RDC: Le processus de démocratisation 22 ans après

by OEIL D'AFRIQUE | 25 avril 2012 9 09 28 04284

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L'ancien président zaïrois Mobutu Sese seko

La crise politique actuelle issue de la contestation des résultats de la présidentielle du 28 novembre dernier et les violences qui ont caractérisé le processus électoral inhibent les efforts des années antérieures.

La date du 24 avril ne peut passer inaperçue en RDC car elle représente, pour plus d’un, l’amorce du processus de démocratisation du pays. Vingt-deux ans après le discours du défunt président de la République, Mobutu Sese Seko, les observateurs estiment que des efforts supplémentaires doivent être fournis en termes de libertés individuelles et de la gestion des institutions publiques. Le bilan, disent-ils, est moins satisfaisant, après le tolet général soulevé par la publication des résultats de la présidentielle et des législatives du 28 novembre. Pour ces observateurs, les événements qui ont prévalu à la veille des élections et le déroulement même des scrutins ont manifesté les limites du pays dans les pratiques démocratiques. Ils notent que les élections du 28 novembre avaient le devoir de confirmer à la face du monde les signaux positifs donnés en 2006. La crise sur laquelle ont débouché ces élections ainsi que l’incapacité des acteurs politiques congolais à se mettre autour d’une table pour un compromis sont une preuve supplémentaire des efforts qui doivent être fournis.

Absence de démocratie en interne De part et d’autre, l’on dénonce l’absence de démocratie dans de nombreuses formations politiques où les dirigeants le sont à vie. L’alternance et la liberté d’opinion en interne font défaut dans ces formations. Aussi souligne-t-on que, la démocratie demeure un slogan vide dont les principes ne sont pas intériorisés parla population congolaise. Que dire des libertés individuelles et de la liberté de la presse qui ont placé plus d’une fois le gouvernementsurlebancdesaccusés?L’assassinat de l’activiste des droits de l’homme, Floribert Chebeya, serait une preuve supplémentaire. Les analystes relèvent notamment le comportement des éléments de la police qui se sontmanifestés par la violence contre la population civile lors des différentes manifestations publiques à Kinshasa comme à l’intérieur du pays. Le récent rapport de la Monusco contesté par le gouvernement serait, selon des analyses, une remise en cause de la volonté du gouvernement à abandonner les méthodes déplorées sous la période Mobutu. Notons que la Monusco ainsi que d’autres partenaires ont formé plusieurs bataillons de la police nationale congolaise aux méthodes modernes d’encadrement des manifestants.

De crises en crises Bref, le contexte électoral de 2011 et ses nombreuses irrégularités dans le domaine des droits de l’homme et de la liberté de la presse ont détérioré la bonne impression de 2006. Par ailleurs, le débat autour du début de la démocratisation que d’aucuns placent à l’entrée de l’Alliance des forces démocratiques pour la liberté (AFDL) ne permet pas de dégager les véritables avancées en termes de démocratie en RDC. Cependant, demanière générale, les vingt-deux ans du processus démocratique congolais ont été marqués par des crises profondes qui ont mis fin au régime du maréchal Mobutu en 1997. Les sept premières années auront été celles des conciliabules politiques stériles entre acteurs politiques, débouchant sur de nouveaux blocages. La RDC a connu un nombre important des Premiers ministres qui illustre le tâtonnement des gouvernants. L’ère AFDL a inauguré une série de guerres dites de « libération » qui ont abouti à la signature de l’accord global et inclusif à Sun City, en Afrique du Sud. Le partage des postes entre les différents belligérants, plus connu sous la formule « 1+4 », a permis au pays d’organiser, en 2006, ses premières « élections démocratiques », depuis plusieurs années.

La grande absente de ces joutes électorales était l’Union pour la démocratie et le progrès social d’Étienne Tshisekedi. La non-organisation des locales a été vivement critiquée par l’opposition qui a dénoncé dans le chef du gouvernement une violation de la Constitution et un « hold up » électoral. Les titulaires des postes nommés en 2007 sont restés en fonction pendant toute la première mandature du président de la République, Joseph Kabila Kabange. Aussi, nombreux sont ceux qui exigent le respect des pratiques démocratiques dans la gouvernance et la promotion de la démocratie dans l’ensemble des partis politiques congolais.

Jules Tambwe Itagali

Endnotes:
  1. [Image]: http://oeildafrique.com/wp-content/uploads/2012/04/Sese_Seko_Mobutu.jpg

Source URL: http://archives.oeildafrique.com/rdc-le-processus-de-democratisation-22-ans-apres/