RDC: Dix ministres sur des chaises éjectables

RDC: Dix ministres sur des chaises éjectables
Ministres

Le prémier ministre de la RDC, Matata Ponyo

La réévaluation de l’accord du 23 mars pourrait aboutir à une refonte de la charpente gouvernementale consécutive à l’intrusion de quelques têtes couronnées de la rébellion.

La question sécuritaire à l’est du pays avec, en toile de fond, la prise de Goma par les rebelles du M23, aura certainement eu des répercussions au niveau des institutions de la Répu­blique où des poches d’infiltration ont été mises à découvert. En ordonnant une enquête judiciaire à l’encontre du général Gabriel Amisi qu’un rapport de l’ONU avait cité comme pour­voyeur en armes des forces négatives opérant à l’Est, Joseph Kabila a donné là un signal fort quant à sa volonté d’assainir l’armée nationale. Ce geste a jeté l’émoi dans les rangs des offi­ciers supérieurs affairistes dont beau­coup tentent aujourd’hui de se discul­per. Le chef de l’État qui n’entend pas s’arrêter en si bon chemin est disposé à tirer toutes les conséquences au ni­veau de la chaîne de commandement de l’armée nationale tout en ayant un œil rivé sur le reste des institutions du pays gangrenées, elles aussi, par ceux qu’une certaine opinion qualifie, d’ores et déjà, de « taupes à la solde d’intérêts étrangers ».

Concernant le gouvernement, de plus en plus des voix réclament un recentrage de son action pour plus d’efficacité. Ce qui, en termes clairs, repose la problématique de sa re­composition avec, à la clé, un pro­bable changement d’hommes au ni­veau de quelques ministères-clés en rapport étroit avec la guerre de l’Est. L’occupation éclair de Goma par la rébellion du M23 aura été le facteur détonateur ayant réactivé l’option d’un réaménagement gou­vernemental pour plus de cohésion et d’engagement dans la lutte contre l’agresseur. À cela s’ajoutent les revendications des rebelles du M23 devant faire l’objet des pro­chaines négociations avec le gou­vernement avec, en toile de fond, la réévaluation de l’accord du 23 mars 2009.

Au-delà de l’intégration de ses éléments dans la police et ses unités

dans l’armée nationale, le M23 qui s’est déjà doté d’une structure po­litique pense trouver gain de cause dans ces pourparlers en scrutant des voies strictement po­litiques devant le conduire à parti­ciper dans la vie politique en re­mettant notamment en cause la gouvernance actuelle. Eu égard aux derniers développements, il serait sur la bonne voie. Certaines sources font état de l’entrée pro­bable de quelques chefs rebelles au gouvernement avec, pour conséquence, la refonte de sa structure. D’autres indiscrétions recueillies en haut lieu précisent que dix ministres actuels pour­raient rendre le tablier afin de dis­ponibiliser d’espace à cette fin et ainsi satisfaire à une revendica­tion qui n’est plus qu’un secret de polichinelle. Outre les ministères de la Souveraineté, les porte­feuilles des Affaires sociales et ac­tions humanitaires, de la Justice, de la Fonction publique et autres pourraient éventuellement changer de main, révèlent des sources.

Avec ou sans Matata ?

Plusieurs ONG sont montées au cré­neau pour réclamer un remanie­ment du gouvernement Matata Po­nyo dont l’action dans la conduite de la guerre est jugée inefficace. L’accompagnement des efforts di­plomatiques déployés à l’échelle in­ternationale battrait de l’aile au ni­veau interne où l’on semble subir les événements plutôt que d’y réserver une réplique à la hauteur des en­jeux, estime une certaine opinion. Le déficit de réactivité déploré face aux offensives de Kigali s’assimile­rait, d’après certains, à une absence d’ancrage sociologique de l’équipe Matata dans une société qu’elle n’ar­rive pas à mobiliser contre l’ennemi. Un gouvernement d’ouverture où la société civile et l’opposition, la vraie, auraient droit de cité est donc requis afin de sceller l’unité de cœur et d’esprit dans la perspective d’une modification de la donne sécuritaire à l’Est. Plus que jamais, la recons­truction des piliers fondamentaux de l’État dont l’autorité a été long­temps sapée notamment dans le Nord et le Sud-Kivu devra se cristal­liser autour de vrais patriotes enga­gés dans le processus de régénéres­cence du pays en termes de dignité, les technocrates ayant montré leurs limites. Sans avoir démérité sur le volet du maintien des indicateurs au vert, l’équipe Matata I devrait ren­dre le tablier. Car seule l’embellie économique ne suffit pas pour redo­rer le blason terni de la RDC. La ren­contre entre le chef de l’État et les députés membres des groupes par­lementaires de la majorité présiden­tielle jeudi à la Cité de l’Union afri­caine axée sur l’enjeu sécuritaire à l’Est est perçue comme le premier acte d’un processus prémonitoire au chambardement attendu dans la sphère gouvernementale. Avec ou sans Matata Ponyo à sa tête, le pro­chain gouvernement attendu d’ici janvier 2013 aura à cœur, de rendre aux Congolais leur dignité bafouée sur l’autel des compromissions.

Alain Diasso


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1 commentaire

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  1. PAPY ELOKO ILUKU
    PAPY ELOKO ILUKU 3 décembre, 2012, 12:48

    mende aussi doit partir car trop de bêtises et de n’importe quoi.un ministre dépourvu de tout respect alors qu’il se fait appeler excellence?non,pas un menteur et comédien comme mende au gouvernement respectable et crédible!nous sollicitons la dissolution de toutes les institutions issues de la fraude électorale de nkoy kuluna.nous attendons un gouvernement de large union nationale,un parlement de consensus composés ds partis politique de l’opposition hors institution,de l’opposition armée,de nous de la diaspora,du fameux gouvernement des fraudeurs d’élections,envie d’une organisation rapide d’autres élections crédibles d’ici 1 ans sous la supervision de la France,G.b et usa ainsi que l’union africaine

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