RDC : la journée ville morte contre l’insécurité dans l’Est bien suivie

RDC : la journée ville morte contre l’insécurité dans l’Est bien suivie
journée ville morte

Vue panoramique de Bukavu, 2004. ©Radiookapi

L’appel à une journée ville morte pour protester contre l’insécurité à Bukavu, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a été bien suivie mercredi, malgré l’appel des autorités à ne pas en tenir compte, a constaté l’AFP.

Nous venons de réussir la journée à 80%. La population a compris que c’était le moment d’exprimer son ras le bol vis-à-vis de ce qui ne marche pas, a déclaré à l’AFP Patrick Nyamatomwa, président de la coalition d’ONG Société civile du Sud-Kivu, à l’origine de l’appel.

Nous appelons la population à continuer à s’exprimer tant que le pouvoir n’agira pas positivement sur la question de la sécurité, du développement (…), bref, de l’amélioration de ses conditions de vie, a-t-il ajouté, promettant en cas d’inaction beaucoup d’autres actions, sans plus de précision.

Samedi, la société civile avait appelé à l’arrêt des activités à Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu, pour manifester son ras le bol après plusieurs assassinats.

Il s’agissait aussi de soutenir le gynécologue Denis Mukwege, pionnier du traitement des femmes victimes de violences sexuelles, qui a échappé à une tentative d’assassinat le 25 octobre et s’est réfugié au Burundi.

La Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) avait demandé de ne pas suivre le mot d’ordre de ville morte – une annonce qui avait créé une certaine confusion chez les habitants, qui hésitaient entre suivre les autorités ou la société civile.

Mercredi, des enfants se sont rendus dans leurs écoles, puis ont été renvoyés chez eux, la plupart des établissements étant fermés. La sécurité nous concerne tous, a justifié Roger Matabaro, secrétaire provincial du Syndicat des enseignants du Congo.

Si des administrations ont fonctionné, de nombreux magasins et stations d’essence sont restés fermés ou tournaient au ralenti. Certains ont dit être allés travailler après des intimidations de leurs employeurs. D’autres, à l’inverse, n’avaient pu travailler faute de moyen de transport.

L’hôpital Panzi, fondé par le gynécologue Denis Mukwege, a suivi le mot d’ordre de la société civile. Nous avons organisé un service minimum pour soutenir l’action, a déclaré Ephrem Bisimwa, en charge de la communication.

Une vendeuse de poissons, Nabintu, au plus grand marché de Bukavu, le marché de Kadutu, a décidé de rester chez elle, comme les autres vendeurs, car si on ne se prend pas en charge, nous allons tous mourir de cette insécurité. Les autorités n’ont apparemment pas de souci par rapport à ça, a-t-elle déploré.

Non loin de ce marché, on a tué il y a quatre jours un tenancier de boutique. L’insécurité se multiplie, a-t-elle ajouté.

Avec AFP

Bona

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L'actualité africaine n'a pas de secret pour moi. Toujours à l'afflux, je ne loupe rien.


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