’instar des Turcs avec le Grand Bazar d’Istanbul, retrouvent leur grand Marché Central et sa splendeur d’autrefois ?

Safi Fele
© OEIL D’AFRIQUE

 

Safi Fele

Safi Fele

Journaliste basée à Paris.


Tags assigned to this article:
économiekinshasaMarché central

[wp_ad_camp_4][wp_ad_camp_4][wp_ad_camp_4]

Related Articles

Kinshasa : être son propre patron plutôt que tout attendre de l’Etat

De plus en plus de jeunes Kinois souhaitent monter leurs propres boites. Patrons, ils valorisent leurs compétences professionnelles et sont

RDC: Google annonce la prochaine installation de son antenne à Kinshasa

Thomas Luhaka, le  vice-Premier ministre et ministre congolais des Postes, Télécommunications, Nouvelles technologies de l’information et de la communication de

RDC: Ouverture d’une enquête sur l’attaque contre Tshatshi

[GARD align= »center »] Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais a affirmé mercredi, au lendemain de l’attaque contre le camp militaire

Aucun commentaire

Espace commentaire
Aucun commentaire Soyez le premier à répondre à ce commentaire

Espace commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié
Required fields are marked*