RDC : Le M23 dénonce l’exclusion de ses anciens combattants de la loi d’amnistie

by OEIL D'AFRIQUE | 12 août 2014 6 06 00 08008

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Des rebelles du M23 quittent Goma, le 1er décembre 2012 en RDC Phil Moore | Archives

En République démocratique du Congo, l’ex-rébellion du Mouvement du 23-mars (M23) a dénoncé lundi des injustices dans l’application de la loi d’amnistie et affirmé que nombre de ses membres réfugiés au Rwanda et en Afrique du Sud avaient été empêchés de remplir l’acte d’engagement à ne pas reprendre les armes.

Dans un communiqué rendu public, le Mouvement du 23 mars (M23) qui avait annoncé sa mutation en organisation politique, s’est dit frustrée de l’attitude du gouvernement de RDC concernant l’application de l’amnistie. Pour les responsables du M23, le gouvernement congolais a fait preuve des injustices dans l’application de la loi en empêchant délibérément un nombre important de ses membres réfugiés au Rwanda et en Afrique du Sud de remplir l’acte d’engagement à ne pas reprendre les armes, alors qu’a expiré lundi la possibilité de signer ce document.

Le mouvement annonce qu’environ 500 personnes ont été empêchées de signer les engagements afin de bénéficier des délices de la loi d’amnistie. «Ceux qui n’ont pas eu l’occasion de signer (…) sont autour de 500», a déclaré Bertrand Bisimwa, le président de la branche politique du M23, en exil en Ouganda.

Les responsables de l’organisation précisent que seuls 31 de ses membres ont été officiellement amnistiés sur un total de 3

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657 signataires de l’acte d’engagement et des dizaines de personnes ont été arrêtées en RDC après avoir signé l’acte et être rentrés au pays.  Le mouvement précise qu’à Goma, capitale de la province riche et instable du Nord-Kivu, on a recensé 16 personnes incarcérées à la prison centrale de Munzenze et sept au cachot de l’Agence nationale de renseignement.

Après le vote de la loi d’amnistie pour faits de guerre, d’insurrection et d’infractions politiques, qui concernent aussi d’autres groupes armés et des civils, le gouvernement avait indiqué que l’amnistie ne s’appliquerait pas aux auteurs présumés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Or, le M23 est accusé par l’ONU et des ONG de défense des droits de l’Homme de graves exactions contre les civils. Ce qui expliquerait la situation actuelle.

Bertrand Bisimwa qui réagissait depuis la capitale ougandaise Kampala a déploré une absence de volonté de mettre en œuvre les déclarations de Nairobi. Pour lui, la totalité des membres du M23 sont éligibles à la loi d’amnistie.

C’est dans ce contexte d’accusation que Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France à l’ONU avait indiqué jeudi dernier au Conseil de sécurité que la démobilisation des combattants du M23 était incomplète et que la perspective de sa réorganisation militaire restait une menace importante. Le diplomate avait appelé la RDC à redoubler d’efforts dans l’opérationnalisation du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion et de l’autre côté l’Ouganda et le Rwanda à coopérer de manière à ce qu’un terme définitif soit mis aux activités de ce groupe.

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Mais Bertrand Bisimwa a démenti toute idée de réorganisation. Il appelle Kinshasa à respecter ses engagements et à ne pas créer de l’injustice.

©Oeildafrique.com 

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Endnotes:
  1. [Image]: http://oeildafrique.com/wp-content/uploads/2012/12/M23-à-Goma.jpg

Source URL: http://archives.oeildafrique.com/rdc-m23-denonce-lexclusion-ses-anciens-combattants-loi-damnistie/