Robert Mugabe accuse les gouvernements occidentaux d’ingérence dans les affaires zimbabwéennes

Robert Mugabe accuse les gouvernements occidentaux d’ingérence dans les affaires zimbabwéennes

Au pouvoir depuis déjà trente-trois ans, Robert Mugabe a été investi en grande pompe jeudi pour un nouveau mandat à la présidence du pays, faisant un pied de nez à ses opposants et aux Occidentaux qui ont contesté la validité des élections du 31 juillet.

La plupart des pays occidentaux ont condamné un scrutin entaché, selon eux, d’importantes irrégularités, la Grande-Bretagne — ancienne puissance coloniale– allant jusqu’à réclamer jeudi une « enquête indépendante ».

« Je suis déçu que le résultat de l’élection ait été approuvé lors du sommet de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) le week-end dernier« , a regretté le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague dans un communiqué.

« Quant aux quelques pays occidentaux qui peuvent avoir une vision différente, négative, de notre processus électoral et de ses résultats, eh bien, il n’y a pas grand-chose que nous puissions faire pour eux. Nous les rejetons comme des gens vils dont nous devons pleurer la turpitude morale. Ils ont le droit d’avoir leurs opinions, pour autant qu’ils reconnaissent que la majorité de notre peuple a approuvé le résultat des élections« , a rétorqué le vieux président.

« Et pour nous, c’est tout ce qui compte! »

« Aujourd’hui, c’est la Grande-Bretagne et ses dominions de l’Australie et du Canada qui osent nous dire que nos élections n’étaient pas justes et crédibles. Aujourd’hui, c’est l’Amérique avec toute son histoire d’esclavage qui ose élever une voix réprobatrice (…) et dire que les élections n’étaient pas justes« , a-t-il relevé, à la grande joie de ses partisans.

Des bannières portaient dans le stade des messages vantant les dirigeants africains et dénonçant les gouvernements occidentaux accusés d’ingérence dans les affaires zimbabwéennes.

© AFPDes Zimbabwéens à la cérémonie d’investiture de Robert Mugabe le 22 juillet 2013 près d’Harare
© AFP Alexander Joe

« Quel Africain a jamais observé des élections en Europe, en Amérique?« , pouvait-on lire sur l’une d’entre elles. « L’Afrique a parlé, respectez sa voix », disait une autre.

M. Mugabe et ses proches sont visés par des sanctions américaines et européennes depuis les élections de 2002, qui déjà étaient contestés.

« Nous allons très certainement rester confrontés à ces sanctions pendant très longtemps », a-t-il estimé jeudi.

« Nous allons continuer à regarder vers l’Orient », et en particulier la Chine, beaucoup moins exigeante en matière de respect de la démocratie, a ajouté le vieux président zimbabwéen.

Contrairement aux Occidentaux, l’Union africaine et les quinze pays de la SADC ont adoubé M. Mugabe, trop contents que le scrutin se soit déroulé dans le calme. 

Alors que Morgan Tsvangirai était arrivé en tête au premier tour de la présidentielle de 2008, les partisans du président s’étaient déchaînés, faisant près de 200 morts. M. Tsvangirai s’était alors retiré, laissant Robert Mugabe, seul en lice.

Parmi les mesures que prendra son futur gouvernement, Robert Mugabe a promis d’intensifier sa politique d' »indigénisation », qui vise notamment à octroyer à des Zimbabwéens noirs la majorité du capital des filiales locales de groupes étrangers.

« Le secteur minier va être la pièce centrale de notre reprise économique et de notre croissance. (…) Nous devons intensifier l’exploitation des gisements existants. Plus de minéraux restent inconnus, inexplorés« , a-t-il relevé.

Et celui qui a libéré trente ans plus tôt d’assurer: « Je vous promets de meilleures conditions de vie! »

 

Roger Musandji

Roger Musandji

Fondateur de RM COMMUNICATION, société éditrice d'Oeil d'Afrique.


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