Sénégal: 350 personnes perdent la vie par an à cause de l’indiscipline des chauffeurs de transport en commun

Sénégal: 350 personnes perdent la vie par an à cause de l’indiscipline des chauffeurs de transport en commun

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Accident a Dakar

(Photo d`archive utilisée juste a titre d`illustration)

Avec 40% des accidents de la route ayant pour origine les transports en commun, l’indiscipline des chauffeurs des taxis-bus est une situation qui inquiète de plus en plus les autorités sénégalaises. Au Sénégal, la route ne cesse de faire des victimes. Des accidents parfois spectaculaires qui font perdre des vies à des citoyens sur le chemin du travail ou d’un voyage. Une équation pas facile à résoudre. Cette situation est imputée à l’indiscipline des chauffeurs dans la circulation routière qui roulent qui soucient peu des normes du code de la route. Un comportement déploré par les populations et qui peine à trouver des solutions. Malgré la présence des forces de sécurités en charge de la sécurité routière, telles, la police, la gendarmerie et les autorités étatiques, l’indiscipline règne en maitre sur la route. Les marques de l’indiscipline son matérialisées le plus souvent par le nom le non-respect du code de la route, l’absence de port de la ceinture de sécurité, le téléphone coller à l’oreille au volant, excès de vitesse, course-poursuite entre chauffeurs, stationnement en plein milieu de la route, virage sans signalisation, non-respect de la distance de sécurité pour ne citer que ceux-là.

A Dakar, l’embouteillage est décrié malgré le nombre de routes et de ruelles que regorge la ville. Pourtant, certains observateurs ou usagers très exposés au danger soutiennent que ces embouteillages ont pour origine l’indiscipline de certains chauffeurs se trouvant au volant des véhicules. Les embouteillages se produisent à des heures creuses comme pour la matinée, entre 7 heures et 10 heures et le soir entre 16 et 20 heures. Le plus souvent, ce sont les ronds-points des différentes parties de la ville qui sont les plus embouteillés à cause des giratoires. Dans ce lot de chauffeurs indisciplinés, il y’a les chauffeurs des transports en commun, les taximen, ceux des cars rapides, les cars Ndiaga Ndiaye et les bus.

A ce lot, s’ajoute les particuliers et les chauffeurs de camions remorques ou semi-remorques. Un constat amer, les embouteillages occasionnés par les accidents entrainent des pertes énormes à l’économie du pays. Ces pertes dues au retard d’horaires de travail, des absences etc, se chiffrent des centaines de millions de Fcfa en valeur estimée. Taximan de son état, Aly Ka soutient que le mauvais comportement des chauffeurs est simplement dû à un manque de repères. Pour lui, si l’indiscipline persiste dans la conduite aujourd’hui, c’est à cause de l’absence d’une éducation de base. Il estime ainsi que l’éducation faisant défaut chez certains chauffeurs, ces derniers se comportement n’importe comment une fois au volant. « C’est vrai que ce n’est pas facile d’être chauffeur. Mais, on ne va pas mettre tout sur les difficultés de conduire dans la ville de Dakar.

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Quand l’indiscipline fait surface, c’est parce qu’il y’a un véritable problème au niveau du comportement de l’individu. C’est encore plus profonds », a indiqué le taximan à partir du volant de son taxi. Conducteur d’un taxi Bagage, Makhtar Diop s’indigne et accuse les chauffeurs de transports en commun. Ces derniers, accuse-t-il, sont les plus indisciplinés de la circulation au Sénégal. Essayant de dédouaner sa corporation, il précise que les chauffeurs des taxis bagages n’ont pas un problème de comportement au volant. Car dit-il, les chauffeurs des taxis bagages respectent le code de la route dans toute sa dimension. « Par contre les autres chauffeurs font du n’importe quoi au volant de leur voiture », a-t-il laissé entendre. Abondant dans le même sens que les chauffeurs cités plus haut, le policier Bour-Sine en service au rond-point Liberté 6 a estimé que le comportement des chauffeurs est à déplorer à plus d’un titre. Passant presque la moitié de la journée à réguler et à interpeller les mauvais chauffeurs, le policier relève qu’il est très difficile de passer une journée sans anicroche avec les conducteurs. Mieux, il signale que s’il faut faire correctement les interpellations, aucune voiture ne roulera à Dakar. Et pour cause, 90% des véhicules qui roulent ont toute une infraction quel que soit le modèle, la marque ou la catégorie. L’amande de la contravention qui n’est que de 6 000 francs est très dérisoire. D’où cet appel du policier pour le durcissement des lois et une augmentation des amendes de 6 000 à 100 000 francs.

