RDC: Le Stade Tata Raphaël interdit aux Catholiques

RDC: Le Stade Tata Raphaël interdit aux Catholiques

 

Stade Tata Raphaël à Kinshasa

Les chrétiens du monde entier vont commémorer ce dimanche 1er avril 2012, à travers des cultes religieux, le «Dimanche des Rameaux ». Cet événement millénaire marque, faut-il le rappeler, rentrée triomphale du Fils de Dieu, Jésus-Christ de Nazareth, dans la ville de Jérusalem. Le Phare a appris, de source sûre, que les chrétiens catholiques de Kinshasa, qui étaient appelés à se réunir en prières de dimanche au Stade Tata Raphaël, devraient chercher un autre cadre. En effet, l’Hôtel de Ville de Kinshasa a décidé, pour des raisons peu convaincantes, d’interdire l’organisation de la grande messe programmée pour la circonstance par l’Archevêché de la capitale et que devrait célébrer le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya.

Dans les milieux catholiques, le veto de l’administration urbaine conduite par le gouverneur André Kimbuta est très mal accueilli. Nul n’ignore en effet que le «Dimanche des Rameaux» est le dernier qui précède la fête de Pâques, cet autre événement millénaire qui marque la résurrection de Jésus-Christ, mort sur la croix pour payer par le sacrifice de son sang, la facture de la délivrance de l’homme du péché originel commis par Adam et Eve.

Pendant plus d’un mois, des millions de chrétiens de la capitale se sont imposés des privations diverses, dans le cadre du Carême, pour se préparer spirituellement à l’accueil du Fils de l’homme ressuscité et à renaître avec lui dans la foi. Et, en attendant l’apothéose du dimanche 08 avril, jour de la célébration de la Pâques, ils devaient planter le décor de leur attachement au Christ à l’occasion du Dimanche des Rameaux.
Hélas, l’Hôtel de Ville de Kinshasa en a décidé autrement. L’on cherche à comprendre, sans y parvenir jusque-là, le mal ou le danger qu’il y aurait à réunir des milliers de chrétiens catholiques de Kinshasa au Stade Tata Raphaël pour fêter l’entrée du Christ à Jérusalem.

Stade Tata Raphaël une œuvre des Catholiques

L’ironie du sort veut que ce Stade Tata Raphaël qui leur est interdit aujourd’hui soit paradoxalement l’œuvre des chrétiens catholiques. On rappelle, pour l’histoire, que ce temple de football a comme bâtisseur le Révérend Père Raphaël de la Kéthule, qui s’était lancé dans sa réalisation au milieu des années ‘50, avec le concours de bonnes volontés de cette confession religieuse. Il s’était appuyé, à l’occasion, sur une main d’oeuvre de volontaires constitués en majeure partie d’élèves des écoles catholiques, qui s’étaient saignés aux quatre veines pour le transport du sable, des caillasses, des pierres, du ciment, de la ferraille, de l’eau, etc.

C’est cynique d’interdire à un propriétaire la jouissance de son propre bien, d’autant que l’activité visée est noble, car concernant la recherche du salut des âmes perdues. C’est comme si l’anathème frappait la Cathédrale du Centenaire Protestant au le Centre d’Accueil Kimbanguiste.

Règlement des comptes politiques ?

Les observateurs se demandent sérieusement si l’Eglise catholique de Kinshasa n’est pas victime des prises de position de son principal pasteur, à savoir le Cardinal Laurent Monsengwo, telles qu’exprimées avant et après la proclamation des résultats partiels de l’élection présidentielle de novembre 2011. On se souvient à ce sujet de sa condamnation sans réserve des fraudes électorales et de son exigence de voir la Commission Electorale Nationale indépendante rétablir la vérité des urnes.

On sait aussi qu’à la suite de cette contestation publique des résultats des urnes, l’Archevêque de Kinshasa avait été descendu en flammes, dans les médias publics, par les affiliés de la Majorité Présidentielle, qui l’accusaient de parti pris et d’avocat de l’Opposition politique.

L’on pense aussi à l‘initiative prise par les Laïcs catholiques de Kinshasa d’organiser, le jeudi 16 février, en marge du souvenir du massacre des chrétiens catholiques en février 1992, de faire descendre les chrétiens dans les rues de Kinshasa, non seulement pour rendre hommage aux martyrs anonymes de la démocratie, mais aussi pour protester contre la non transparence des résultats des élections présidentielle et législatives nationales du 28 novembre 2011.
Au regard de ces deux précédents, d’aucuns sont tentés de croire que l’Eglise catholique de Kinshasa fait les frais d’un règlement des comptes à caractère politique.

 

Kimp, Le Phare



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