RDC: Fin ou prolongation des négociations de Kampala ?

RDC: Fin ou prolongation des négociations de Kampala ?

Est-ce la fin, ou le début d’un autre dialogue à Kampala ? Plusieurs observateurs attendaient avec impatience ce jour apocalyptique afin de déterminer, et d’évaluer les résultats de Kampala

Selon certains délégués du gouvernement au dialogue de Kampala la date du 15 Mars 2013 est un mythe provoqué par les médias. Si le président Joseph Kabila avait donné cette date comme limite des travaux du dialogue et que l’accord cadre de Addis-Abeba en avait appelé pour un accord à trouver entre le gouvernement Congolais et les rebelles du M23, le sens de ces avertissements était plus des souhaits que des « ultimatum ».

QUI VA SIGNER POUR LE M23 ?

Il faut cependant remarquer que depuis quatre jours, le Speke Resort Commonwealth ou le facilitateur Crispus Kiyonga a un bureau de consultation des délégués, les allés et venus ont repris après un mois de calme. Le ministre Ougandais de la défense a reçu les deux tendances du M23 mardi et mercredi avant de continuer avec les discussions avec le chef des experts du gouvernement congolais l’Abbé Apollinaire Malumalu jusque tard dans la soirée. Au sortir de ces audiences qui semblaient être préliminaires d’un éventuel accord de Kampala, Le M23 des pro-Makenga a trouvé qu’il faut continuer avec les consultations. Le chef de la délégation René Abandi a dit jeudi qu’il y a encore, sans être plus précis, certains points à débattre. Un jour avant lui c’est le chef de la délégation du M23 des pro-Ntaganda qui trouvait que le facilitateur ne doit pas suivre le rythme du conflit interne dans le mouvement rebelle. Pour Francois Ruchogoza c’est sa signature qui compte puisque depuis le début du dialogue en Décembre 2012, la facilitation n’a jamais eu un autre nom du M23 que lui. Jeudi matin, c’est un autre son de cloche qui tombe. Bertrand Bisimwa, le président de l’aile Makenda prévient que l’on ne doit pas signer avec un autre M23 que le sien. Pour lui François Ruchogoza ne représente plus rien car si il n’est pas à Kibumba avec Jean-Marie Runiga c’est parce qu’il n’a pas trouvé de voie de sortie, le Rwanda étant opposé que les rebelles qui sont à Kampala ne passent sur son territoire. Bref, du côté des M23, c’est une guerre rangée pour savoir qui pourra signer sur le papier d’un éventuel accord de Kampala.

LE GOUVERNEMENT ATTEND

L’ordre de quitter Kampala semble être venu pour une consultation. Les délégués de Kinshasa sont sereins et prêts à toute éventualité. Un projet d’accord de Kampala avait bel et bien était proposé à la hiérarchie mais qui avait filtré jusque dans les médias. Ce n’était qu’un « avant-projet » précise un membre qui trouve que la presse avait floué le monde par précipitation du scoop. Le vrai texte reste secret et doit parvenir à Kampala. L’intégration des rebelles au sein de l’armée serait maintenant alternée par un control systématique du « cas par cas ». Pour attendre la fin des travaux il y a une marge à atteindre. Certains délégués trouvent que le facilitateur ne doit pas attendre que les rebelles qualifiés de « terroristes » s’entendent pour convoquer une plénière finale. D’autres considèrent que travailler dans la précipitation avec en tête la date butoir du 15 Mars 2013 c’est jouer le jeu de certains qui ne jurent que sur l’échec de Kampala. La troisième tendance est celle qui attend que les rebelles désarment et qu’ils soient considérés comme candidats à la réintégration sociale, politique et même militaire. En attendant aucune déclaration officielle n’a été prévue pour éclaircir l’opinion sur le mythe du 15 Mars 2013 à Kampala.

LE FACILITATEUR AURA LE DERNIER MOT

Selon un membre de la Conférence Internationale sur la Région des Grands-Lacs (CIRGL), il était prévu un point de presse du facilitateur. Depuis trois jours son bureau n’a pas encore convoqué les journalistes. Seul Crispus Kiyonga, sera à mesure de dire si le gouvernement congolais lui a transmis la dernière version de l’accord qu’il doit présenter aux rebelles pour être signé. Il faut encore préciser que seul le président Yoweri Museveni a l’imperium des conclusions, étant le président de la CIRGL. Au-delà des analyses et des supputations, le silence des décideurs snobe les intentions de ceux qui ont fait du 15 MARS 2013 une date rouge du dialogue de Kampala pendant que ce silence peut tout dire dans le sens d‘ignorer les ineptes ou d’acquiescer ses propres limites à cause du flou de la guerre interne au M23 qu’on veut arrêter sans l’espoir d’y parvenir.

Mwanza Kasongo
Goma / Oeil d’Afrique


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