RD Congo/Rwanda : le loup sort enfin du bois

RD Congo/Rwanda : le loup sort enfin du bois

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Le président rwandais Paul Kagamé

Le président rwandais Paul Kagamé

Le vent commence enfin à éclaircir les ténébreux nuages ayant sans cesse masqué le visage du principal auteur de nombreux conflits armés qui déstabilisent la région du Kivu. En effet, depuis deux journées consécutives, des tirs à l’arme lourde retentissent à la frontière entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo. Il s’agit des premiers accrochages directs entre les FARDC[1]et les FRD[2].

La main du diable

Le gouvernement congolais, les organisations humaines, la société civile et les institutions onusiennes ont sans arrêt dénoncé la main manipulatrice du président rwandais, Paul Kagamé, dans la déstabilisation de la région du Kivu. Les éléments des forces de défense du Rwanda ont toujours opéré dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Ils l’ont fait officiellement à travers l’opération « Umoja wetu »[3] et, officieusement, par le biais de toutes les actions armées menées par CNDP[4], le M23[5] et d’autres milices hostiles au pouvoir en place à Kinshasa. Les marionnettes comme Laurent Nkunda, Bosco Ntaganda, Jules Mutebusi et tant d’autres ont chaque fois agi à la demande de l’homme fort de Kigali.

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La fin de l’alibi

La neutralisation des éléments du M23 par la Munusco et les FARDC devait en principe permettre la pacification de la région du Kivu. Encore faut-il enlever au Rwanda le seul alibi qui lui permet de s’ingérer dans les affaires intérieures congolaises, en vue de l’annexion d’une grande partie du Kivu. Effectivement, comme par hasard, l’affrontement direct entre les FARDC et les FRD se déroulent au moment où l’option a été prise de désarmer les éléments des FDRL[6]. Cette fois-ci, il n’est plus question de mener, contre les éléments des FDLR, des opérations semblables à « Kimia I et II »[7], ainsi qu’à « Amani leo »[8]. D’une part, leur rapatriement vers le Rwanda enlèvera tout prétexte à Paul Kagamé dans le soutien aux différents groupuscules armés qui sévissent dans le Kivu. D’autre part, le président rwandais sera contraint d’initier une réconciliation inter-rwandaise afin d’éviter une catastrophe humanitaire, qui risquerait d’aboutir à l’implosion de pays, sans pour autant empêcher la fin de son régime politique.

Les conséquences de cet affrontement

L’affrontement directe entre les forces armées congolaises et rwandaises confirme de facto les mauvaises intentions ayant toujours animé le président Paul Kagamé. Comment peut-on continuer à œuvrer dans les institutions régionales avec un voisin qui, pour mettre à exécution son agenda caché, viole sciemment les conclusions de l’accord-cadre d’Addis-Abeba ? Le pot-aux-roses étant maintenant découvert, on devra avoir le courage de mettre définitivement fin à l’hypocrisie qui est à l’origine du génocide congolais. Kinshasa devra tirer toutes les conséquences possibles, quant à la coopération diplomatique et aux échanges commerciaux entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

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[1] Forces armées de la République Démocratique du Congo.

[2] Les Forces rwandaises de défense.

[3] Une opération militaire conjointe entre les armées nationales rwandaises et congolaises

[4] Le Congrès national pour la défense du peuple, créé et dirigé par le criminel Laurent Nkunda. Après l’assigné de ce dernier à résidence à Kigali par le Rwanda en novembre 2008, Bosco Ntaganda, inculpé par la Cour pénale internationale (CPI), l’a remplacé et a accepté d’orienter le mouvement vers la paix. En mars 2009, le CNDP s’est converti en parti politique et 3 000 à 4 000 de ses combattants ont intégré l’armée congolaise.

[5] Le mouvement du 23 mars était un groupe créé suite à la guerre du Kivu. Il était composé d’anciens rebelles du CNDP qui avaient réintégré l’armée nationale congolaise à l’issue d’un accord de paix signé le 23 mars 2009 avec Kinshasa. Ils se sont ensuite mutinés en avril 2012.

[6] Forces démocratiques de libération du Rwanda représentent un groupe armé formé en 2000 en République Démocratique du Congo. Opposées au président Paul Kagamé ayant remplacé l’Armée de libération du Rwanda. Elles compteraient dans leurs rangs des responsables du génocide rwandais.

[7] Les opérations « Kimia I et II » avaient été menés avant l’année 2010 dans les provinces du Nord Kivu et du Sud-Kivu comme objectif la destruction de tous les sanctuaires » des FDLR, ces rebelles rwandais installés dans l’Est de la République Démocratique du Congo depuis 1994 et à qui l’attribution les exactions contre les populations congolaises ainsi que l’exploitation illégale des ressources naturelles de la région.

[8] L’opération « Amani leo », qui signifie en swahili « La paix aujourd’hui », visait notamment la traque des rebelles hutus rwandais en vue de leur éradication par des actions pointues menées par des unités conjointes FARDC-Monuc sur le terrain.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Analyste politique, auteur de nombreux ouvrages sur le socialisme et les relations Nord-Sud.


