RDC : Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku en passe d’être emporté par…la poussière ?

RDC : Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku en passe d’être emporté par…la poussière ?

La tension est montée d’un cran à Goma la semaine dernière, suite à l’enlisement des travaux de réfection des routes de cette ville jadis qualifiée de capitale touristique du Congo. La responsabilité du gouverneur du Nord-Kivu Julien Paluku, en poste depuis plus de six ans, est donnée pour être à la base de cet état des choses, mais la quarantaine de députés provinciaux ne sont pas non plus épargnés. Tout le monde fustige le fait qu’ils gardent silence et ne semblent guère se préoccuper de ce problème qui a trop duré et qui a des conséquences sanitaires, économiques et écologiques incalculables. De plus en plus de gens estiment que le gouverneur devrait démissionner et être poursuivi pour sa gestion de cette affaire, entre autres « calamités » de cette ville et de cette province.

A la maison, au bureau, dans les débits de boisson et dans les rues, les débats tournent autour de la poussière qui enveloppe la ville depuis si longtemps (deux ans), alors qu’on parle de millions de dollars déversés tantôt par le gouvernement central, tantôt par le Fonds national d’Entretien routier (FONER), tantôt encore par l’exécutif provincial. L’entreprise minière, TRAMINCO, à laquelle les travaux ont été confiés semble ne pas disposer de la technicité et des moyens nécessaires, car elle est « à l’œuvre » depuis deux ans maintenant, pour des travaux qui ne portent que sur 10,5km de route ! En novembre 2011, à la faveur de la campagne électorale, quelque deux kilomètres avait été asphaltés en toute hâte pour faire la « visibilité »  Cinq Chantiers de Joseph Kabila. Une fois l’élection passée, les machines et les agents ont disparu du « chantier ».

Plusieurs fois, la population s’est soulevée pour exiger la poursuite et le parachèvement rapide des travaux, mais à chaque fois elle a été réprimée violemment par les autorités urbaines et provinciales, qui se servent de la police comme un voyou se servirait d’un chien pour terroriser les passants. Ce sont tantôt des étudiants, tantôt des conducteurs de taxis motos, tantôt encore des jeunes révoltés, qui ont osé hausser du ton. Pas assez fort face à des autorités dont les oreilles n’entendent que les armes ou le bruissement des billets de banque, et qui ont chacun son 4×4 pour ne pas aspirer la poussière et pour amorcer les secousses des nids-de-poule. Julien Paluku a même trouvé mieux selon certaines sources: faire en canot rapide sur le lac le trajet de cinq kilomètres entre sa résidence et son bureau, tous les deux situés au bord du lac. Certains habitants disent même pour se moquer de lui, qu’il ne lui reste plus qu’à se payer un hydravion pour ne pas avoir à faire des allers-retours ennuyeux entre la ville et le pitoyable aéroport de Goma lors de ses multiples déplacements de Kinshasa.

 

Mwanza Kasongo
Goma/RDC/ODA
Photo: Mwanza Kasongo Copyright : © Oeil d’Afrique

 

 


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