RDC : Moïse Katumbi Chapwe « je n’ai trahi personne »

RDC : Moïse Katumbi Chapwe « je n’ai trahi personne »
Moïse Katumbi

Le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi| Simon Dawson/Bloomberg via Getty Images

Depuis qu’il a annoncé sa rupture avec le pouvoir de Joseph Kabila, Moïse Katumbi Chapwe, ex-gouverneur du Katanga, a été la cible des partisans de la majorité et autres irréductibles du régime Kabila qui ne manquent pas de lui jeter des piques et que d’aucuns qualifient de traitre.

En réponse à ses détracteurs, l’ex-gouverneur du Katanga, le président du prestigieux club Mazembé, répond en ces termes : « Si vous parlez de trahison parce qu’on veut respecter la Constitution, je suis désolé ». Pour Katumbi avec lequel nous avons eu un bref échange à ce sujet, la vraie trahison c’est le refus de respecter la Constitution et de se conformer au serment sacré de la démocratie qui est celle de défendre la Constitution. Katumbi persiste et signe « je n’ai trahi personne ».

Pour les partisans et les admirateurs du big boy du Katanga, la démission de Katumbi du PPRD, le parti au pouvoir, est un acte héroïque qui renforce les défenseurs de la démocratie et de l’alternance.

En effet, pour les analystes et spécialistes de la RDC, la démission de Moïse Katumbi, qui a annoncé le mardi sa rupture avec le parti du président Joseph Kabila, a été ressentie au sein de la majorité comme un véritable tremblement de terre, car cet acte dans une période où le pays se trouve presque à la croisée des chemins après le départ du gouvernement et de la majorité du courant politique G7 a provoqué une vague de réactions politiques en République démocratique du Congo. L’opposition applaudit une décision qualifiée de « responsable et courageuse », tandis que le porte-parole du gouvernement, Lambert Mendé, relativise la défection et met en garde l’ancien allié et ex-gouverneur sur de possibles poursuites judiciaires. Un chantage que Katumbi réduit à néant et remet aux calendes grecques en appelant ce dernier de changer de disque.

« Séisme politique », « coup de canon politique »… Les qualificatifs étaient nombreux, mercredi et jeudi, pour décrire l’effet de la démission du gouverneur de l’ex-province du Katanga, Moïse Katumbi. Poids lourd du parti au pouvoir de sa province et très admiré dans l’ensemble du pays.

Moïse Katumbi justifie son départ de la majorité par des « signaux alarmants » qui indiquent que « tout semble mis en œuvre pour ne pas respecter la Constitution ».

Du côté des frondeurs de la majorité, à l’instar d’Olivier Kamitatu, ministre du Plan, il y a une dizaine de jours avec plusieurs leaders politiques, ils avaient quitté la coalition au pouvoir pour « sauver la Constitution » et « défendre l’alternance à la tête du pays en 2016 », le positionnement de Moïse Katumbi, premier poids lourd du parti au pouvoir à quitter le navire, est un appui déterminant. « C’est une icône dans la famille politique, y compris dans son parti. Parce qu’être gouverneur de la province la plus riche de la République démocratique du Congo et renoncer, pour ses valeurs, voilà qui fait preuve d’exemple », salue Olivier Kamitatu, chef de l’Alliance pour le renouveau au Congo (ARC) qui argue avec grandiloquence que la démission de Katumbi doit être vue comme « un renoncement à tout ce qui a trait à des politiques suicidaires qui conduisent à ne pas respecter la Constitution ».

Pour ces partis, le projet de loi sur le référendum et les retards pris dans l’exécution du calendrier électoral sont autant d’exemples de la volonté du pouvoir de rester après 2016. Du côté de l’opposition, on appelle à un front républicain qui rassemble tous ceux qui veulent garantir l’alternance en 2016. Selon nos sources, plusieurs élus de la majorité s’apprêteraient à emboîter le pas à Moïse Katumbi surtout que certains avaient déjà pris leurs distances et attendaient que celui-ci donne le ton.

Au regard de tout ce qui précède, s’achemine-t-on du côté de l’autre rive du Fleuve Congo a une coalition politique entre anciens alliés de Kabila et l’actuelle opposition ? Une approche plausible selon les proches de Vita Kamereh, président de l’UNC qui salue également la magnanimité avec laquelle Moïse Katumbi a décidé de se mettre du côté des démocrates et du peuple pour quitter le navire tanguant de la majorité.

(Avec Lesafriques)


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