Téléphone au volant, le délit le plus fréquent à Dakar

Parmi les infractions dans la circulation dakaroise, le téléphone coller à l’oreille des chauffeurs est le délit le plus fréquent. A cela, il faut ajouter le délit d’absence de ceinture de sécurité. Malgré les campagnes de sensibilisation sur les conséquences de l’utilisation du téléphones au volent d’un véhicule par les autorités en charge de la sécurité routière, les sénégalais continuent toujours à l’utiliser en circulation. Un comportement qui peut être fatale pour non seulement à l’utilisateur, mais aussi aux autres. Une récente étude anglaise, menée à l’Université d’Oxford a montré que l’utilisation du téléphone portable au volant a des effets sur la conduite comparables à ceux de l’alcool. Cette étude révèle que lorsqu’il téléphone, le conducteur concentre son attention sur ce qu’il entend directement; le décalage entre ce qu’il voit et entend perturbe fortement sa perception de l’espace. Conséquence: plus de 3/4 des conducteurs en train de téléphoner oublient de s’arrêter au passage pour piétons. A peine 1/3 se souviennent des panneaux de signalisation qu’ils viennent de croiser. Ainsi, pour ces experts, téléphoner en roulant constitue un facteur de distraction pour le conducteur, donc un facteur de risque pour sa sécurité et celle des automobilistes environnants.

Et cela pendant toutes les phases de la communication, y compris bien entendu, les phases de recherche de numéro dans le répertoire et de numérotation dont il est démontré par ailleurs de façon unanime la dangerosité. Pour l’agent de la police routière, Bour-Sine, durant son service aux abords des ronds-points, il fait face à plusieurs délits de conduite liée au téléphone. « Pour nous, les agents de la circulation, c’est toujours difficile de faire avec eux. On est souvent confronté aux même délits que sont le téléphone au volant, absence de ceinture de sécurité », a relevé Bour-Sine. Par ailleurs, plusieurs études et expérience sur l’utilisation du téléphone au volant, démontrent qu’une conversation téléphonique entraîne des variations de vitesse, des déviations fréquentes de trajectoire, une augmentation significative du temps de réaction ainsi que des erreurs de perception et de jugement. Suffisant pour les chercheurs de soutenir que l’utilisation du téléphone portable est l’exemple le plus fragrant de distraction au volant. « Le principal danger, c’est de répondre au téléphone au volant. Parfois même entre nous, on déplore ces comportements. L’erreur est humaine, donc je ne tire pas trop sur mes collègues », a confié Aly Ka.

Les transports en commun, principaux responsables des accidents

Au Sénégal, les transports en commun sont les principaux vecteurs des accidents de la route. Ces derniers causent 40% des accidents de la route dans le pays. Ainsi, entre 2000 et 2010, la route a tué 48% des accidentés, 47% des blessés graves et 44% des blessés léger, soit un total de 22 000 personnes touchées. Pour beaucoup de sénégalais, les chauffeurs de taxi et ceux des cars rapides, les cars Ndiaga Ndiaye font partie des plus indisciplinés de la circulation routière. Cela s’explique selon certains par le fait qu’ils ne visent que leurs intérêts économiques. En effet, un taximen doit verser chaque jour 10 000 francs Cfa au propriétaire de taxi. De même, les chauffeurs des cars aussi doivent verser chaque jour une somme variant entre 16000 Fcfa et 18000 Fcfa au propriétaire. Cette obligation de versement quotidien les pousse à faire une course contre la montre. Pour eux, le plus important, c’est d’avoir un client quel que soit la manière où ils se gareront pour prendre le client. C’est pourquoi, ils n’hésitent même pas à s’arrêter en plein milieu de la route pour négocier une course. Ainsi, on trouve très souvent un taximan garé son véhicule.

