RDC: Danse avec l’UDPS, lorsque la fille aînée l’opposition s’emmêle des pinceaux

RDC: Danse avec l’UDPS, lorsque la fille aînée l’opposition s’emmêle des pinceaux

En politique, s’il y a bien un parti qui réussi le tour de force de réunir puis de diviser ses sympathisants en un temps record, c’est bien l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) de monsieur Etienne Tshisekedi.

En effet, l’UDPS n’est nullement un parti comme les autres, il nourri l’espoir d’un peuple, de vivre un jour cette démocratie tant attendu depuis la conférence nationale souveraine de 1990. Son leader, Etienne Tshisekedi fait figure de celui qui a osé en premier dire non à l’ancien président du Zaïre, le maréchal Mobutu Sese Seko. Une succession d’arrestations et de combats plus ou moins gagnés ont conduit l’UDPS à porter lors des élections présidentielles et législatives de novembre 2011, cette lueur d’espoir claironnée par un slogan de campagne qui avait fait mouche. « Pour un Etat de droit ».

L’Etat de droit ne sera finalement pas installé. Des élections émaillées d’irrégularités et d’incidents  finiront par permettre aux sortants et organisateurs de rester aux commandes de la nation congolaise.  Le parti de l’homme fort de Limete (quartier du siège de l’UDPS) va alors se perdre dans des pas de danse qu’il est le seul à exécuter avec talent dans l’univers politique. « Nous avons gagné les élections et Mr Tshisekedi est le nouveau président de la république » déclarent les updsiens. La CENI (commission électorale nationale indépendante) en dit le contraire et demande comme contestation il y a, de présenter les PV pouvant prouver le contraire. La réponse de Limete ne tarda pas, « Nous avons nos «  pv (procès verbeaux) » et toute les conditions sont remplies pour prouver la victoire de notre candidat  qui est désormais le « président élu » ». Pris dans le tourbillon de la valse des contestations des résultats officiels, le parti n’ira pas devant la cour suprême de justice et ne présentera pas non plus les fameux « PV » qui devaient prouver la victoire de l’homme de Limete et contrecarrer la publication des résultats par le président de la CENI, Ngoy Mulunda.

Les esprits s’échauffent

Etienne Tshisekedi prête serment devant ses fideles et Joseph Kabila devant ses partisans dans une caserne sous haute protection. De ce fait le pays se retrouve à l’instar de la Côte d’ivoire avec deux présidents. Le président « élu », Etienne Tshisekedi annule les élections législatives et  interdit aux membres du parti, devenus députés de siéger au parlement.  A là question de savoir pourquoi ne pas annuler également les présidentielles et tout recommencer, un silence  d’or au sein de l’UDPS, en guise de réponse.

Thimothée Kombo, âgé de 75 ans, membre de l’UDPS et doyens des nouveaux parlementaires accepte de diriger provisoirement l’assemblée nationale jusqu’à la proclamation définive du bureau. D’autres députes vos suivre dans ce sens et se verront exclus du parti.

Les multiples sorties médiatique de l’homme fort de Limete n’aident pas les fideles à comprendre la ligne politique de la maison UDPS. On leur avait promis un « mot d’ordre » en cas de vole de la victoire électorale. Ils sont toujours dans l’attente d’un signe du « président élu ». Tout comme lors de l’organisation du sommet de la francophonie à Kinshasa, aucune communication de la part de ce grand parti congolais qui a brillé par son silence. Reçu en marge du sommet par le président français, François hollande, Etienne Tshisekedi va encore une fois de plus surprendre ses partisans en déclarant : « le Congo n’est pas attaqué ». Par cette déclaration Mr Tshisekedi met à mal les arguments et analyses des experts des nations unis qui eux dénoncent la déstabilisation de la RDC par ces voisins dont le Rwanda et l’Ouganda.

La goûte d’eau qui fait déborder le vase, c’est une déclaration officielle de l’UDPS signée par Mr Joseph Kapika, secrétaire du parti. Alors que la RDCongo vient de revivre avec la chute de Goma, les échecs de son armée face aux « rebelles » rwandais du M23, une publication disponible sur le site officiel de l’UDPS, vient définitivement porer le coup de grâce à la coalition des mouvements résistants congolais, tous supporteurs de Tshisekedi. Dès le premier paragraphe de la mise au point du parti, on peu comprendre la frustration de certain lorsqu’on lit ce qui suit. « L’UDPS salue la multiplication des sommets « Addis Abeba, Kampala, New York et Dar-es-Salem » en vue de mettre fin aux affrontements entre les FARDC et M23 ».
Un étincelle qui a fini par soulever des propos tribalistes, de la rancœur enfuit chez les uns et les autres. Du côté de la diaspora, les langues se délient et ceux dont ce n’est pas le métier vont oser s’attaquer au « président élu ». Une nouvelle fois, la diaspora visible montre par sa spécialité, la production vidéo, une méconnaissance de l’action politique.

Le mal avec les dirigeants de l’UDPS est leur manque de maîtrise de la science de la communication. A force de toujours vouloir prendre à contre pied leurs adversaires, ils réussissent à faire perdre le rythme à l’ensemble des sympathisants du parti. Loin, dans leur bureau de Limete, ils ne s’imagine pas que dans les rues de Paris et de Bruxelles, les congolais anti et pro Tshisekedi en viennent aux mains. L’omerta est ordonné sur la personne du vieux de Limete.

La jeunesse congolaise inquiète par son fanatisme, incapable de prendre le flambeau de ses aînés afin de réussir à tourner ensemble la page post-colonisation. Faire de Mr Tshisekedi, la seule solution de l’établissement de l’Etat de droit est une faute lourde.

Roger Musandji

Roger Musandji

Roger Musandji

Fondateur de RM COMMUNICATION, société éditrice d'Oeil d'Afrique.



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