Réquisitoire au procès des militaires français accusés du meurtre de l’Ivoirien Firmin Mahé

Réquisitoire au procès des militaires français accusés du meurtre de l’Ivoirien Firmin Mahé
Firmin Mahé

Fabien Ndoumou, avocat de la famille de la victime Firmin Mahé, au palais de justice de Paris le 27 novembre 2012
© AFP/Archives Kenzo Tribouillard

L’avocate générale prononce jeudi son réquisitoire au procès des quatre anciens militaires français de la force Licorne en Côte d’Ivoire jugés depuis le 27 novembre pour le meurtre en 2005 de l’Ivoirien Firmin Mahé, un crime passible de 30 ans de réclusion.

Mahé, 29 ans, avait été étouffé avec un sac plastique alors que, blessé par balle, il était transporté dans un blindé français.

Les militaires n’ont aucun doute sur le fait qu’il était un « coupeur de route », un bandit terrorisant les populations dans la « zone de confiance » qu’ils étaient chargés de surveiller, dans un pays coupé en deux par une guerre civile.

La famille de la victime, dont trois membres sont venus au procès en tant que partie civile, continue d’affirmer qu’il n’était pas un criminel, ce que les débats n’ont pas permis de trancher.

Parmi les accusés figure le colonel Eric Burgaud, 50 ans, qui a reconnu avoir transmis à ses hommes l’ordre implicite que Mahé n’arrive pas vivant à destination. Lui-même affirme avoir tenu cet ordre du général Henri Poncet, commandant de la force Licorne à l’époque, qui lui aurait dit: « roulez doucement… vous m’avez compris ».

Mais le général, qui avait bénéficié d’un non-lieu durant l’enquête, a réaffirmé au procès qu’il n’avait pas prononcé cette phrase.

L’adjudant-chef Guy Raugel, 48 ans, a quant à lui reconnu avoir étouffé Mahé sur ordre du colonel Burgaud. Il n’a jamais varié dans ses déclarations, en déplorant que tous ses supérieurs n’aient pas assumé leurs responsabilités.

Les deux derniers accusés sont le brigadier-chef Johannes Schnier, 35 ans, qui maintenait Firmin Mahé, et le brigadier Lianrifou Ben Youssouf, 32 ans, qui conduisait le véhicule.

Les débats ont tourné autour de la possibilité qu’avaient ces soldats de désobéir à un ordre illégal, dans le contexte d’une mission de maintien de la paix sans cadre juridique adapté. Les militaires ont rappelé qu’ils étaient excédés d’assister à des exactions et de voir leurs auteurs remis en liberté sitôt arrêtés.

L’avocat des parties civiles doit plaider à partir de 09H30. L’avocate générale, Annie Grenier, prononcera ensuite son réquisitoire, suivi des plaidoiries de la défense.

Le verdict est attendu vendredi.

(Avec Agence)



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