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Même, s’il est conscient qu’il gêne la circulation des autres. Selon Makhtar Diop, si les chauffeurs de ces transports en commun se comportent ainsi à certains endroits de la ville, c’est à cause de l’absence de policiers sur les lieux. En plus, il souligne que l’indiscipline et le manque de considération des piétons font partie des causes des accidents. Souvent, pour notre interlocuteur, les dépassements entre véhicules finissent très mal. D’ailleurs, il explique la cause des accidents touchant les piétons par un refus d’observer les meilleurs moments pour traverser. Une précipitation qui coute cher aux piétons sur la chaussée. Les innocentes victimes sont le plus souvent des élèves. Une fois, un tragique accident sur la voie de dégagement nord (Vdn) reste toujours encré dans les mémoires. Des lycéens à la fleur de l’âge, atrocement tués par un camion. Evidemment, ils étaient en train de cogiter ou de projeter des projets d’avenir. Hélas ! La grande faucheuse, par la complicité d’un chauffard, en a décidé autrement « On note aussi beaucoup d’énervement chez les chauffeurs au volant. On ne peut pas conduire en n’étant pas calme. Les chauffeurs à l’absence de vue des policiers se laissent aller sur la route et ça ne finit jamais bien », a expliqué M. Ka.

Laveurs de voitures, futurs chauffeurs

Le manque d’expérience constitue aussi un pan considérable dans la cause des accidents. Les futurs chauffeurs de transports en commun se voient dans le centre-ville de Dakar tous les jours. Eux, ce sont les petits laveurs de voiture qui pullulent depuis plusieurs années la capitale sénégalaise. Ils sont visibles à la place de l’indépendance, devant les grandes banques, les hôtels, les ministères et les hôpitaux. Pour ceux qui ne savent pas, ces laveurs n’apprennent pas à conduire dans les auto-écoles, mais dans le tas en faisant déplacer petit à petit les voitures de ces grands Messieurs de la ville. Ces derniers sont constitués de fonctionnaires, de cadres moyens, entre autres travailleurs qui ont en possession une voiture et qui leur laissent la clé. A travers les petits tours qu’ils font avec la voiture dans la ville, ils apprennent ainsi à conduire sans l’aide de personne tout en ignorant les panneaux de signalisation, encore moins les flèches. Bref, le code de la route dans sa globalité. Aujourd’hui, la plupart des conducteurs de transports en commun ont appris à conduire à partir de cette stratégie. Une situation que Makhtar Diop déplore amèrement.

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C’est avec une très grande tristesse qu’il attire l’attention des autorités sur ce phénomène. «On ne peut pas être sans permis et de vouloir être au volant d’une voiture dans une ville comme Dakar. L’absence de connaissance du code de la route fera toujours défaut. Quand on n’a pas fait l’auto-école, comment peut-on être un bon chauffeur ce n’est pas raisonnable », dénonce-t-il. Ainsi, il invite les autorités à prendre leurs responsabilités en faisant prospection de la question avant qu’il ne doit trop tard. De même, il a déploré le manque d’expérience de certains chauffeurs. Témoignant sur sa conquête du permis de conduire, Aly Ka avoue avoir passé le permis trois fois de suite. Une manière pour lui de mériter son permis de conduire. « Moi mon taxi, c’est mon gagne-pain et chaque jours je prie Dieu de faire une bonne journée loin des malheurs de ce fait. Je me dois de montrer le bon exemple au volant. Pour vous confirmer mon bon comportement, j’ai dû passer le permis 3 fois, c’est vous dire comment j’ai tenu à mériter mon permis », fait-il savoir.

Des chiffres qui font froid au dos

Souvent, les chiffres fournis par les sapeurs-pompiers sénégalais donnent plus que froid au dos. Rien qu’en 2013, ces derniers ont effectué 9203 sorties de secours avec 15 250 blessés et 365 morts sous le bras. Si l’on se fie aux données de la brigade nationale des sapeurs-pompiers, 77,8% des morts sur nos routes ont entre 15 et 59 ans. Ainsi, 350 personnes meurent chaque année au Sénégal. Dans le monde, selon l’organisation mondiale de la santé, la route tue 1,24 millions de personnes et 50 millions de blessés. L’Afrique qui ne concentre que 2% du parc mondial de l’automobile enregistre 24,1% des victimes d’accidents de la circulation.

Adama Coulibaly
Dakar – Oeildafrique.com

 


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  1. ralely vetaveta
    ralely vetaveta 21 mars, 2014, 17:24

    En afriq c’est comme ça! l’indiscipline! la division! la paresse! la corruption

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  2. ralely vetaveta
    ralely vetaveta 21 mars, 2014, 17:25

    et on accuse toujours les occidentaux d’être la cause de la pauvreté de l’afriq

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