Procès de Gbagbo : Entre CPI et réconciliation

Procès de Gbagbo : Entre CPI et réconciliation

L’audience de confirmation des charges de la CPI contre l’ex-président Laurent Gbagbo a pris fin ce jeudi 28 fevirier à la Haye, laissant à nouveau planer le suspense sur sa prochaine cupabilité ou non, ou d’une liberation pûr et simple de celui-ci. A Yopougon,  notre équipe a pu vivre  le procès  au coeur de la bastion pro-Gbagbo.

 

Les rideaux à peine tombaux sur cette première phase du procès de Gbagbo qu’à Yopougon on se pose la question sur l’avenir de la réconciliation. La fermeture de la place CP1 depuis la marche interdite par les autorités à Yopougon témoigne de l’atmosphère délétère qui couve encore dans cette commune considérée comme un fief du FPI . Si la gare de taxi à proximité grouillait de monde les avis étaient partagés sur le déroulement de l’audience et la suite à donner à la réconciliation. Sur place on pouvait se rendre compte du fossé qui continue de séparer les pros-Gbagbo et pro-Ouattara. Moussa Karamoko, chauffeur de taxi voudrait que justice soit rendue pour les victimes et que Gbagbo soit poursuivi pour tous les crimes commis durant la crise postélectorale. Pour lui s’il avait laissé tranquillement le pouvoir à Allasane Ouattara tout cela ne serait pas arrivé et on aurait évité tous ces morts. Derrière la direction des impôts juste en face de la gare de taxi appelé communément « lavage » un groupe de jeunes entassé dans le salon d’une de ces résidences du quartier de la sicogi suit attentivement le procès sur une chaine de télé étrangère. Un à la porte fait le guet pour éviter toute surprise de la police car ils auraient appris qu’elle faisait le tour du quartier pour des questions de sécurité. Sans voile ils reconnaissent être des partisans de Laurent Gbagbo pour qui ils ont voté à la dernière élection “qui leur a été volé“.

 

Yohou C. dit être indigné devant cette “mascarade“ qui veut faire porter tout le chapeau à leur leader. “Ouattara parle de se réconcilier quand il fait juger Gbagbo par ses alliés occidentaux et garde les autres dirigeants pros-Gbagbo en prison. Comment peut-on se réconcilier dans ces conditions. Il n’y a plus de jeu démocratique mais un diktat du RHDP et des ex-rebelles qui nous imposent la réconciliation comme si c’était possible de cette façon-là“.

 

Tout au long de notre passage à Yopougon ce jeudi, dernier jour du procès de confirmation des charges contre l’ex-président Ivoirien très suivi à la télé, nous avons pu nous en apercevoir que le chemin de la réconciliation tant prônée par les autorités ne serait pas sans difficultés. Pour preuve de toutes les personnes interrogées il nous semble que les positions de part et d’autre demeurent les mêmes 2 ans après une crise qui a fait quelque 3000 morts.

 

Fulbert Koffi
Envoyé spécial CI/ODA

Twitter: @fulbertkoffi

Fulbert Koffi

Fulbert Koffi

Journaliste Oeil d'Afrique, basé à Abidjan (Côte d'Ivoire), spécialiste des dossiers politiques et sociaux culturels.


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