Oui au retour de la musique congolaise en occident

Oui au retour de la musique congolaise en occident

[dropcap font= »georgia »]P[/dropcap]oser une telle question est un risque que peu ose prendre. La musique congolaise doit-elle oui ou non retrouver les podiums des grandes salles de spectacles ? Les musiciens congolais ont-ils leur place dans la diaspora ?

La genèse de ce que vit la musique congolaise aujourd’hui en occident, est une opposition virulente d’une poignée de congolais, refusant en 2009 à Koffi Olomide le droit de jouer à Londres pour des multiples raisons. On retiendra la dépravation de l’image de la femme congolaise, le manque d’implication des artistes dans la dénonciation de la guerre à l’Est de la RD Congo et surtout le soutien aux hommes politiques, le président Joseph Kabila en premier lieu.

Mais ce mouvement reste encore bloqué de l’autre côté de la manche. Puis vient le fameux mois de février 2011 avec le double concert de Werrason et Papa Wemba  suivi quelque jours après par le concert de Fally Ipupa au Zenith de Paris, tous deux bloqués et mise à mal par plus de 300 congolais qui font le nécessaire pour dissuader les fans d’ accéder aux spectacles.

Rappelons que ces concerts avaient été précédés par la mort d’Armand Tungulu, un congolais résidant en Belgique, en vacance à Kinshasa, qui avait caillassé le cortège présidentiel. Il sera retrouvé quelques jours plus tard mort dans sa cellule de prison. La raison officielle de sa mort serait un suicide.

Remonté, réunie en masse, le mouvement de Londres déteint sur Paris, Bruxelles, Berlin… De là, un embargo vient frapper les musiciens de la RD Congo.  Ils n’ont plus droit de monter sur scène dans les grandes villes d’Europe s’ils ne changent pas leur comportement et épousent la cause politique de certains. Ce qui sera bien entendu difficile à obtenir de la part de ces artistes qui se disent apolitique et surtout craignent pour leur sécurité étant donné qu’ils vivent encore en RD Congo. D’autant qu’ils risquaient de perdre les finances données par les politiciens en remerciement des « Mabanga » [Dédicaces]

Deux ans après

La politisation de la société congolaise est en marche. La crise à l’Est de la RD Congo est entrée dans tous les foyers congolais. L’électrochoc du boycottage des musiciens a en effet permis à tout un chacun d’entendre ou de découvrir le drame qui se déroule dans la région du grand Kivu. Et après ? On peut se demander si ceux qui ont été privés de concerts ont épousé la cause du combat ? Ou rejettent-ils les musiciens dont ils sont fan pour les raisons évoquées plus haut ?

Les congolais n’ont jamais rejeté les vedettes du Ndombolo. La décision de faire barrage aux musiciens était une décision dictatoriale, prise par une poignée de personnes non représentatives. Non élus, ils se sont donné le droit de décider pour l’ensemble de la communauté. En effet, cette décision n’a jamais trouvé un soutien favorable de la part de l’ensemble des congolais. Ils avaient tout simplement accepté d’une manière temporel, une décision dictatoriale. Tout en espérant que le mouvement dit « combattant »  s’essouffle.

Pour réussir cette mission « les combattants » congolais devraient travailler à la conquête des esprits et des cœurs et ne surtout pas imposer les choses. Le site congomikili.com a diffusé une série de reportage sur la sortie du dernier opus « Boite Noire »du chanteur Ferre Gola. Ces reportages devant le magasin du producteur Diego Music démontrent une chose, les congolais n’ont jamais adhéré à ce combat contre les musiciens et refusent de se faire imposer les choses.

Le journaliste français Aymeric Caron a expliqué qu’il a été emmené à devenir végétarien parce qu’il a vu le traitement infligé aux animaux dans les abattoirs. De même qu’il est très difficile après une journée au service des grands accidentés de la route d’oublier d’attacher sa ceinture ou de passer un appel en conduisant. 

Cet engoûement de la part des congolais lors des grandes manifestations où la musique est impliquée montre l’amour de ce peuple pour leurs artistes (Pour le cas de certains, l’amour de la fête). Peu sont contre les Mabangas. Peu sont contre des titres tels que « Katagourouma » [Chanson décrivant un rapport sexuel] de Koffi Olomide ou la danse « Sima ékoli » [Les fesses ont grossis] de Werrason. Une chanson et une danse devenu des classiques chez les congolais.

Pour réussir à obtenir un réel soutien de la masse et surtout voir la population adhérer à ce combat, il faut de la pédagogie et une bonne communication. Pour se faire les combattants devraient laisser les artistes congolais revenir sur scène avec, pour condition, la publication lors de productions, des messages rappelant le drame à l’Est de la RD Congo. Négocier des affiches invitant le public à visiter des sites tel que ingeta.com qui fournit des informations très détaillées de la situation du pays.

En conclusion, Il serait judicieux pour les combattants de travailler sur la prise de conscience réelle et non apparente.

 

Roger Musandji
Oeildafrique.com
Twitter: @rogermusandji

Roger Musandji

Roger Musandji

Fondateur de RM COMMUNICATION, société éditrice d'Oeil d'Afrique.


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1 commentaire

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  1. SHABAKAA
    SHABAKAA 26 juillet, 2013, 15:32

    Eh ben…Votre negre (La personne a Kin qui a écrit cet article que vous signer) est très très loin du compte Mr.
    Il (ou vous) se base sur une analyse de PAPY NTABA, l’ancien nettoyeur de toilette (Technicien de surface) devenu communicant de KANAMBE…et on voit le résultat de la contamination.

    Afrique redaction = chiotte !

    Pourquoi ? Parce que vous avez decider d’ecire dans le caniveau…et ca sent mauvais !

    Répondre à ce commentaire

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