Rebranding Africa Forum – Thierry Hot : « l’Afrique dispose de ressources politiques et économiques pour booster son développement »

Rebranding Africa Forum

Thierry Hot, Directeur de Samori Media Connection et du magazine Notre Afrik

Le 16 octobre 2015, Thierry Hot, Directeur de Samori Media Connection et du magazine Notre Afrik, donnera le top départ de la deuxième édition du Rebranding Africa Forum à Bruxelles sur le thème « Investir en Afrique, Entreprendre pour l’Afrique ». L’édition 2015 du Forum entend promouvoir les atouts du continent et dessiner les contours de l’entreprenariat africain de demain, dans un environnement économique sain et propice aux investissements.

Notre Afrik : Quel bilan faites-vous de la première édition du Rebranding Africa Forum dont le thème était « L’émergence de l’Afrique, à quel prix ? »

Thierry Hot : Notre plus grande satisfaction a été d’avoir réussi à initier et à organiser ce rendez-vous désormais incontournable. Pour la première fois, l’Afrique parlait à l’Afrique à Bruxelles, place forte des relations de coopération entre notre continent et l’Europe. Et cela, de concert avec les partenaires du continent. Au sortir de cette première édition, la tenue de ce forum s’est révélée nécessaire. Son institutionnalisation, souhaitée par tous, comble un vide, et place le Rebranding Africa Forum au rang de rendez-vous utile pour une Afrique qui s’impatiente de débattre sereinement de ses vrais problèmes de développement et d’avancer sereinement avec ses partenaires européens.

Par ailleurs, le thème de la première édition du Rebranding Africa Forum a permis de baliser le terrain sur la question de l’émergence, trop souvent érigée en slogans incantatoires. Experts et spécialistes du développement venus de toutes les parties du continent ont inscrit l’émergence de l’Afrique dans une vision plus prospective, tout en soulignant avec une éloquente pertinence les conditions et les moyens pour y parvenir, ainsi que les difficultés qui se dressent encore sur le chemin.

Enfin, je me réjouis de constater que le Rebranding Africa Forum intègre une dimension de reconnaissance du travail de nombre d’acteurs et de managers, qui œuvrent inlassablement pour le développement du continent. La remise des Rebranding Africa Awards, qui distinguent diverses personnalités, pour leur contribution appréciable au décollage de l’Afrique et à la dissémination des savoirs réconforte notre idée de l’Afrique qui bouge et qui avance.

Vous avez indiqué l’année dernière que le Rebranding Africa Forum devait « faire l’état des lieux de l’Afrique en matière de développement et d’émergence ». Dans quel état se trouve le continent ?

Ainsi que je l’avais indiqué l’année dernière, « notre continent a admirablement résisté aux coups et aux contrecoups de la grave crise financière et économique qui a ébranlé le monde fin 2011, affichant même des taux de croissance enviables par-ci, par-là ». Si personne ne nie que le continent a enregistré de grandes avancées ces dernières années, il est tout autant établi qu’il reste encore beaucoup à faire sur les chantiers du développement effectif et durable, au regard des énormes potentialités de l’Afrique.

C’est pourquoi le Rebranding Africa Forum réaffirme son ambition d’être une banque d’idées génératrices de développement pour une émergence réelle qui s’inscrit dans une vision réfléchie et partagée.

Qu’attendez-vous de cette deuxième édition du Rebranding Africa Forum dont le thème est : «  Investir en Afrique, entreprendre pour l’Afrique » ?

D’abord, la tenue de cette deuxième édition est la preuve que ce rendez-vous est proactif. Elle devrait renforcer notre volonté de faire de ce forum, année après année, « le rendez-vous où se pensent les profondes transformations dont l’Afrique a aujourd’hui besoin afin de faire peau neuve et attirer les partenaires indispensables pour relever le défi du développement ».

J’attends donc que les débats soient tout autant enlevés afin que nous construisions un pont vertueux entre les opportunités dont regorge le continent, d’une part, et la promotion d’un entreprenariat plus dynamique, d’autre part. En effet, le thème de cette année questionne la problématique de l’adéquation entre les « fabuleuses » offres d’investissements en Afrique et la mise en œuvre réelle d’un environnement sain, organisé et attractif pour développer l’entreprenariat sur le continent. Concrètement, il s’agit de prendre appui sur les réelles intentions d’investissement en faveur du continent pour amener les participants de cette deuxième édition à « identifier les défis susceptibles de rendre les économies africaines davantage attractives pour les investisseurs et entrepreneurs internationaux ». Tout en mettant en lumière « les secteurs prioritaires vers lesquels doivent impérativement être orientés les investissements en Afrique, et selon quelles modalités ».

Je ne doute pas que le forum, dont les échanges s’étendent cette année sur deux jours, dégagera des pistes pertinentes au service du développement du continent.

Qui sont les panelistes de cette année ?

Comme l’année dernière, le forum a fait appel à des personnalités de renom, des experts, consultants et spécialistes réputés dans leurs domaines. Cette deuxième édition enregistrera la présence du Premier ministre du Sénégal Mohammed Dionne.

