RDC: ÉtienneTshisekedi de plus en plus isolé

RDC: ÉtienneTshisekedi de plus en plus isolé

La participation des élus de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) à l’Assemblée nationale n’entamera pas son ancrage sur le plan national, estime-t-on du côté de la 12e rue Limeté.

L’opposition pro-tshisekediste, avec toute la constellation des groupuscules qui gravitent autour d’elle, traverse ces derniers temps une zone de turbulence avec des divergences liées à sa participation ou non aux institutions issues des élections du 28 novembre 2011. Après plusieurs tergiversations et face au danger que représentait leur invalidation du fait des absences accumulées, les députés issus de la plate-forme Dynamique Tshisekedi président et d’autres réunis en conclave du 5 au 14 mars, dans la commune de Ngiri-Ngiri, à Kinshasa, ont finalement pris l’option de participer aux travaux de l’Assemblée nationale. Parmi eux, des députés de l’UDPS ayant choisi de marcher à contre-courant de l’idéal politique incarné par leur chef de file.Une démarche plutôtmal digérée parles instances dirigeantes du parti. « On ne peut pas siéger au Palais du peuple au même moment qu’on reconnaît la victoire
du leader de l’UDPS à la dernière élection présidentielle », fait observer Valentin Mubake, conseiller politique d’Étienne Tshisekedi.

Selon ce dernier, il estinadmissible que les députés ayant été élus sous le label UDPS siègent à l’hémicycle pendant que leurleader, dontils se sont servis de l’aura pour être élus, continue de récuser les résultats des élections législatives. Il relativise cependant la démarche des « députés rebelles » qui, selon lui, n’affectera en rien l’évolution de l’UDPS qui continue d’être un parti de masse. « L’expulsion de 42 députés lus de l’UDPS qui siègent au Palais du peuple contre la vision de la hiérarchie n’entamera pas l’ancrage de notre parti sur le plan national », a-t-il assuré. Pour les députés incriminés, leur participation aux travaux de l’Assemblée nationale ne vise qu’à rétablirla vérité des urnes, à garantir le bon déroulement de la suite du processus électoral et à obtenir la démission sans condition du bureau de la Commission électorale nationale indépendante ainsi que sa profonde restructuration. « La politique de la chaise vide n’a jamais payé », soutiennent-ils.

Dans le pré-carré d’ÉtienneTshisekedi, il ne reste plus que quelques fidèles lieutenants parmi lesquels le président de la Démocratie chrétienne, Eugène Diomi Ndongala. Après avoir refusé d’occuper son siège au Palais du peuple pour répondre à l’appel de boycott lancé par le leader de l’UDPS, ce cadre de l’opposition continue de prôner l’ouverture des pourparlers directs entre Joseph Kabila et Étienne Tshisekedi sous la médiation d’une personnalité indépendante bénéficiant de la confiance des deux leaders comme une des pistes de sortie de crise. Au cas contraire, dit-il, il n’est pas exclu qu’Étienne Tshisekedi décide de dédoublerl’institution gouvernementale en nommant « son » propre Premier ministre.

Alain Diasso
Les dépêches de Brazzaville



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