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8c ommentaires

Espace commentaire
  1. Africa Report
    Africa Report 14 juin, 2014, 12:33

    Monsieur Gaspard
    Avec tout le respect, mais votre article reprede la propagande militante de Mende. En tant que journaliste indépendant travaillant dans l’est du Congo, je peux vous assurer que le désarmement des FDLR est une histoire de propagande. Au moins 3 000 miliciens sont dans des camps militaires de fortune long de la frontière congolaise proche du Rwanda et bien armés. Le problème est que il y a des commandants de la FARDC avec eux … La population confirme. Son article est une copie exacte des mots de Monsieur Mende au détriment de l’information impartial. Tout respectant votre point de vue je vous prie de faire beaucoup d’attention au limite entre l’information neutre et cela du Radio Mille Collines 94. S’il vous plaît ne pas dépasser cette limite …
    Fulvio Beltrami
    Freelance Journaliste
    Goma, Nord Kivu, RDC.

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    • Norbert
      Norbert 14 juin, 2014, 17:07

      Les FDRL font le jeu aussi bien du gouvernement rwandais que du gouvernement congolais, selon les moments. L’allusion à la radio mille collines, chaque fois que le Rwanda est pris la main dans le sac, est un chantage ignoble qu’a toujours utilisé les pro-Kagamé. Il est inadmissible que les Congolais continuent à être des victimes à cause des problèmes qui tirent leur origine ailleurs. Je trouve que l’article de M. Lonsi Koko est judicieux, donc pertinent. Il dit la vérité, à sa façon peut-être. Mais c’est une part de vérité. Deux solutions s’imposent pour pacifier le KIvu : soit les FDLR rentrent au Rwanda (avec les plus de garanties possibles), soit on leur trouve une terre d’asile dans un autre pays que la RDC. C’est si simple que ça.

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  2. Robert Kisasa
    Robert Kisasa 14 juin, 2014, 16:42

    Bonjour Mr. Fulvio, journaliste indépendant ou pas la vérité est têtue. La vérité est que c’est Kagamé qui a armé l’AFDL, M23, Butelesi, Laurent Kunda, Bosco. C’est Kagamé qui est le commanditaire de la guerre et insécurité à l’Est de la RDC (pour élargir son pays). Les déclarations de notre ministre Mende et de Mr. Gaspard ne sont pas nouvelles. Elles sont connues de tous les congolais. Ne condamnes plus Mr. Gaspard SVP mais plutôt condamnons les actes barbares de Kagamé. Notre Ministre a le devoir et le droit de nous informer. Ces informations nous engagent (nous congolais).

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  3. john fety
    john fety 15 juin, 2014, 08:58

    hers freres,quand les journalistes sont aussi achetes pour detruire l’information pour le maintien des Dictaures en Afrique! L’ex president Lula a fait voir aux dictateurs et valets occidentaux au sommet de l »UA comment ils sont entrain de tuer le continent.Combien sont les journalistes Africains en ont fait large diffusion?

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  4. Norbert
    Norbert 15 juin, 2014, 09:53

    Le conflit du Congo : la vérité dévoilée
    http://www.youtube.com/watch?v=NMtgHzXZnIg#t=846

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  5. Job Simeon
    Job Simeon 16 juin, 2014, 08:56

    Fulvio Beltrami a tout à fait raison : je suis très étonné de lire une telle antenne de la part de monsieur Lonsi Koko. En tout cas, Lambert Mende a du souci à se faire, pour peu que Kanambe lise ce torchon. Car comment être aussi angélique ,sans mauvaise foi, alors que l’Humanité entière convient aujourd’hui que Kanambe est à la manœuvre avec son maître de Kigali en vue de la déstabilisation chronique de la RDC ?

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  6. Jean-Marie
    Jean-Marie 16 juin, 2014, 10:03

    Dans cet article, si j’ai bien compris, l’auteur explique très bien le rôle de Paul Kagamé dans la déstabilisation de la région du Kivu et conclut que le gouvernement doit, s’il est sincère, en tirer les conséquences diplomatiques et économiques au regard du Rwanda. C’est une subtilité langagière qu’ont très bien saisie les gens politiquement formés et les diplomates de haut rang. Après tout, sur le plan politique et diplomatique, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. A la lecture de l’article de M. Lonsi Koko, l’espoir perdu renaît en moi. Je réalise que la RDC a des enfants capables de cerner la situation et la décrire de manière la plus intelligible possible. Libre aux lecteurs d’en saisir la portée et d’agir, ou de réagir, à bon escient. Chapeau à l’auteur.

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  7. Muabila jr
    Muabila jr 19 juin, 2014, 02:02

    Chers congolais l’important n’est pas les tendances politiques dans cette histoire où nos freres et soeurs tombent chaque jours que kabila,Fdlr soient des meches avec kagame oy non,il est temps pour nous congolais de decider que cette humiliation prenne fin si notre gouvrnement continu à parler sans agir prenons nous memes les choses à main et chassons tout enemis que ça soit les fdlr ou les marionnettes de cet abrouti de kagame hors de notre beau et cher pays,ça suffit que fdlr rentre chez eux pour traiter leurs problemes entre eux les sauvages,les congolais ne sont pas des sauvages,on en a marre

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