Présidentielle en Centrafrique : Le peuple décide à sa manière et déjoue tous les pronostics

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Faustin Archange Touadera salue des partisans pendant la campagne électorale à Bangui le 28 décembre 2015 afp.com - ISSOUF SANOGO

Faustin Archange Touadera salue des partisans pendant la campagne électorale à Bangui le 28 décembre 2015 – ISSOUF SANOGO

Le premier tour de l’élection présidentielle du 30 décembre passé en Centrafrique a permis de mesurer la capacité du peuple Centrafricain à disposer de lui-même en s’affirmant comme le véritable dépositaire du pouvoir. Le verdict sorti des urnes qui place Anicet Dologuélé et Faustin Touadera au second tour conforte la position du peuple Centrafricain à prendre son destin en main.

Il sied de souligner qu’il n’était pas nombreux a pronostiquer sur le face à face entre Dologuélé et Touadéra car les réseaux géopolitiques et les calculs politiciens internes et externes influencés par les puissances régionales avaient misé pour des candidats qui ne se sont pas retrouver dans le Duo de tête. Ni Ziguélé présenté comme le candidat qui avait le soutien de l’international socialiste et par ricoché soutenu par Paris (qui d’ailleurs a été mis en erreur par son ambassadeur en poste à Bangui Ami de Ziguélé) puis par l’Angola et certains chefs d’Etat Africains sur recommandation de la présidente de la transition dont Ziguélé était un des visiteurs de nuit ,ni moins Karim Mékassoua grand maître des loges maçonniques, candidat soutenu par Sassou Nguésso,Ali Bongo et autres n’ont pu recueillir assez des suffrages de 72% des électeurs centrafricains pour remporter le scrutin du 30 décembre 2015.

Le peuple Centrafricain en a décidé autrement. Il a porté son choix a deux candidats qui vont s’affronter au second tour.   

Ainsi, l’affiche du second tour de la présidentielle en Centrafrique est désormais connue. Deux anciens premiers ministres, Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra, sont arrivés en tête au premier tour de la présidentielle centrafricaine, selon des résultats provisoires annoncés jeudi 7 janvier par l’Autorité nationale des élections (ANE). Ils se retrouveront le 31 janvier lors du second tour Dologuélé, l’un des favoris, a recueilli 281 420 voix soit 23,78 % des suffrages, devant son principal rival, l’outsider Faustin Archange Touadéra, fort de 229 764 voix, soit 19,42 %, a déclaré la présidente de l’ANE, Marie-Madeleine N’Kouet Hoornaert. Une trentaine de candidats étaient en lice pour le premier tour de la présidentielle.

Désiré Kolingba, fils d’un ancien président, arrive en troisième position avec 149 134 voix (12,60 %), suivi de Martin Ziguélé, autre poids lourd de l’élection perçu comme le candidat de la France (128 009 voix soit 10,82 %), et Jean-Serge Bokassa, autre fils d’un ancien président (77 493 voix soit 6,55 %). Le taux de participation national est de 69 %, selon l’ANE.

Une polémique avait éclaté lundi et mardi, certains candidats dénonçant des fraudes et réclamant « l’arrêt des opérations électorales ». Mais la polémique a fait long feu, et le décompte des voix s’est poursuivi. Ces résultats provisoires doivent maintenant être validés par la Cour constitutionnelle.

La Centrafrique, un des pays les plus pauvres au monde, est plongée dans le chaos depuis le renversement du président François Bozizé en mars 2013 par l’ex-rébellion Séléka, elle-même finalement chassée du pouvoir par une intervention internationale menée par la France dans son ancienne colonie début 2014.

La Cour constitutionnelle doit valider ces résultats

Face à Annicet Dologuélé qui a obtenu le soutien du parti de Bozizé à 48heures du premier tour , une figure du régime Bozizé, Faustin Touadéra, Premier ministre entre 2008 et 2013, ancien recteur de l’université de Bangui et mathématicien de formation. Son score constitue la véritable surprise de ce premier tour dans la mesure ou il s’est présenté comme candidat indépendant, puisque son parti le KNK a officiellement apporté son soutien à celui qui devient aujourd’hui son rival. Mais il semble qu’il soit parvenu à faire le plein de voix dans les bastions bozizistes.

Derrière eux, Désiré Kolingba, le candidat du RDC et Martin Ziguélé, tous deux candidats de partis politique bien implantés dans le pays, le RDC et le MLPC, sont crédités respectivement de 12,6 et 10,8%. Ils se poseront en arbitre ou en faiseurs de roi déjà des pourparlers souterrains seraient engagés pour les alliances et les reports de voix au second nous indique nos sources à Bangui.

Autre surprise, le score honorable de Jean-Serge Bokassa, fils de l’empereur, qui récolte 6,55% des suffrages qui selon nos sources serait prêt à soutenir Anicet Dologuélé. En revanche, Karim Meckassoua s’effondre avec un peu plus de 3% des voix malgrès ses puissants soutiens c’est la véritable déconvenue de ce scrutin lui et Guy Moskit les visiteurs réguliers des chefs d’Etat de la région.

Rappelons toutefois que ces résultats sont provisoires. Ils doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle. La période des recours est ouverte, et certains candidats n’ont pas caché leur volonté d’en déposer.

Les enjeux du second tour

Ce sont donc deux candidats reliés à l’ex-président François Bozizé qui s’affronteront lors du second tour prévu le 31 janvier. « Nous y allons pour le remporter et nous ferons ce qu’il faut pour y arriver », a déclaré Anicet Georges Dologuélé peu après l’annonce des résultats du 1er tour. Pour lui, « celui qui va gagner, ce sera celui avec les meilleurs alliés ».L’ancien premier ministre de Ange Félix Pattassé part favori avec plusiurs facteurs déterminant qui le propulserait demain à la tête de la Rca ;car l’homme représente pour le pays l’espoir de demain.

« Les militants n’ont pas été pas dupes », a déclaré un proche de Touadéra peu après les résultats, avant de dénoncer l’accord de soutien du KNK à Dologuélé qui, selon lui, n’a pas été décidé par les militants. « J’ai été Premier ministre pendant cinq ans, c’est la première fois qu’un Premier ministre reste aussi longtemps,rappelle Touadéra. Je ne suis donc pas quelqu’un d’inconnu. Il y a eu un bilan positif et c’est fort de cela que les compatriotes ont porté leur choix sur ma candidature. Ils ont regardé le travail bien fait, l’intégrité et le travail pour la population centrafricaine. »

Le second tour se profile donc avec deux anciens Premiers ministres. L’un avec le soutien officiel du KNK, l’autre qui bénéficie d’une base solide de sympathisant au sein du même parti. Tous les deux le savent, pour gagner, il faudra piocher dans l’électorat de leurs poursuivants.

© OEIL D’AFRIQUE

Roger Musandji

Roger Musandji

Fondateur de RM COMMUNICATION, société éditrice d'Oeil d'Afrique.


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