Référendum au Sénégal: d’énormes couacs, un petit «Oui» se dessine

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Au Sénégal, les bureaux de vote ont fermé ce dimanche soir 20 mars, après cette journée de référendum pour valider ou non le projet de révision constitutionnelle proposé par le président Macky Sall.|© SEYLLOU / AFP

Au Sénégal, les bureaux de vote ont fermé ce dimanche soir 20 mars, après cette journée de référendum pour valider ou non le projet de révision constitutionnelle proposé par le président Macky Sall.|© SEYLLOU / AFP

Les Sénégalais ont voté ce dimanche 20 mars pour se prononcer sur une réforme de la Constitution portant sur 15 points. Le faible taux de participation et les différents couacs enregistrés durant la journée du scrutin relèvent d’un sentiment de désespoir vis-à-vis de l’actuel pouvoir.    

Le taux de participation pour le référendum au Sénégal est loin d’être acceptable: moins de 40% d’électeurs ont accompli leur devoir civique. Ce qui signifie donc que les Sénégalais ne se sont pas bousculés devant les urnes.  Et les premières tendances montrent nettement que les choses sont très serrées. Même si le «Oui» l’emporterait, ce ne serait pas une large victoire, comme l’ont clamé durant toute la campagne le président Macky Sall et ses militants. Touba, une ville religieuse à grand réservoir électoral, a largement voté «Non».  Si l’on remarque le déploiement de force du pouvoir dans cette ville religieuse, on ne peut lire que la déception du camp du pouvoir.

Dans la région de Dakar, le parti au pouvoir semble reprendre du poil de la bête, après sa dernière débâcle aux élections locales de 2014. La commune de Grand Yoff est tombée dans l’escarcelle du camp du «Oui ». Ici, c’est l’avenir politique de l’ancien Premier ministre Aminata Touré qui était en jeu. Aux dernières élections locales, elle avait été battue par la coalition « Taxaw Ndakaruu » de Khalifa Sall, actuel maire de Dakar. Aminata Touré a remporté presque haut la main le centre du foyer des jeunes de Grand-Yoff. Ce lieu, l’un des plus grands de la commune, regroupe 18 bureaux. L’ancien Premier ministre a raflé 2 179 «Oui» contre 1 806 «Non».

Aux Parcelles assainies, une autre banlieue de Dakar, les scores sont serrés. Mais, le camp du «Oui » l’emporterait déjà, comme il l’aurait fait également dans la région de Fatick, au centre du pays, d’où Macky Sall est originaire. Quant aux électeurs du nord, ils ont partagé la poire en deux. Tout le contraire de Sédhiou, région sud du pays où le «Non » galope seul. Et enfin, le «Oui» triomphe avec 19235 voix contre 9824 à Mbour situé à 80 kilomètres de Dakar.

Ce qu’il faut retenir, c’est que dans des localités comme Touba, Médina, Grand-Yoff, Yoff ou Parcelles assainies, des électeurs importés et des mandataires du «Non» sans listes d’électeurs ont été notés sur le terrain.  La journée du scrutin a été aussi particulièrement marquée par la tentative du pouvoir de museler Walf Tv et Walf Fm, deux médias qui relaient en direct le déroulement du scrutin.

Une foule immense s’est érigée en bouclier pour empêcher les mandataires de l’Etat, des partisans du «Oui », de parvenir à leurs fins.  

Ainsi, jamais dans l’histoire politique sénégalaise, un référendum n’aura autant divisé le peuple. Même si le «Oui » l’emporterait, il faut relever que le sentiment de désespoir du peuple vis-à-vis de Macky Sall et de son gouvernement est largement partagé. Il n’aura donc pas un plébiscite comme ce fut le cas pour le premier président du Sénégal Léopold Sédar Senghor en 1963 (99,45 % pour le Oui) et 1970 (99.96%) et pour Abdoulaye Wade en 2001 (94.0%).  

© OEIL D’AFRIQUE

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