Au nombre des confirmations, on note Mahktar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique, Henri-Marie Dondra, Directeur général du Fonds africain de garantie et de coopération économique (Fagace), Idrissa Nassa, P-DG de Coris Bank International, Abdoulaye Mar Dieye, Directeur Afrique du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), Rudy Demotte, ministre-président de la Fédération de Wallonie Bruxelles, Abdoulaye Bio Tchané, président du conseil d’administration du Fonds africain de garantie, Jean-Luc Konan, P-DG Groupe Compagnie financière africaine (Cofina), Denise Epoté, Directrice Afrique TV5 Monde, Jeanine Diagou, Directrice générale adjointe de NSIA Banque et Assurance Participations, et Directrice générale du pôle banque, Tahir Hamid Nguilin, vice-gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale.

Au total, près de 400 personnes sont attendues à Bruxelles pour ce rendez-vous du RAF consacré à la question des investissements et de l’entreprenariat en Afrique.   

Une croissance économique soutenue, un boom démographique « programmé », les défis pour l’Afrique revêtent un caractère urgent pour les prochaines années. Avons-nous les ressources politiques et économiques nécessaires pour les relever ?

Rien ne sera facile et rien ne nous sera donné ! Mais l’évolution socioéconomique et politique du continent m’incline à l’optimisme. Déjà, l’Afrique est considérée comme la nouvelle frontière, avec des taux de croissance que nous envie l’Europe. Certes, les bons résultats économiques obtenus çà et là ne se traduisent pas encore en termes de retombées réelles dans les paniers de nos ménagères. Mais il y a des progrès évidents, qui ne demandent qu’à être renforcés et soutenus.

A mon sens, l’Afrique dispose donc des ressources politiques et économiques pour booster son développement. Il faudrait toutefois que les Africains eux-mêmes en prennent davantage conscience, identifient courageusement et sans complaisance leurs difficultés et goulots d’étranglement, afin de repenser les stratégies les plus à même de produire les effets escomptés.

Vous organisez ce deuxième forum dans un contexte d’élections prochaines pour bon nombre de pays africains. Un message pour les candidats ?

Surtout pour les peuples africains qui ont montré, ces dernières années, leur maturité politique et leur volonté citoyenne à prendre en mains leurs destins. Les élections, notamment présidentielles, constituent un moment privilégié pour les peuples de peser sur la marche de leurs nations.

Ce mois d’octobre est en effet riche en élections présidentielles sur le continent (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée) et en tant qu’Africain, j’espère que ces scrutins se tiendront dans la paix et la tolérance, la transparence et la crédibilité. L’Afrique doit sortir définitivement de ce cycle infernal de violences pré et/ou postélectorales. 

Quel message adressez-vous aux jeunes générations, et quel regard portez-vous sur ce que devrait être cette nouvelle Afrique avec leur concours ?

Une sagesse bien africaine enseigne que « c’est au bout de l’ancienne corde que se tresse la nouvelle ». La nouvelle Afrique se dessine déjà par la jeune génération qui imprime partout sa marque. La nouvelle Afrique devrait donc être forte et prospère au triple plan institutionnel, politique et économique. Nous y arriverons par le travail acharné, la responsabilité et la rigueur en toutes choses.

Le Rebranding Africa Forum joue déjà sa partition dans la cristallisation des valeurs à travers ses Awards qui visent avant tout à allumer des étincelles d’espoir pour célébrer l’élégance des actions porteuses.

EXERGUES

Le Rebranding Africa Forum réaffirme son ambition d’être une banque d’idées génératrices de développement pour une émergence réelle qui s’inscrit dans une vision réfléchie et partagée.

Les Africains doivent identifier courageusement et sans complaisance leurs difficultés et goulots d’étranglement, afin de repenser les stratégies les plus à même de produire les effets escomptés.

Propos recueillis par Marie-Hélène Sylva
© OEIL D’AFRIQUE

Marie Hélène Sylva

Marie Hélène Sylva

Journaliste à oeil d'Afrique, basée à Paris (France)



[wp_ad_camp_4][wp_ad_camp_4][wp_ad_camp_4] [fbcomments]

Related Articles

Les échanges commerciaux entre l’UE et la Côte d’Ivoire se sont établis à 4. 653 Mds Fcfa en 2015

[GARD align= »center »] Les échanges commerciaux entre l’Union européenne (UE) et la Côte d’Ivoire sont passés de 3.156,7 milliards de FCFA

Le Yuan devient la 2ème monnaie officielle angolaise

Le deuxième pays producteur de pétrole en Afrique a adopté, la semaine dernière, la monnaie chinoise comme deuxième devise officielle

Les économies africaines ont une marge de progression possible

Le Forum économique mondial vient de publier l’édition 2012-2013 de son étude comparative de la compétitivité des pays à travers

Aucun commentaire

Espace commentaire
Aucun commentaire Soyez le premier à répondre à ce commentaire

Espace commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié
Required fields are marked*