RDC : Le projet du Grand Inga est-il réalisable ?

Barrage d'Inga en RD Congo

Barrage d’Inga en RD Congo

Le site hydraulique d’Inga, d’une capacité de 43 200 MW, près de l’embouchure du fleuve Congo, le deuxième plus grand fleuve d’Afrique, devra être construit en huit phases. La première tranche de ce barrage hors norme représentant 4 800W est déjà construite.

Le peuple congolais et certains pays tels l’Afrique du Sud mettent leur espoir dans le projet du Grand Inga pour mettre fin au délestage et autre carence en énergie électrique. « Ce site a le plus grand potentiel hydroélectrique du monde … » a déclaré une source du dossier du 20 juillet dernier de Jeune Afrique consacré aux avantages de l’énergie hydroélectrique par rapport à toutes les sources d’électricité.

Les autorités congolaises veulent, donc, lancer un appel d’offres d’ici à la fin de l’année et designer, dès 2016, le vainqueur parmi les trois consortiums déjà présélectionnés c’est-à-dire le canadien SCN-Lavalin, l’espagnol ACS et le chinois Three Gorges Corporation.

En effet,  « Puissante et prévisible (contrairement au solaire ou à l’éolien), l’hydraulique peut être utilisée comme énergie de base d’un réseau électrique, permettant ainsi d’éviter les délestages ou d’alimenter plus aisément des industries ou des mines très consommatrices d’électricité. Surtout, elle ne nécessite pas de combustibles, une aubaine dans le monde marqué par la variation des cours des hydrocarbures. Enfin, elle est plus respectueuse de l’environnement que le gaz ou le charbon, qui produisent des gaz à effet de serre. »

Cependant, plusieurs défis sont à relever quant à la réalisation du Grand Inga. Ces nombreuses difficultés sont valables pour la majorité des projets hydroélectriques en Afrique. Selon la publication de Jeune Afrique « Dès qu’un projet dépasse 100MW, le budget est généralement supérieur à 500 millions d’euros. Soit en moyenne 50% de plus qu’une centrale thermique, à gaz ou à charbon. » En  effet, la construction des installations hydroélectriques est très élevé car il faut importer la majorité  de matériaux. Et, ces infrastructures attirent peu d’investisseurs car elles sont peu rentables d’autant plus que « la phase de développement du projet est particulièrement longues et onéreuse dans le domaine de l’hydraulique. »

Outre le coût élevé, d’autres paramètres tels que la rédaction du contrat d’électricité peuvent paraître insurmontables du fait de l’insolvabilité de la Société Nationale d’électricité de la RD Congo qui devrait acheter l’équivalent d’environ 1 000 MW.

Les entreprises minières du Katanga s’engageraient à acheter de 1 300 MW mais elles sont réticentes à le faire sur plusieurs années du fait du cours des minerais qui pourrait s’effondrer d’une année à l’autre et compromettrait ainsi leur production.

L’Afrique du Sud, qui devra transporter 2 500 MW à travers quatre pays, sera face à une opération diplomatique très délicate et complexe car « Comment va-t-on pouvoir justifier de faire passer des lignes à haute tension au-dessus de la tête des habitants de l’Angola et de la Namibie sans rien leur donner en échange ? » s’interroge un opérateur africain.

Le projet du Grand Inga est colossal et hors norme et sa réalisation est importante aussi bien pour les autorités de Kinshasa que pour certains pas africains tels que l’Afrique du Sud et l’espoir du peuple congolais et du continent africain repose sur ce grand projet presqu’irréalisable au vu des défis et difficultés à surmontés.

Toutefois, d’après certaines sources, le dynamisme de Max Munga, le nouveau patron d’Inga 3 augure des lendemains meilleurs pour le Grand Inga.

Safi Fele
© OEIL D’AFRIQUE

Safi Fele

Safi Fele

Journaliste basée à Paris.


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