Récit de Marcellin Cishambo, rescapé du crash à Bukavu

Récit de Marcellin Cishambo, rescapé du crash à Bukavu

Des neuf rescapés du crash de l’avion Katanga Express, qui s’est brisé en trois dans un ravin de vingt mètres au-delà de la piste de Kavumu (Bukavu) le gouverneur du Sud Kivu, Marcellin Cishambo, est le seul à pouvoir encore s’exprimer. Autour de lui, dans la petite salle des urgences de l’hôpital général de Bukavu, les autres blessés, la tête ceinte de bandages, semblent beaucoup plus mal en point, inconscients, les yeux fermés. Il y a là, entre autres, le Ministre des Finances, Matata Mponyo, Antoine Ghonda, le conseiller diplomatique du chef de l’Etat, Barthelemy Bisengimana, fils de l’ancien directeur de cabinet du président Mobutu. Cet  homme d’affaires local devait accompagner la délégation de onze personnes qui, au départ de Bukavu, se préparait à se rendre en bateau  sur l’île d’Idjui où  la famille Bisengimana, lors de la zaïrianisation, avait hérité d’une spectaculaire propriété, construite naguère par le prince de Ligne.Sous perfusion, adossé à son oreiller, Marcellin Cishambo a les deux genoux plâtrés et souffre de fractures tibiales qui demanderont au moins trois mois d’immobilisation. Lorsqu’il nous relate l’accident, il ignore encore qu’Augustin Katumba Mwanke, le plus puissant des conseillers du président, est mort sur le coup, le crâne brisé. La dernière image que Cishambo a gardé, c’est que le député katangais, assis derrière lui, a fait un vol plané jusqu’à l’avant de l’appareil, n’ayant vraisemblablement pas attaché sa ceinture de sécurité. «Lorsque j’ai vu que le jet entamait l’atterrissage beaucoup trop tard, dit Cishambo, « et qu’il allait sortir de la piste, j’ai crié « attachez vous »  et je me suis préparé au choc. Effectivement, l’appareil a plongé dans un ravin. Comme le plein de carburant venait d’être fait à Goma, j’ai eu peur de finir dans un avion en flammes, mais Dieu n’a pas voulu de moi… »

Rassemblés par petits groupes dans l’entrée de l’hôpital chichement éclairé, les témoins sont encore sous le choc. Le vice gouverneur du Sud Kivu, Jean-Claude Kibala, se souvient : « alors que nous attendions dans le salon d’honneur,  nous avons vu que l’avion, en face de nous, ne s’était pas encore posé. Nous avons hurlé « remontez », mais le crash était inévitable. Les pilotes, deux Sud Africains, engagés par le gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, ne connaissaient pas cette piste où ils se posaient pour la première fois. Ils sont morts tous les deux.  Depuis Lubumbashi, Moïse Katumbi, qui avait prêté son appareil personnel pour cette mission, a voulu se précipiter à Bukavu, mais nous le lui avons interdit, de nuit on ne peut pas se poser ici… »

« Sur le petit aéroport de Kavumu, la scène était dantesque », raconte Jean-Pierre Ndusha, un collaborateur du gouverneur « il a fallu découper à la scie l’avant de l’avion  pour extraire les corps des pilotes. L’un était mort, l’autre a succombé peu après. Et pour extraire les passagers, nous avons du briser les hublots avec des pierres, jusqu’à ce que la Monusco arrive avec des scies électriques et de haches… »

Accablés, tous les témoins concluent que cet accident est du à une erreur humaine, les pilotes ayant mal pris la mesure de la courte piste de Kavumu, coincée entre le lac et les collines. Dès qu’ils pourront être transportés, les blessés devraient être amenés en Afrique du Sud. A part le projet de déplacement sur l’île d’Idjui, nul n’a pu nous dire la raison qui avait amené plusieurs personnalités de premier plan à se déplacer en voyage privé à Bukavu à la veille de l’installation de l’Assemblée nationale le 16 février et alors que la crise politique est loin d’être terminée.

Source:  Blog de Colette Braeckmann


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1 commentaire

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  1. samba tantu
    samba tantu 18 février, 2012, 02:08

    Et maintenant ses gens qui vivent enfin le calvaire de simple citoyens qui chaque année succombent lors de tels accident vont ils enfin comprendre del’urgence à réformer le secteur de l’aéronautique dans ce pays classé parmi les plus dangereux en matiere d’aviation civil et militaire ?quand allons nous comprendre que la priorité des priorités de ce pays se trouve dans la moderisation de ses infrastructures ? si nos routes etaient de qualités peut etre que les gens prendrait plus le volant,si nos chemins de fer etait performantes nous améliorerions le traffic il en va de nos voies maritimes,aérienne ect …mais pour cela il faut une vision,un plan,des projets à longs termes mais que constatons nous ? des gens qui voyage en catimini pour bukavu pour de sombres dessins avec des bisengimena dont les plus avertis savent que c le pere ancien directeur de cabinet de mobutu sous la 2eme république qui est le plus illustre auteur de nos malheurs actuel,l’homme qui donna la nationalité à des milliers de rwandais,un des pions mis par l’intelligentia tutsis qui servit durant ses années de regne à vendre à l’ennemi les secrets de la république et à préparé l’invasion rwandaise au congo ! dans leur malheur ses gens voit petit à petit en mme temps du reveil des congolais leur plans machiavélique echoué l’un apres l’autre et un signe ne venant jamais seul je suis persuadé que un des cacique du pouvoir kanambiste va payer à son tour d’ici peu le prix de la trahison faite au peuple congolais !

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