RDC: Pourrait-on se poser certaines question sur Etienne Tshisekedi sans se faire lyncher ?

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Pourrait-on se poser certaines questions sur le sphinx de Limete qui est considéré par plusieurs comme le symbole de l’opposition radicale congolaise sans se faire lyncher et réfléchir sérieusement en ce temps trouble de notre histoire?

Personne ne peut le nier que Monsieur Etienne Tshisekedi a marqué la politique congolaise depuis les premières heures de notre indépendance jusqu’à ce jour sans avoir eu la malchance de terminer son parcours les yeux crevés et pendu au pont Kasa-Vubu ou calciné dans le secret de quelques forêts de Mayumbe ou d’Ekafela. Mais serait-il intelligent de notre part de nous éblouir de son parcours sans nous poser certaines questions pendantes sur toutes lèvres?

Plus de trente ans de lutte politique sans avoir accédé au couronnement de ses efforts et surtout de son combat sur le terrain reconnu comme sa marque déposée que l’on voudrait imposer à tous ceux qui veulent combattre la déception qui règne au Congo; que pouvons-nous en tirer comme leçon ou en conclure?

Lorsque le train du premier gouvernement congolais est déraillé de tous les espoirs qu’il portait pour la nation, Monsieur Etienne Tshisekedi sera au rendez-vous de commissaires généraux. Lorsque Mobutu quitte la tenue militaire pour endosser la toque de Leopard, il en portera une et sera le numéro 2 du MPR. Lorsque le peuple lassé de l’aventure politique de Mobutu se lèvera, il sera le premier ministre qui ôtera, par incompétence ou excès de zèle, au Roi qui le nommait la charge d’être le garant de la nation. Lorsqu’une lueur de démocratie s’éveillait sur la nation, il sera le radical à imposer une conférence nationale qui n’aura de souveraine que la machination politique loin de la bénédiction populaire. Lorsque le conglomérat des aventuriers venus du Rwanda foulera le sol de nos ancêtres, il recevra sa bénédiction au lointain, aussitôt retirée puisqu’il n’a pas été reconnu dans son droit d’être le premier ministre de la CNS. Lorsque les belligérants et les occupants se retrouveront sur une même table, il pèsera de toute sa popularité politique pour donner à l’imposture, la légitimité politique et monarchique et à l’occupation, le statut légal d’un régime démocratique.

Montage, images d'Etienne Tshisekedi de 1960 à 2012

Montage, images d’Etienne Tshisekedi de 1960 à 2012

Si Étienne Tshisekedi a symbolisé la lutte du peuple Congolais au point qu’il a pris en otage à lui seul toute la place du leadership possible du peuple Congolais, pourrions-nous dire que la fin de l’ère Tshisekedi serait la fin ou l’expression de l’échec du peuple Congolais?

Il vient de signer une lettre de soutien au candidat secrétaire général de la francophonie de sa retraite bruxelloise, mais pourquoi laisse-t-il son parti politique en crise profonde? Silencieux devant la tournée nationale de son secrétaire exécutif chargé des relations extérieures du parti, son fils bat campagne avant sa mort, essayant bon gré, mal gré de faire une démonstration de force de sa popularité inconnue ou méconnue dans les relations intérieures. Comme tapi à l’ombre de son père, en attente de son dernier soupir, Felix le mou troubadour, succèdera-t-il au radicalisme infructueux ou hypothéquera-t-il l’opposition udpsienne pour remplacer un autre fils du groupe de Binza Nzanga Mobutu dans la comédie méchante des fils rebelles?

Mais pourquoi Etienne Tshisekedi demeure-t-il un opposant éternel? Quelle trace laissera-t-il dans la culture politique congolaise, celle d’un démocrate ou celle d’un dictateur qui cherchait le pouvoir pour le pouvoir n’ayant pas su définir le rôle de la démocratie dans son propre parti? Ou dirions-nous qu’en lieu et place d’être considéré le symbole de la lutte congolaise, il aurait été le frein de l’essor politique au Congo, l’homme de tous les coups inimaginables?

Est-il encore capable de quitter la scène politique avec honneur en désignant son successeur selon les normes démocratiques de l’exercice statutaire de son parti politique et ne pas porter préjudice à l’unité de cet ensemble qui pourrait encore peser sur la balance du combat du peuple congolais? Ou nous prépare-t-il la succession à la Duvalier, à la dimension royale ou à l’imposture monarchique kabilastique sans se préoccuper de ses troupes qui iraient encore grossir comme d’accoutumée, l’opportunisme politique congolais?

L’occupation se préparerait-elle dans les coulisses à célébrer avec solennités la fin officielle d’un icône qui n’a jamais vu le bout de tunnel de son combat, où l’imposteur verserait quelques larmes, pour décocher toutes les dividendes politiques de celui que plusieurs croyaient incontournable!

Qui était-il, qui est-il et surtout quelle image laissera-t-il à la population Congolaise? Autant de portraits qui s’entrechoquent dans la galerie imaginaire du peuple qui voudrait savoir où est passé son mythe et surtout comment serait-il éteint sans que les rideaux de la scène soient baissés officiellement!

Jean Claude Manzueto


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3c ommentaires

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  1. Disashi
    Disashi 31 octobre, 2014, 14:16

    Cet article s’adresse à ceux qui ne lisent pas leur propre histoire. Dommage que des RDCongolais soient capables de s’autodétruire ainsi, et sans raison!

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  2. J. Badi
    J. Badi 26 novembre, 2014, 13:44

    Voilà encore le discours de ceux qui veulent nous distraire dans le combat noble du peuple congolais! Puisque Tshisekedi a échoué, quelle est votre alternative? Aucun!!! Avons-nous oublier la véritable cible? Il a fait sa part, il passera, et nous, que faisons-nous? Il n’est pas un magicien, il a aussi commis des erreurs, mais avons-nous retenu la leçon? Toujours critiquer pour critiquer. Nous voulons des solutions à nos problèmes et non des manifestations de haine entre-nous!

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  3. Tshinyemba
    Tshinyemba 29 novembre, 2014, 18:32

    Les questions posées sont fondamentales, objectives et pertinentes ! La politique et la démocratie ne sont pas fanatisme et négation de l’expression des opinions des autres ! Si Lihau avait claqué la porte , diriez vous que Mobutu l’ avait récupéré ? Non ! Les mbwankiem , kibassa et birindwa de même ! Que s’était il donc passé ? L’intransigeance , l’exclusion et l’ auto-appropriation du parti par un groupe monocolore intolérant ….! Ces maux ont – ils été expurgés ? On est à des années lumières !

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