Le président tanzanien prie les réfugiés burundais de rentrer chez eux

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AFP/Archives - Le président tanzanien John Magufuli, à Dar es Salaam le 5 novembre 2015

AFP/Archives – Le président tanzanien John Magufuli, à Dar es Salaam le 5 novembre 2015

Le président tanzanien John Magufuli a appelé jeudi les réfugiés burundais à rentrer dans leur pays, après avoir rencontré son homologue burundais Pierre Nkurunziza qui effectuait dans le nord-ouest de la Tanzanie sa première visite à l’étranger en plus de deux ans.

En amont de la rencontre, des diplomates avaient indiqué à l’AFP sous couvert de l’anonymat que M. Magufuli avait été mandaté par les pays de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) pour convaincre Pierre Nkurunziza de participer au dialogue interburundais de sortie de crise.

Rappelant que ce dialogue est au point mort, le gouvernement refusant de discuter avec l’opposition en exil, un de ces diplomates avait dit que « la communauté internationale attend beaucoup de cette rencontre » à Ngara, à une quinzaine de kilomètres de la frontière burundaise. « Magufuli est l’un des rares à pouvoir avoir une influence sur le président burundais ».

A l’issue de la rencontre, tenue secrète jusqu’au dernier moment, M. Nkurunziza a d’abord affirmé qu' »aujourd’hui, le Burundi est en paix ». « Nous appelons nos frères et soeurs réfugiés en Tanzanie à rentrer au Burundi, pour que nous puissions bâtir notre pays ensemble ».

M. Magufuli a renchéri: « Mes frères burundais, je vous prie de rentrer chez vous, pour bâtir votre pays. Vous venez d’entendre votre président, préparez-vous dès aujourd’hui à rentrer chez vous. Je ne vous expulse pas, mais nous devons nous dire la vérité ».

Selon le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés, 275.000 Burundais se sont réfugiés en Tanzanie. Les gouvernements burundais et tanzaniens contestent ces chiffres et soutiennent qu’une grande partie des réfugiés sont déjà rentrés au pays.

« Il y en a qui font des réfugiés une affaire rentable, j’ordonne d’ailleurs au ministre de l’Intérieur d’arrêter d’accorder la nationalité (tanzanienne, ndlr) aux réfugiés. Il faut que nous apprenions à servir nos pays », a également déclaré M. Magufuli.

« Ceux qui prêchent que le Burundi n’est pas en paix doivent cesser cet évangile », a-t-il ajouté.

M. Nkurunziza n’avait plus quitté son pays depuis mai 2015. Il se trouvait alors à Dar es Salaam (Tanzanie) pour un sommet de l’EAC, mais était rentré en urgence au Burundi en pleine tentative de coup d’Etat, finalement déjoué.

Le Burundi traverse une crise violente depuis la décision en avril 2015 de Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat controversé, obtenu en juillet de la même année. Des manifestations avaient alors été violemment réprimées et le coup d’État manqué en mai 2015 a fait basculer le pouvoir dans une répression systématique.

Les violences ont déjà fait de 500 à 2.000 morts, selon les sources (ONU et ONG), et ont poussé à l’exil plus de 425.000 Burundais. L’ONU a depuis accusé Bujumbura de graves violations des droits et mis en garde contre un risque de génocide.

Pierre Nkurunziza a été escorté jusqu’à Ngara par un convoi lourdement armé. Il était à la tête d’une « forte délégation » incluant notamment les ministres de la Sécurité publique, de la Défense et des Relations extérieures, selon un communiqué de la présidence burundaise.

AFP

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