Le président Zuma rend hommage à Dakar au soutien du Sénégal pendant l’apartheid

Le président Zuma rend hommage à Dakar au soutien du Sénégal pendant l’apartheid

Le président sud-africain Jacob Zuma, arrivé mardi à Dakar pour une visite de deux jours, a rendu hommage au Sénégal pour son soutien pendant la lutte contre le régime raciste de l’apartheid en place à Pretoria jusqu’au début des années 1990.

Nous (Sud-Africains), nous nous sentons chez nous dans ce pays parce que l’Afrique du Sud et le Sénégal ont des liens étroits et historiques de solidarité qui remontent à la période de nos luttes pour la liberté et l’indépendance, a déclaré M. Zuma, dont la visite à Dakar est la première d’un chef d’Etat sud-africain.

Nous reconnaissons le rôle pivot joué par le Sénégal dans la lutte de libération de l’Afrique du Sud pendant les jours sombres de l’apartheid, a-t-il ajouté dans un discours prononcé en présence du chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall.

M. Zuma a dit que son pays n’avait pas oublié le rôle important joué par le premier président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, et le peuple du Sénégal dans la lutte contre le colonialisme et l’apartheid.

A l’occasion de cette visite à Dakar, qui s’achèvera mercredi, l’Afrique du Sud et le Sénégal ont signé un protocole d’accord et un accord de coopération dans les secteurs de l’agriculture, des arts et de la culture.

Mais le président Zuma a estimé que la coopération bilatérale pouvait être renforcée de façon considérable dans de nombreux autres secteurs, citant notamment l’énergie, la sécurité, les mines.

Nos deux pays partagent également des traditions démocratiques fortes et continueront à coopérer pour promouvoir la démocratie, la bonne gouvernance et les droits de l’homme sur notre continent et dans le monde, a affirmé Jacob Zuma.

Les deux chefs d’Etat ont également discuté de la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, sujet sur lequel leurs points de vue sont partagés, a indiqué le président sénégalais au cours d’une conférence de presse.

Les pays en développement réclament une réforme du Conseil qui n’accorde un droit de veto sur les résolutions qu’à ses cinq membres permanents : Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie et Chine.

Nous nous battons sérieusement aujourd’hui pour changer la situation, qui est une situation inacceptable, parce que lorsque les Nations unies se sont constituées (…), aucun pays africain n’était indépendant en dehors du Liberia, a déclaré Macky Sall.

Aujourd’hui, nous (les Africains) représentons près d’un milliard de personnes, 54 Etats. Il n’est pas normal que l’Afrique soit absente du Conseil de sécurité de l’ONU comme membre permanent avec droit de veto, a ajouté M. Sall.

De la même manière, dans les institutions financières internationales, il faut que la voix de l’Afrique soit prise en compte, a-t-il dit.

La semaine dernière, alors qu’il était présent à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, Jacob Zuma avait vivement critiqué le Conseil de sécurité dans son état actuel.

En tant que petits pays, nous considérons que cet arrangement est injuste, c’est antidémocratique, ce n’est plus valable. (…) Vous avez une situation où ceux qui possèdent le droit de veto parlent plus de guerre que de paix, avait déclaré le président Zuma.

Au dernier jour de sa visite au Sénégal, mercredi, le président sud-africain visitera Gorée, au large de Dakar, île mémoire de la traite transatlantique.

Jeudi, des hommes d’affaires des deux pays se rencontreront au cours d’un forum économique à Dakar.

Avec l’AFP


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