Ouganda: la CPI dévoile 60 nouvelles charges contre un des principaux chefs de la LRA

Ouganda: la CPI dévoile 60 nouvelles charges contre un des principaux chefs de la LRA
Le commandant ougandais Dominic Ongwen, membre des milices de Joseph Kony, le 26 janvier 2015 devant la CPI à La Haye

Le commandant ougandais Dominic Ongwen, membre des milices de Joseph Kony, le 26 janvier 2015 devant la CPI à La Haye|AFP

La Cour pénale internationale a dévoilé jeudi 60 nouvelles accusations de crimes contre l’humanité et crimes de guerre à l’encontre de Dominic Ongwen, un des principaux chef de la sanguinaire rébellion de la LRA, née dans les années 1980 en Ouganda.

« L’accusation a formellement fait état de son intention d’augmenter l’étendue des charges contre Dominic Ongwen », a annoncé la CPI, qui siège à La Haye, dans un communiqué, précisant que le procureur soumettrait officiellement ces charges le 21 décembre.

« Une notification précoce de ces charges additionnelles était requise afin de laisser à la défense suffisamment de temps pour se préparer », a souligné la CPI.

Ecroué à La Haye après sa reddition en janvier en Centrafrique auprès des forces spéciales américaines, M. Ongwen est dans l’attente d’une « audience de confirmation des charges », étape lors de laquelle les juges doivent déterminer si les accusations sont assez solides pour justifier un procès.

Agé d’environ 40 ans, il est le premier haut responsable de l’Armée de résistance du seigneur (LRA), dirigée par Joseph Kony, à comparaître devant la CPI.

Les nouvelles charges portent toutes sur des attaques menées entre octobre 2003 et juin 2004 sur des camps de civils forcés à fuir leurs foyers suite à la sanglante rébellion de la LRA, débutée dans les années 1980.

Plus de 100 personnes, dont de nombreux enfants et bébés, avaient été tuées lors de ces attaques.

Durant l’une d’elles, contre le camp Lukodi dans le nord de l’Ouganda, « de nombreux civils dont des enfants ont été brûlés vifs dans des huttes que les combattants de la LRA avaient mis à feu », a affirmé l’accusation dans un document de la CPI.

– Mutilations –

La CPI a également évoqué le recours à des enfants-soldats et à des esclaves sexuels.

« Ceux qui refusaient de se plier à des activités sexuelles ainsi qu’aux tâches domestiques, au même titre que ceux qui essayaient de s’échapper, étaient sévèrement battus et étaient victimes d’autres abus », a ajouté la même source.

Dominic Ongwen est poursuivi pour 7 crimes contre l’humanité ou crimes de guerre. L’accusation souhaite lui imputer 60 autres exactions.

Créée dans la deuxième partie des années 80, la LRA opérait dans le nord de l’Ouganda, où elle a multiplié les exactions – enlèvements d’enfants transformés en soldats et en esclaves, mutilations et massacres de civils.

Elle en a été chassée au milieu des années 2000 par l’armée ougandaise avant de s’éparpiller et de semer la terreur dans les forêts équatoriales des pays alentour, dont la Centrafrique.

Selon l’ONU, la rébellion a tué depuis sa création plus de 100.000 personnes en Afrique centrale et enlevé plus de 60.000 enfants.

Le chef de la LRA, Joseph Kony, fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI et les troupes américaines le recherchent activement.

Dominic Ongwen est lui-même un ancien enfant soldat. Il avait été enlevé à l’âge de 10 ans sur le chemin du retour de l’école.

Le 10 septembre, des juges de la CPI ont recommandé que l' »audience de confirmation » des charges soit organisée en Ouganda, dans le but de « rapprocher les procédures de la Cour des communautés affectées par les crimes allégués ».

AFP

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