Présidentielle Mali: Sanogo entre le marteau et l’enclume

Présidentielle Mali: Sanogo entre le marteau et l’enclume

Les maliens seront appelés aux urnes pour le second tour de la présidentielle ce dimanche 11 août prochain. Un 2eme tour qui sonnera certainement le glas de l’influence des militaires dans la sphère politique malienne. Dans ce duel à distance entre Ibrahim Boubakar Keita (IBK) et Soumaïla Cissé, pour lequel des deux devraient opter le capitaine Amadou Sanogo et les co-auteurs du putsch de mars 2012 ayant déstabilisé le Mali.

« Sanogo pense certainement que ceux des candidats qui ont été personnellement agressés et maltraités aux premières heures du coup ne sont pas prêts d’oublier cet épisode et pourraient être tentés de prendre leur revanche s’ils arrivaient au pouvoir. Les meneurs de la junte ont beaucoup à craindre d’éventuelles poursuites judiciaires et sont, sans doute, d’abord soucieux de leur protection, donc de leur impunité, au lendemain des élections », note Gilles Yabi, analyste à International Crisis Group (ICG). L’on a encore souvenance qu’aux premières heures du putsch de mars 2012, les militaires conduits par le capitaine Sanogo avaient mis aux arrêts un certains nombre de dignitaires ou proches du régime déchu, dont un certain Soumaïla Cissé. Depuis lors, les relations entre la junte et l’ancien ministre des finances Soumaïla Cissé n’ont jamais été des plus reluisantes. En effet, Soumaïla Cissé sera des plus farouches opposants au coup d’État militaire du 22 mars 2012. Le ‘front anti-putschiste’ ou du moins le Front pour la défense de la démocratie et la République (FDR) dont il a participé à la création, appellera les maliens ‘à se tenir debout’ face à Sanogo et ses camarades mutins. A ce jour, Soumaïla Cissé réclame la mise à l’écart de la scène politique du capitaine Sanogo.

Par ailleurs, Ibrahim Boubacar Keïta avait rejoint le FDR mais l’avait rapidement quitté, restant très discret sur un putsch qu’il a « condamné par principe », selon Souleymane Drabo, directeur de publication d’un quotidien malien. Récemment à Paris face aux journalistes, IBK n’y est pas allé par le dos de la cuillère, « l’État malien est devenu une source d’enrichissement pour une élite, sans souci d’efficacité de l’action publique, sur le dos des populations ». Un discours qui peut sembler plaire au capitaine Sanogo qui avait justifié son coup d’État par l’incapacité d’un État corrompu à lutter contre la montée des périls en tous genres (groupes jihadistes et criminels, rébellion touareg) dans le nord du Mali. Toutefois, le cacique de la politique malienne, IBK, n’a pas toujours été tendre avec les militaires, « Sanogo n’est pas un épouvantail. Dans mon bateau, il n’y aura pas deux capitaines après la présidentielle », avertit l’ancien Premier ministre.

Tancé de tout part, le capitaine Sanogo aura bien de mal à faire un choix entre IBK et Soumaïla Cissé. Mais ne dit t-on pas que « de deux maux, faut-il choisir le moindre mal ». Quel pourrait être ce moindre mal pour un Sanogo qui doit bien trouver un point de chute après la présidentielle du 11 août prochain.

Jonas Saraka
Abidjan-Oeildafrique.com

Jonas Saraka

Jonas Saraka

KOUAKOU Kouamé Jonas alias Jonas SARAKA. Licence de Journalisme, DEUG II en Sciences économiques.


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