RDC : « Joseph Kabila n’est pas un homme de parole » dit Freddy Kita

Freddy Kita vs Joseph Kabila

Freddy Kita, Secrétaire Général Démocratie Chrétienne.

Le président congolais Joseph Kabila a lancé des consultations tous azimuts en vue d’un dialogue politique aux contours encore flous et rejeté par une partie de l’opposition qui y voit un stratagème pour permettre au chef de l’Etat de rester au pouvoir illégalement. Freddy Kita, sécrétaire général de la Démocratie Chrétienne a répondu aux questions de Oeil d’Afrique.

Oeil d’Afrique: Pourquoi rejetez-vous l’idée d’une participation au dialogue national ?

Freddy Kita: Nous ne pouvons pas aller dialoguer avec une personne qui emprisonne les nôtres. Notre président Mr Diomi Ndongala est en prison suite à des accusations montées de toutes pièces. Son arrestation est aussi une forme de punition puisqu’il avait refusé de reconnaitre Joseph Kabila comme Président de la République. Les autres collègues comme Jean-Claude Muyambu, Jean-Bertrand Ewanga (membre de l’UNC de monsieur Kamerhe), Zando Moyindo sont également en prison sans raisons. Trouvez-vous normal qu’une personne qui dirige la nation comme un bon dictateur puisse convoquer un dialogue national?

Un dialogue aurait été acceptable en 2012 juste après les élections présidentielles et la crise politique qui a suivi. Aujourd’hui nous sommes à un peu plus d’un an avant la fin du mandat de monsieur Joseph Kabila. Nous exigeons le respect de la constitution qui ne lui permet pas de briguer un troisième mandat. Voila pourquoi nous, à la Démocratie Chrétienne nous refusons ce dialogue national.

Mais, monsieur Etienne Tshisekedi et son parti l’UDPS sont pour le dialogue avec Kabila.

L’UDPS n’a pas le monopole de l’opposition. L’UDPS n’a pas le monopole du soutien populaire. Ce parti est comptabilisé dans les rangs de l’opposition comme l’UNC de Vital Kamerhe, Ecidé de Martin Fayulu et notre parti Démocratie Chrétienne. L’UDPS a sa vision et son projet de société. Cela n’est pas une obligation pour l’opposition de suivre une feuille de route proposé par l’UDPS. Les propositions de l’UDPS n’engage que ce parti.

Votre parti avait soutenu le candidat Tshisekedi durant les élections de 2011. Aujourd’hui, vous parlez de difference entre vos projets de société. N’est-ce pas là une division de l’opposition qui est à mettre aux crédit de Joseph Kabila?

Nous ne pouvons accepter que Mr Kabila convoque un dialogue national alors que nous le considérons comme le principal problème de la crise politique que connait notre pays. N’oublier pas que Mr Kabila avait triché aux élections de 2006 et de 2011. Et l’UDPS qui avait exigé l’impérium devrait s’en souvenir. Tout comme, ils doivent se souvenir que notre président Diomi Ndongala est en prison parce qu’il avait refusé de reconnaitre la victoire de Joseph Kabila face à Etienne Tshisekedi. 

Pensez-vous que ce dialogue est la dernière carte de la majorité présidentielle pour réussir le glissement ?

C’est une évidence qu’il y a un risque de glissement. Vous savez, Joseph Kabila n’est pas un homme de parole. Nous en pouvons lui faire confiance. En 2013 avec la convocation les concertations nationales monsieur Kabila a violé l’accord cadre d’Addis Abeba. Lorsque les concertateurs ont réalisé plus de 700 recommandations. Joseph Kabila n’a pas réalisé la moitié de ce qui a été retenue. Lui, préfère libérer les jeunes de la rue appelés kuluna et laisser mourrir les prisonniers politiques avec les tentatives d’empoisonnements comme celle dont a été Diomi Ndongala. 

Nous sommes coutumiers du non respect des engagements par Kabila. L’accord de Goma, « Amini Leo » n’a jamais été respecté. Il préfère accepter les accords signés avec des groupes rebelles comme les M23 qui ont quasiment tous été graciés. Mais refuser en 2012, l’idée d’un dialogue avec l’opposition politique non armée.

Vous savez et je tiens à ce que vous ne coupiez pas mes propos lors de la retranscription de notre entretien. Moi, Freddy Kita, j’accuse monsieur Kabila de haute trahison. Comment un Président de la République peut se livrer à la création de milices pour déstabiliser le pays afin de se maintenir au pouvoir?

Pourtant vos amis de l’opposition comme Vita Kamerhe parlent du statut d’un ex-chef d’Etat au Congo. Joseph Kabila pourra t-il en bénéficier?

Il faut faire attention. Nous ne pouvons pas laisser des criminels bénéficier de privilèges prévus dans la constitution. Joseph Kabila ne rempli pas les conditions pour être un ex-président sénateur à vie. La justice devra faire son travail. Pour l’heure, nous constatons que un haut gradé comme Gabriel « Tango faur » Amissi a été épinglé par l’ONU pour connivence avec les rebelles du M23. Mais, Kabila le maintient toujours au sein de l’armée congolaise. La situation que le Nord-Kivu connait depuis leur avènement au Congo devra être une priorité pour la justice indépendante que nous mettrons en place une fois au pouvoir.

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Propos recueillis par Roger Musandji

Roger Musandji

Roger Musandji

Fondateur de RM COMMUNICATION, société éditrice d'Oeil d'Afrique.


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