RDC: près de 850 000 km2 touchés par la pollution pétrolière

pollution pétrolière

Image d’archives. @DR

Vendredi  3 juillet 2015 matin, le Ministre de l’Environnement et Développement durable, Bienvenu Loyota Ndjoli, avait organisé une réunion sur la pollution pétrolière en République Démocratique du Congo. La conférence s’est déroulé dans la salle de conférences de Béatrice Hôtel à Kinshasa, en présence des membres du Gouvernement, Conseillers à la Présidence de la République et ceux de la Primature, les Secrétaires généraux, les Présidents du Conseil d’Administration, les Directeurs d’Entreprises ainsi que des Experts. Le débat était centré sur les pistes des solutions en vue de réduire les pollutions par les hydrocarbures dans les milieux marin, côtier, fluvial et lacustre de la RD Congo.

L’espace congolais est e plus menacé par la pollution pétrolière; elle couvre 840.600 km2, du territoire de la RDC, elle va de 40 km de l’océan Atlantique en passant par le fleuve Congo jusqu’aux confins des eaux internationales.

« La RDC est un pays producteur de pétrole au cœur de l’Afrique. A ce titre, elle garde sa connotation  de puissance environnementale dont la responsabilité est à la fois nationale et internationale. » avait été le rappel de Monsieur Bienvenu Loyota Ndjoli.  A ce sujet, il a expliqué que la providence a fait que le pays soit doté des ressources en eau, qu’il se trouve extrêmement exposé aux risques des pollutions anthropiques et de la navigation, de même qu’aux pollutions transfrontalières, de suite de la confluence, sur ses eaux côtières, des deux courants marins qui sont le courant marin de Benguela et celui du Golfe de Guinée. « Par souci de maintenir l’équilibre entre l’exploitation des hydrocarbures, les activités industrielles, portuaires et de transport maritime avec la biodiversité, sans oublier la santé publique, mon ministère s’est investi dans la recherche des solutions durables », avait ajouté le Ministre de l’Environnement.

Le Ministre de l’Environnement et du Développement durable avait également évoqué l’existence des techniques de lutte contre la pollution pétrolière dans les milieux marins et côtiers, des recommandations de la commission sénatoriale issues de son rapport sur la pollution de Moanda (province du Bas-Congo). Il a cité les Conventions Marpol (Convention internationale pour la prévention de la pollution marine par les navires), de l’Omi (convention pour la Gestion des Eaux de Ballast), et plus particulièrement la Convention Internationale de 1992 portant création d’un fonds international d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures. Il a annoncé la prochaine mise en place d’un accord entre son ministère et les sociétés pétrolières, des transports maritimes et portuaires, pour mettre en place un cadre de concertation permanente visant en la mise en œuvre du Plan Polmar (Plan d’intervention d’Urgence de Lutte contre la Pollution Pétrolière en RDC).

La RDC souffre de la pollution pétrolière depuis de nombreuses années. La commission d’enquête du Sénat sur la pollution causée par l’exploitation pétrolière dans le Bas-Congo avait mis en cause dans son rapport 8 novembre 2013, l’entreprise pétrolière Perenco Rep et déplorait « l’irresponsabilité » du gouvernement face à la pollution de la cité de Moanda. Ce rapport était la conclusion d’une enquête lancée après la mise en place de la commission en décembre 2012. Mais depuis toutes les technologies utilisés pour la résolution de ce fléau n’ont pas été concluantes. Cette pollution avait touché l’eau et les champs de la région, entraînant des maladies pulmonaires chez les habitants.

Un nouveau procédé adopté à l’unanimité

Jean-Paul Mwamba Nyembo,,directeur chef de service des Ressources en eaux au ministère de l’Environnement et du Développement durable,  avait énuméré les ruines que génère la pollution pétrolière sur l’écosystème des côtes et du fond marin congolais qui sont habités par certaines espèces uniques au monde dont les oiseaux, les tortues et les reptiles mais aussi les plantes. Des nouveaux procédés contre la pollution auraient fait leurs preuves ailleurs. c’est le cas du « Clean Mag » qui consiste à assurer le nettoyage des nappes pétrolières par le magnétisme. Il s’agit d’une technique agréée conjointement par les ministères de l’Environnement, de l’Economie nationale et des Hydrocarbures. « Clean Mag » a été mis au point  par Georges Nicolaides professeur de chimie à l’Université de Pirée (port et agglomération d’Athènes en Grèce).  C’est un procédé innovant de nettoyage des nappes pétrolières par le magnétisme.  La technologie  « Clean Mag »  pour le nettoyage de la pollution pétrolière en mer se base sur la séparation magnétique de deux liquides non miscibles (pétrole ou huiles contre eau) par un absorbant magnétique oléophile.

le Pr Georges Nicolaides, présent à cette conférence, avait fait « une double démonstration à partir d’un récipient en verre blanc rempli d’eau. Une double salve d’applaudissements a salué l’expérimentation de l’inventeur grec. La qualité et la pertinence des questions soulevées pendant le débat confirment l’intérêt d’une assistance composée de membres du gouvernement, de hauts cadres techniques, de chercheurs, de responsables de la société civile et de représentants des entreprises pétrolières. » avait rapporté l’Agence Congolaise de Presse (ACP) dans son compte rendu du 6 juillet 2015.

La conférence avait abouti par l’adoption de la méthode « Clean Mag » par le Ministre de l’Environnement et du Développement durable, et le Ministre de l’Economie Nationale et des Hydrocarbures Crispin Atama Tabe Mogodi qui a fermé le débat par la promesse d’  «atténuer au maximum le degré de pollution ».

Naïma Ounane

© OEIL D’AFRIQUE

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Naïma OUNANE

Naïma OUNANE

Journaliste à Oeil d'Afrique.


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