Présidentielle au Burundi: le principal opposant ne reconnaît pas le résultat

Agathon Rwasa, un chef historique des Forces nationales de Libération (FNL)| BBC

Agathon Rwasa, un chef historique des Forces nationales de Libération (FNL)| BBC

Le principal opposant burundais, Agathon Rwasa, a affirmé samedi à l’AFP ne pas reconnaître le résultat de la présidentielle qui a reconduit au pouvoir Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat controversé, et appelé à de nouvelles élections.

Entre-temps, l’opposant, arrivé deuxième du scrutin de mardi, n’exclut pas l’idée d’un gouvernement d’union nationale, à condition que ce gouvernement ait justement pour «mission principale de préparer des élections libres et démocratiques».

«Le résultat de cette présidentielle, c’est fantaisiste», a-t-il dit. «La crise est profonde», a-t-il ajouté.

L’annonce, fin avril, de la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat a plongé le petit pays d’Afrique des Grands Lacs dans la pire crise qu’il ait connue depuis la fin de sa sanglante guerre civile (quelque 300.000 morts entre 1993 et 2006).

Un mouvement de contestation populaire a été violemment réprimé par la police, parfois à balles réelles, et un coup d’Etat a été maté mi-mai. Au total, les violences ont fait plus de 80 morts et quelque 160.000 Burundais ont fui dans les pays voisins.

A lire: le président Nkurunziza réélu pour un troisième mandat

Malgré ce climat d’insécurité, couplé à une absence de pluralisme médiatique et de l’impossibilité, pour les opposants, de faire campagne, le pouvoir burundais a refusé de reporter au-delà du 29 juin les législatives et communales et du 21 juillet la présidentielle, arguant d’un risque de vide institutionnel à l’échéance du deuxième mandat de Pierre Nkurunziza le 26 août.

Le camp présidentiel a au final remporté haut la main non seulement l’élection de mardi – Pierre Nkurunziza a obtenu plus de 69% des voix – mais aussi les législatives et communales.

Des jours difficiles attendent cependant le futur gouvernement: le pays est non seulement divisé, mais aussi plus que jamais isolé sur la scène diplomatique. La communauté internationale n’a cessé de dénoncer ces derniers mois le climat préélectoral délétère dans le pays, qui, selon elle, ne permettait pas des élections «crédibles».

Les pays de la Communauté est-africaine (EAC), qui regroupe la Tanzanie, le Kenya, le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda, ont eux-mêmes suggéré la formation d’un gouvernement d’union nationale pour sortir le pays de la crise.

Pour M. Rwasa, un tel gouvernement serait en fait «une sorte de transition qui ne dit pas son nom». Il devrait durer «maximum une année pour remettre le pays sur les rails, pour éviter le chaos et la guerre civile».

AFP
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