RDC: volonté de transparence lors du procès des accusés du colonel Mamadou Ndala

RDC: volonté de transparence lors du procès des accusés du colonel Mamadou Ndala

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Des militaires venus rendre un dernier hommage à leurs collègues décédés dont le colonel Mamadou Moustafa Ndala. Ph Radio Okapi |Archives

Des militaires venus rendre un dernier hommage à leurs collègues décédés dont le colonel Mamadou Moustafa Ndala. Ph Radio Okapi |Archives

Le procès des accusés du meurtre du colonel congolais Mamadou Ndala, figure emblématique des progrès de l’armée pour tenter de ramener la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo, s’est ouvert mercredi sous l’oeil d’une population avide de vérité sur sa fin tragique.

Près de neuf mois jour pour jour après les faits, celle-ci est encore loin d’avoir éclaté au grand jour et les zones d’ombres autour des circonstances du drame et des commanditaires du meurtre sont nombreuses.

Vingt personnes au total sont jugées par la cour opérationnelle militaire du Nord-Kivu pour le meurtre de ce jeune officier très apprécié de ses hommes et auréolé de plusieurs victoires contre la rébellion du Mouvement du 23 Mars (M23), défaite en novembre 2013.

Basée habituellement à Goma, capitale du Nord-Kivu, province de l’Est de la RDC ravagée par les conflits depuis plus de vingt ans, la Cour s’est déplacée à Beni, dans le Nord de cette région.

Douze des accusés ont comparu en plein air devant le tribunal: dix militaires, un civil et un membre d’un groupe rebelle. Les huit autres, tous civils, sont en fuite.

Parmi les accusés figure le lieutenant-colonel Tito Bizuru, ancien commandant de la place militaire de Beni. A la lecture de son nom, une clameur de réprobation est montée de l’assistance. Parmi elle, Patrick Kasereka, étudiant, résume l’état d’esprit général en disant espérer qu « à l’issue de ce procès, on sache qui a tué le colonel« .

Chef du 42e bataillon commando de l’Unité de réaction rapide (URR) congolaise, le colonel Ndala a été tué le 2 janvier par un tir de roquette ayant visé son véhicule dans les environs de Beni peu après avoir quitté cette ville.

Assez vite, l’enquête s’est orientée sur la piste d’un règlement de comptes internes à l’armée.

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L’audience de mercredi a été consacrée à l’audition du chauffeur du colonel, le sergent-major Arsène Ndabu.

Poursuivi pour non-assistance à personne en danger, le sous-officier a déclaré à la cour avoir conduit le véhicule pendant environ un kilomètre après l’impact de la roquette, précisant que celle-ci avait touché le côté où se trouvait le colonel, à l’opposé de son siège.

Il a affirmé être alors sorti de la voiture, pour constater que le colonel était mort, son corps criblé par des éclats de roquette. Les gardes du corps sur le plateau arrière du véhicule n’étaient plus que des « macchabées », a-t-il dit, ajoutant que le convoi avait été coupé et qu’il se trouvait seul, en tête.

Poursuivant sa version des événements, le sergent Ndabu, a raconté avoir abandonné rapidement la jeep pour aller chercher des renforts à la base de Casques bleus voisine, avec un responsable de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) tout juste arrivé sur les lieux.

Il dit avoir été surpris de constater de retour sur place que la jeep brûlait avec le corps du colonel resté à l’intérieur, sous le regard d’officiers du renseignement militaire du secteur accourus entre-temps.

Agé de 35 ans, le colonel Ndala avait réconcilié de nombreux habitants du Nord-Kivu avec une armée congolaise généralement réputée pour son inefficacité, son indiscipline et les mauvais traitements infligés à la population civile. Il a été élevé au grade de général à titre posthume.

Se réjouissant de l’ouverture du procès, la Lutte pour le changement (Lucha), mouvement de jeunes indignés actif au Nord-Kivu, a souhaité dans un communiqué que celui-ci « soit un véritable moment de vérité et de justice, et non pas une simple formalité destinée à calmer l’opinion publique et à cacher pour de bon la vérité sur ce crime ainsi que ses vrais auteurs et commanditaires ».

La Société civile du Nord-Kivu a espéré pour sa part que la Cour ne se livre pas à « une parodie de justice ou à un simulacre de procès« .

AFP

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