RDC : FARDC face à la milice de Kamuina Nsapu la vidéo qui créée la polémique

[GARD align= »center »]

Capture d'écran de la vidéo où l'on voit des hommes en uniformes de l'armée congolaise tirer sur des civils. © Capture d'écran

Capture d’écran de la vidéo où l’on voit des hommes en uniformes de l’armée congolaise tirer sur des civils. © Capture d’écran

Depuis l’avènement des réseaux sociaux et sa popularité en République Démocratique du Congo, il ne se passe pas une semaine sans un nouveau scandale. Cette fois l’émoi vient d’une vidéo montrant des militaires des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) en zone de combat.

Dans une vidéo datée du 26 décembre 2016, des hommes armés, portant l’uniforme des FARDC en opération de rétablissement de l’ordre publique dans la région du Kasai, s’adonnent à l’élimination de civils habillés en combattants spirituels. Les âmes sensibles ne peuvent supporter ces 7,15 minutes d’atrocités qui vont de nouveau ternir l’image d’une armée plusieurs fois accusées d’exactions.

A l’heure de la téléréalité, ces hommes en uniforme des FARDC plongent les webspectateurs dans une réalité macabre narrait par un homme fier de jouer au « Tarantino congolais ». Il cite même plusieurs noms de « majors » et de certains de ses compagnons qu’il ne semble pas tous connaître. A la fin de la vidéo, il répète ces mots : « La force restera toujours à la loi ».

Les victimes

Vêtus de bandeau rouge au tour de la tête comme les membres de la milice du chef coutumier Kamuina Nsapu, ce groupe d’une dizaine de personnes ont connu la mort en chantant. Des femmes, des hommes sous l’emprise d’un leader tué en aout 2016 par les FARDC.

Kamuina Nsapu, de son vrai nom, Jean-Pierre Pandi, qui a lui-même hérité du trône à la mort de son père. Une chefferie traditionnelle comme beaucoup d’autres au Kasaï, où elles ont un pouvoir important, sauf que le mouvement s’était radicalisé ces derniers mois.

Kamuina Nsapu réclamait que son autorité soit reconnue par Kinshasa. Depuis 2015, une loi donne un statut et même un salaire à ces chefs traditionnels. Une situation qui a créé toute une série de conflits coutumiers avec des chefs adoubés par le pouvoir et d’autres non.

« Maintenant, le chef coutumier devenu fonctionnaire de l’Etat, il est payé. Alors ceux qui ont des allégeances avec les responsables ont les met sur la liste et à la fin du mois, ils ont un salaire. Vous avez des chefs acceptés et reconnus par la population, d’autres sont des chefs « fabriqués » et c’est une source de conflit aussi et d’inféodation du pouvoir coutumier. » avait expliqué Anaclet Tshimbalanga à RFI.  

Un montage

A Kinshasa, la vidéo produit également son effet. Pour les autorités de la RDC, il ne s’agit ni plus ni moins qu’un « montage » initié par des opposants en exile. Répondant au site congolais, Actualite.cd, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende dénonce ceux qui seraient à l’origine de la vidéo.

« C’est une vidéo montée par les pourfendeurs du gouvernement. Nous avons pu les identifier grâce à la collaboration avec nos amis en Belgique. C’est un certain Richard Mudoza Muzembe qui habite à Bruxelles. Il est proche de Paul Nsapu et de Moïse Katumbi. Il y a eu effectivement des excès de la part des éléments des FARDC dans cette opération qui a néanmoins permis de sauvegarder la sécurité dans la ville de Mbuji-mayi. Et le gouvernement ne les a pas encouragés. Ces excès ont été pris en charge par la justice militaire. Celle-ci a déjà procédé à des arrestations de certains militaires. Il y a un Major, un commandant du pelletons, son adjoint et quelques éléments des Forces qui sont actuellement devant la justice militaire en Mbuji-mayi pour répondre de ces excès-là. »

Vengeance

Depuis la mort de leur leader, la milice de Kamuina Nsapu n’a cessé de s’attaquer aux forces armées congolaises. Plusieurs soldats congolais ont connu la mort face à ce que le gouvernement central appelle des « terroristes ».

Selon certaines indiscrétions, les FARDC avaient décidé de répondre à ces affronts qui remettaient en question leur autorité. Cette vidéo serait alors le simple témoignage d’une armée excédée et désireuse de mettre un terme aux agressions venant d’un groupe « terroriste ».

Roger Musandji Nzanza

Roger Musandji

Roger Musandji

Fondateur de RM COMMUNICATION, société éditrice d'Oeil d'Afrique.


Tags assigned to this article:
fardcLambert MendeNsapuRDC

[GARD align="center"] [themoneytizer id=9411-16]

Related Articles

RDC: reprise probable des hostilités après la reddition de Ntaganda

À Bunagana, le fief du M23, le moral des troupes de Makenga est désormais au plus haut. Débarrassés de Bosco

RDC: 300 policiers pour sécuriser la ville de Goma

Près 300 policiers de République démocratique du Congo (RDC) sont arrivés vendredi matin dans Goma (est) pour sécuriser la ville

Mali: les partisans du chef putschiste Sanogo le désignent président de la transition

BAMAKO – Les partisans du capitaine malien Amadou Haya Sanogo, auteur du coup d’Etat du 22 mars ayant renversé le

Aucun commentaire

Espace commentaire
Aucun commentaire Soyez le premier à répondre à ce commentaire

Espace commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié
Required fields are marked*