Port d’Abidjan: un ministre ivoirien remet en cause l’attribution à Bolloré

Port d’Abidjan: un ministre ivoirien remet en cause l’attribution à Bolloré

Le ministre ivoirien du Commerce, Jean-Louis Billon, a remis en cause l’attribution au groupe français Bolloré de la concession du deuxième terminal à conteneurs d’Abidjan, dans un entretien à l’hebdomadaire français Le Nouvel Observateur publié jeudi.

Le port d’Abidjan avait annoncé le 23 mars qu’un consortium comprenant le groupement APM terminal du groupe Maerks (Danemark) et les groupes français Bolloré Africa-Logistics et Bouygues travaux publics avait obtenu la concession de la réalisation et de l’exploitation d’un deuxième terminal à conteneurs au port d’Abidjan, leader en Afrique de l’ouest.

La fin des travaux du nouveau terminal est prévue pour 2016. Le groupe Bolloré, spécialisé dans la logistique portuaire et ferroviaire en Côte d’Ivoire, gérait déjà depuis 2004 un premier terminal à conteneurs du port d’Abidjan.

L’idée de départ était d’ouvrir à la concurrence le port d’Abidjan et on finit avec un super-monopole multiplié par deux. Ce n’est pas une bonne chose pour notre économie. On aurait voulu brider l’économie ivoirienne, on ne s’y serait pas pris autrement. C’est une situation que je regrette profondément, a affirmé le ministre.

Interrogé, Bolloré Africa Logistics a indiqué dans un communiqué jeudi soir que son projet avait présenté les prix les plus bas par rapport aux concurrents et était également le plus ambitieux en terme de développement de la place portuaire.

Il a ajouté que son groupement l’avait emporté à l’issue d’un appel d’offres international exigeant et transparent sous le contrôle d’un cabinet de conseil spécialisé.

Bolloré affirme que M. Billon, le ministre qui a critiqué ce choix est actionnaire de la société MOVIS, que dirige son frère et qui est arrivée en dernière position de l’appel d’offres pour le second terminal à conteneurs d’Abidjan.

Dans l’hebdomadaire, M. Billon souligne que à (ses) yeux, Bolloré n’aurait même pas dû être admis dans la compétition car l’appel d’offres prévoyait très clairement une mise en concurrence entre les deux terminaux.

Pour nous qui nous battons pour attirer le maximum d’investisseurs en Côte d’Ivoire, ce n’est pas un bon exemple, comme s’il n’y avait pas de place pour de nouveaux opérateurs, a jugé le ministre ivoirien.

Je ne serais pas surpris si demain on me disait qu’il y a eu des problèmes de gouvernance dans l’attribution du deuxième terminal, a précisé Jean-Louis Billon, sans aller jusqu’à évoquer l’hypothèse de corruption.

C’est déjà bien que Bolloré ait pu conserver le premier terminal, obtenu dans des conditions obscures en 2004, a-t-il jugé. A l’époque, la Côte d’Ivoire était dirigée par Laurent Gbagbo, vaincu à la présidentielle de novembre 2010 par Alassane Ouattara, actuel président ivoirien.

Le port d’Abidjan, principal débouché pour plusieurs pays enclavés d’Afrique de l’Ouest, avait été délaissé par ses utilisateurs pendant la meurtrière crise postélectorale de fin 2010 à avril 2011, après avoir fait l’objet d’un embargo de l’Union européenne.

Pour 2012, le port prévoit un trafic de 24 millions de tonnes en hausse de 43% par rapport à 2011, en raison d’un retour à une croissance forte du PIB (Produit intérieur brut) projeté à 8,5% contre -5% en 2011.

Le groupe Bolloré emploie en Côte d’Ivoire 5.000 personnes directement, opérant dans la logistique portuaire, ferroviaire et le chantier naval.

 

Oeil d’Afrique avec AFP

 

 


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