Les potentiels candidats aux différentes élections présidentielles en Afrique : victimes d’une machination politique

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 Des partisans du général Jean-Marie Michel Mokoko le 18 mars à Brazzaville. Crédits : MARCO LONGARI / AFP

Des partisans du général Jean-Marie Michel Mokoko le 18 mars à Brazzaville. Crédits : MARCO LONGARI / AFP

Souvent en Afrique, par manque d’arguments d’autorité pour défendre leurs projets de société ou par manque de culture démocratique devant permettre la divergence d’opinions, certains hommes politiques usent des méthodes machiavéliques et  discriminatoires pour empêcher leurs adversaires de taille à prendre part aux échéances électorales. Ils se servent des montages, des intrigues, des mises en scènes, de la supercherie afin de ternir l’image de  ceux-là qu’ils considèrent comme des potentiels candidats à la course présidentielle.

De ce fait, bon nombre des hommes politiques africains ont été dans le passé et jusqu’à maintenant victimes des  manipulations politiques, des dénigrements orchestrés par des responsables politiques de leurs pays. C’est le cas par exemple du Président Alassane Ouattara en Côte d’ivoire, qui pendant la période électorale en Côte d’ivoire sous le régime de Henry Konan Bédié et de son parti PDCI,  a été l’objet d’une machination politique au sujet de sa nationalité. Ces détracteurs l’avaient accusé d’avoir usurpé la nationalité Ivoirienne alors qu’il était soi-disant burkinabé. C’est dans cette perspective qu’il a été créé pour des besoins de la cause le concept de l’ivoirité afin de le mettre  à la marge de la course présidentielle.

Par ailleurs, craignant ainsi son degré de popularité devant permettre sa victoire à cette course électorale pour la Présidence de la République, le Conseil Constitutionnel de l’époque avait rendu une décision selon laquelle la candidature de monsieur Alassane Ouattara est rejetée parce qu’il n’est pas de nationalité ivoirienne. Comment concevoir que la nationalité d’Alassane Ouattara puisse être battue en brèche par les caciques du PDCI alors que l’un de ses frères ainés GAOUS OUATARRA  a été même Président de l’Assemblée Nationale Ivoirienne qui est pourtant l’une des grandes institutions de la République ? Pourquoi alors soulevée cette question de la nationalité pendant la période de l’élection présidentielle alors que ce même Ouattara a été Premier Ministre et chef du gouvernement pendant le régime d’Houphouët Boigny ?

Cette problématique de la disqualification des potentiels candidats à l’élection présidentielle est également au cœur des vives polémiques et contradictions au sein de classe politique de la République Démocratique du Congo où certains candidats potentiels sont devenus non seulement des adversaires politiques mais plutôt des véritables adversaires acharnés pour le camp présidentiel.

Sentant son degré de popularité sur le territoire national,  son annonce de candidature pour briguer la magistrature suprême,  sa démission au rang du PPRD ainsi qu’aussi à son poste de gouvernement du Katanga, Moïse Katumbi a été accusé d’être à la tête  d’un réseaux de recrutement des mercenaires étrangers devant déstabiliser les institutions de la République. Tout ce tapage médiatique fait à ce sujet avait pour seul objectif de le mettre hors d’état de nuire et aussi tenir son image sur la scène politique nationale et internationale.

    De même au Congo Brazzaville, après sa victoire militaire en octobre 1997 face à un régime démocratiquement élu, le Président Dénis Sassou Nguésso avait fait voter par referendum une constitution taillée sur mesure afin d’éliminer les potentiels candidats Pascal Lissouba, Bernard Kolélas et Yhombi Opango de la course électorale pour  la Présidence de la République de l’an  2002. C’est pourquoi, pour de besoins de la cause, il a été mis en place une nouvelle constitution le 20 janvier 2002 laquelle dans l’une de ses dispositions avait restreint la limitation d’âge à l’élection présidentielle.

En outre, Jean Marie Michel Mokoko, candidat à l’élection présidentielle du 20 mars 2015 a été aussi pendant la période électorale  l’objet d’une machination politique de la part des autorités politiques de son pays qui l’accusaient ainsi d’avoir préparé un coup d’état militaire afin de déstabiliser les institutions de la République.

Comment concevoir qu’après avoir déclaré sa candidature à la magistrature suprême, c’est une vidéo datant parait-il de 2OO7  qui  fait surface dans des medias et réseaux sociaux l’accusant ainsi de vouloir préparer un putsch pour renverser des institutions de la République. Si tel est le cas d’après un communiqué qui était passé sur la chaine nationale, mais pourquoi avoir seulement attendu que Jean Marie Michel MOUKOKO ne déclare sa candidature pour le traduire en justice ? Pourquoi ne l’avoir pas poursuivi pendant que les pouvoirs publics étaient en possession de cette vidéo ?

La majorité des chefs d’état africains usent parfois des méthodes machiavéliques et ubuesques afin de se débarrasser de leurs adversaires politiques de taille. Ils caressent aussi le rêve de l’éternité et de la démiurgie, convaincus jusqu’à la folie furieuse et destructrice, qu’ils sont les pères ou les sauveurs de leur nation et ne doivent jamais quitter le pouvoir. C’est pourquoi ils considèrent souvent leurs adversaires politiques comme des ennemis de la démocratie qui mettent en cause leurs projets de société et qui veulent que leurs pays  demeurent toujours sous le peloton des pays qui évoluent à reculons. D’où certains de leurs adversaires politiques qui, pour préserver leurs vies contre leurs oppresseurs, sont obligés de prendre la clé des champs ou de trouver refuge dans un des pays étranger. C’est ce qui étaient arrivés à Pierre MAMBOUNDOU MAMBOUNDOU au Gabon en 1981 sous la Présidence du feu Omar Bongo Ondimba, l’opposant historique Morgane Sanguiralle au Zimbabwe, Jean Pierre BEMBA en RDC, Goukouni Wadeye au Tchad, Alassane Dramane Ouattara et Henry Konan Bédié en Côte d’Ivoire sous le régime du Président Laurent GBAGBO, avant d’être réhabilité par ce dernier, Alpha Condé en Guinée Conakry sous les régimes Sékou Touré et Lassana Conté.

Celmond KOUMBA, Enseignant et Homme de Lettres.

© OEIL D’AFRIQUE

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