RDC : Hollande, Ayrault et maintenant Sarkozy. La France intensifie sa pression

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François Hollande et Nicolas Sarkozy à l'Elysée, le 15 novembre 2015

François Hollande et Nicolas Sarkozy à l’Elysée, le 15 novembre 2015|©DR

Décidemment la situation politique actuelle en République Démocratique du Congo préoccupe au plus haut point les autorités françaises. Et le moins que l’on puisse dire, la pression va crescendo.

François Hollande, Jean-Marc Ayrault, et maintenant Nicolas Sarkozy. Ces dernières semaines, tous ont eu un point commun dans leur discours au sujet de la RDC : cet appel incessant au Président congolais, Joseph Kabila de respecter la constitution et quitter le pouvoir à la fin officielle de sa série des mandats.

Le premier à allumer la mèche, c’était bien entendu François Hollande. Le mardi 20 septembre dernier lors de son discours à l’occasion de la 71ème session de l’Assemblée générale de l’ONU, le Chef de l’Etat français a évoqué la situation en RDC au lendemain des fameux incidents sanglants du 19 et 20 septembre à Kinshasa. « Il s’est produit des violences en République démocratique du Congo qui sont inadmissibles, insupportables », a-t-il dit avant d’expédier une petite pique à Joseph Kabila : « La constitution doit être respectée, des élections doivent avoir lieu » et de rappeler ouvertement que déjà en 2012, il le lui avait signifié.

Jean-Marc Ayrault a pris le relais.

Ça y est. Hollande a publiquement exprimé la position de son pays. Une position que rappelle quelques semaines après son ministre des Affaires étrangères, JM. Ayrault. Invité du Journal de la chaîne de Télévision TV5 Monde, le diplomate français martèle : « Il faut absolument que la Constitution soit respectée, qu’une date soit fixée pour les élections et que le dialogue national qui a été engagé ait vraiment lieu. (…) Quant à M. Kabila, il n’a pas le droit de se représenter, c’est la Constitution. Donc il faut qu’il donne l’exemple. »

Et maintenant Nicolas Sarkozy !

Et comme si cela ne suffisait pas, une autre personnalité de l’Hexagone monte au créneau. C’est Nicolas Sarkozy. Pour une des rares fois, l’ancien président français soutient l’avis de son successeur.

Réagissant à l’annonce du report des élections en RDC, Sarko laisse également ses propos piquants. Dans une interview accordée à RFI, il n’hésite pas à comparer la situation congolais à celle qui s’est passée au Burkina Faso, estimant que c’est anormal de repousser les élections.

 « Excusez-moi ! Ce qui se passe en République démocratique du Congo n’est pas admissible. C’est ce qui s’est passé au Niger avec le Président Tandja. C’est ce qui s’est passé au Burkina-Faso avec le Président Compaoré. Il y a une Constitution. Que chacun respecte la constitution ! Il se trouve que le président Kabila a fait deux mandats et que la Constitution prévoit qu’il ne peut pas en faire un troisième. Il ne prend même pas la peine de modifier la Constitution. Il repousse simplement la date des élections. Ce que personne ne peut considérer comme normal.»

Des pressions à la chaine, toutes dans le seul et unique objectif de pousser Kabila à ne pas franchir la ligne rouge. Visiblement, la France ne semble pas partie pour lâcher l’affaire. En témoigne sa volonté d’étendre la pression jusqu’au niveau de l’Union Européenne. Le 04 octobre, elle a déjà appelé l’Union européenne à « utiliser tous les moyens », y compris des sanctions, pour empêcher une dégradation de la situation politique en République démocratique du Congo.

Puisque sa légendaire influence produit toujours des effets, la démarche s’est également exportée vers la Belgique. Et dire que c’est dans un état souverain qu’elle donne ses invectives. Ingérence, immixtion étrangère, néo impérialisme ? la question est posée.

Freddy Mulumba

© OEIL D’AFRIQUE

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Freddy Mulumba

Freddy Mulumba

Journaliste basé à Kinshasa, République Démocratique du Congo


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