RDC: Le secteur des mines au Katanga manque d’électricité

Un ouvrier ajustant son masque dans une mine de cobalt à  Kolwezi (Photo Credit: Simon Dawson/Bloomberg via Getty Images). Mines

Un ouvrier ajustant son masque dans une mine de cobalt à Kolwezi (Photo Credit: Simon Dawson/Bloomberg via Getty Images).

Mines – « On vit une situation de stress permanent et c’est l’enfer » a déclaré le 25 mai dernier au micro de L’express L’expansion, Jean-Pol Tavernier, directeur de la maintenance de l’usine STL basée à Lubumbashi dans la province minière du Katanga en RD Congo.

L’usine STL exploite depuis 2000 la montagne de scories qui surplombe la ville de Lubumbashi afin d’obtenir un concentré de cobalt et d’oxyde de zinc grâce à un immense four et pour ce faire, a besoin de 34 mégawatts pour faire tourner ses installations à plein régime. Or, « en ce moment, la SNEL (Société Nationale d’Electricité) en fournit environ 24 » a précisé le directeur de la maintenance, avant d’ajouter « Mais il faut encore compter avec les délestages, souvent plusieurs fois par jours. Le mois d’avril a été particulièrement terrible avec des coupures de courant qui ont pu durer jusqu’à sept heures. » Pour continuer à travailler, certaines entreprises, installent des groupes électrogènes et d’autres achètent de l’électricité à la Zambie.

Toutefois, l’industrie minière de la RD Congo est actuellement, grâce aux gisements du Katanga, le premier producteur mondial de cobalt, métal très demandé des industries de pointe et se dispute avec la Zambie, qui en 2014, a produit plus d’un million de tonnes, la première place des producteurs de cuivre africains. Et, l’Etat congolais compte, ainsi, sur la ses recettes fiscales pour hisser la RD Congo au rang des pays émergeant. Mais le déficit énergétique dont souffre le secteur est évalué à 600 mégawatts et représente un manque à colossal de 250 OOO à 300 000 tonnes de production sur l’année selon Ben Munanga, directeur Energie et Infrastructures pour le groupe kazakh ENRC et membre de la Commission Energie de la Chambre des mines. Dans ces conditions, prévient le Chambres des mines congolaise, la production est condamnée à plafonner et l’Etat ne pourra pas atteindre ses objectifs.

Sous le régime de Mobutu (1965-1997), le secteur des mines a été victime de la rapacité et de l’impéritie de L’Etat. Exsangue au début du siècle, elle s’est relevée après la fin de la deuxième guerre du Congo (1998-2003) avec l’afflux d’investisseurs privés étrangers. Cependant, le rebond du secteur minier n’a été accompagné d’aucune nouvelle unité de production d’électricité. D’après Jean-Pol Tavernier, « le problème énergétique a commencé a se faire sentir à partir du boum minier de 2006-2007 », « la situation a commencé à se dégrader jusqu’à devenir vraiment catastrophique à partir de 2012. » La SNEL se retrouve alors contrainte de gérer la pénurie, incapable d’assurer les contrats de fourniture de courant passés avec les industries minières.

Vieilles et mal entretenues pendant des années, les centrales électriques doivent régulièrement être immobilisées pour leur maintenance. En effet, le pays fait face à une « fragilité énergétique terrible » reconnait-on de source proche du gouvernement, estimant qu’ « à court terme, la situation risque d’empirer » pour les miniers. Pourtant, Jean-Marie Mutombo Ngoie, chef de division des réseaux de distribution du Katanga de la SNEL, estime que « dans une année, le SNEL sera en mesure d’augmenter la puissance installée ». Pour lui, la « situation est passagère » car il compte essentiellement sur les travaux de rénovation de quelques centrales auxquels contribuent plusieurs groupes miniers.

Pour aider le secteur des mines face aux difficultés rencontrées, l’Etat a décidé par décret, fin avril, d’exonérer, pendant quatre ans, les groupes miniers du paiement de la douane et de la TVA sur l’électricité importée et le matériel destiné à la production d’électricité.

Safi Fele

© OEIL D’AFRIQUE

 

Safi Fele

Safi Fele

Journaliste basée à Paris.


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