RDC: de l’eau chaude pour les prématurés du Katanga

RDC: de l’eau chaude pour les prématurés du Katanga
Des nouveau nés

Des nouveau nés dans une couveuse à l’hôpital général de Kinshasa, janvier 2011

Selon une information de rnw les maternités qui manquent de couveuses à Lubumbashi comme à l’intérieur de la province du Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), élèvent les prématurés avec de l’eau chaude jusqu’à ce qu’ils atteignent un poids satisfaisant.

Dès 6 heures du matin, Marceline Mbuyi, 34 ans, est déjà sous la véranda de la maternité au centre de santé ‘La grâce’ du territoire de Moba, au nord du Katanga. Elle chauffe, sur un brasier, de l’eau pour ses jumeaux nés après sept mois de grossesse.

L’eau chaude est renouvelée chaque trois heures

« Il n’y a pas de couveuse à la maternité. Les infirmiers m’ont demandé de mettre en permanence aux côtés de mes bébés, des bouteilles plastiques contenant de l’eau chaude », raconte Marceline. Ces bouteilles d’eau chaude, placées de part et d’autre du prématuré, sont enroulées dans un linge pour réchauffer le bébé sans le brûler.

L’eau chaude est renouvelée chaque trois heures. C’est la chaleur qu’elle dégage qui réchauffe, comme dans le sein maternel avant l’accouchement, ces petits êtres très vulnérables, explique Bertine Nsonga, une des sages-femmes de ce centre.

Veiller cependant à la permanence de cette chaleur autour du prématuré n’est pas une tâche aisée. Marceline doit se lever même au milieu de la nuit pour vider les bouteilles et y mettre une nouvelle eau chaude. Déjà, au neuvième jour, la corvée pèse sur cette mère qui voudrait voir son calvaire finir vite.

« Je ne sais pas quel jour je vais sortir« 

À la maternité du centre de santé Victoria deo d’une commune annexe de Lubumbashi, Nathalie Kasongo en est à son 13ème jour avec son bébé prématuré, lui aussi de sept mois. Nathalie Kasongo ne veut pas que des personnes extérieures s’approchent du petit bébé qu’elle a soigneusement couvert et placé entre deux bouteilles plastiques toutes remplies d’eau chaude.

« Je ne sais pas quel jour je vais sortir », déclare-t-elle de son lit, tournant le regard vers l’infirmière à côté d’elle. Son bébé est le seul prématuré sur cinq naissances dans cette maternité.

« Tout dépend de la façon dont le bébé gagne du poids », explique Georges Kawel, médecin pédiatre du centre. Il précise qu’on ne peut pas déterminer à l’avance combien de temps un enfant en déficit de poids passera dans ces conditions. Lorsqu’il arrive au stade de se réchauffer tout seul, l’eau chaude ne lui servira plus à rien, ajoute-t-il.

« Le risque de brûlure et celui d’infection sont permanents« 

Elie Lubala, responsable du service de néonatologie à l’hôpital général de référence Jason Sendwe, à Lubumbashi, admet que cette pratique expose les prématurés à divers risques dont celui des brûlures.

L’utilisation de l’incubateur poursuit un double objectif, explique Elie Lubala. Il permet de réchauffer le prématuré afin qu’il atteigne plus de poids, car son système de thermorégulation n’est pas arrivé à maturité. Mais aussi, il isole le bébé parce que la plupart de ses fonctions vitales sont immatures. Et ceci l’expose aux risques d’infections permanentes à l’air libre, notamment lorsque le milieu n’est pas hygiénique.

Il conseille de transférer les prématurés qui naissent dans des maternités non équipées de couveuses vers les hôpitaux qui réunissent le minimum nécessaire pour les élever.

« Quand l’environnement n’est pas contrôlé en termes de température et d’hygiène, le risque de brûlure et celui d’infection sont permanents pour le nouveau-né », explique-t-il.


Tags assigned to this article:
RDCsanté

Related Articles

Jimmy Adjovi Boco va soigner les yeux des écoliers africains

Jimmy Adjovi Boco, ex-footballeur international béninois s’investit dans l’humanitaire. Le co-initiateur du projet éducation-formation « Diambar » à Dakar au Sénégal, est

La polygamie décomplexée des leaders politiques

Dans de nombreux pays d’Afrique, la polygamie est autorisée et relativement bien acceptée. Malgré un certain recul de cette pratique

Sénégal: Comment les femmes luttent contre le stress

[GARD align= »center »] Les enfants, le mari et le milieu professionnel constituent des facteurs de stress chez les Sénégalaises. Et très

Aucun commentaire

Espace commentaire
Aucun commentaire Soyez le premier à répondre à ce commentaire

Espace commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié
Required fields are marked*