RDC: Félix Tshisekedi va-t-il céder à la tentation de la primature?

Félix Tshisekedi lors de la signature de l'accord politique conclu le 31 décembre à Kinshasa, République démocratique du Congo. © John Bompengo/AP/SIPA

Félix Tshisekedi lors de la signature de l’accord politique conclu le 31 décembre à Kinshasa, République démocratique du Congo. © John Bompengo/AP/SIPA

Lorsque Corneille Nangaa, le président de la CENI, affirme sur Africa 24 qu’ à la signature de l’accord du 31 décembre, tous les acteurs politiques présents savaient qu’il allait être difficile d’organiser les trois scrutins en une seule séquence, il ne ment pas; lorsqu’il déclare sur la même chaîne que la date de l’organisation des élections a été fixée « en fonction des ingrédients politiques », il ne raconte pas des sornettes non plus.

En effet, tous les participants au dialogue piloté par la CENCO savaient que les élections n’allaient pas avoir lieu en décembre. Si du côté du pouvoir, on était prêt à tout, y compris faire des beaux yeux à l’opposition pour obtenir le glissement, du côté du RASSOP, on a joué le jeu parce qu’on était certain d’arracher la primature. Or c’était sans compter avec le pouvoir qui n’avait pas encore dévoiler toutes ses cartes. Dans cette affaire, la Kabilie, qui fait face à de fortes pressions extérieures, mise sur le RASSOP pour arriver à ses fins. Le glissement n’est que la première étape d’une stratégie qui devrait aboutir à la pérennisation du pouvoir kabiliste. Tout le débat — et l’agitation — entourant l’organisation des élections avant la fin de l’année est un leurre, un épais écran de fumée destiné à endormir les Congolais; les enjeux sont ailleurs et le RASSOP en est conscient.

Dans certaines chancelleries occidentales, le « double-jeu » du Rassemblement a surpris. Les plus déçus dans l’histoire, ce sont les Américains. Un responsable de l’administration Obama devait confier : « Nous avons marché avec l’opposition congolaise pendant des semaines et des mois, et à la fin, nous nous sommes aperçus que nous faisions du sur place ». Il y a quelques mois, un diplomate européen n’avait pas manqué de faire observer que «Kabila connaît son opposition mieux que la plupart des ambassadeurs qui font pression sur lui ».

Du côté du pouvoir en tout cas, on avance lentement mais surement. Après avoir réussi à obtenir le glissement et à diviser l’opposition, la Kabilie compte désormais mettre en branle la troisième phase de son plan qui consiste à confier la primature à Félix Tshilombo. Le fils Tshisekedi va-t-il céder à la tentation? Au sein du RASSOP, certains estiment que OUI, au nom du respect de l’accord de la Saint-Sylvestre. À Kingakati, on est tenté de se frotter les mains, mais on attend… sourire en coin…

Patrick Mbeko

Patrick Mbeko

Patrick Mbeko

L'analyste des questions géopolitiques.


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