Sénégal: division des magistrats sur le sort de Karim Wade

Sénégal: division des magistrats sur le sort de Karim Wade
Karim Wade

Karim Wade devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite lors d’une de ses dernières apparitions, le 15 mars 2013.|AFP

Au fond de sa cellule, Karim Wade doit certainement sourire. Quand il saura que le magistrat à la Cour Suprême Malick Sow affirme qu’il «appartient au gouvernement de se débrouiller pour se conformer aux conventions qu’il a signées».

Loin du prétoire et bien moulé dans son tee-shirt immaculé, Malick Sow était l’invité mercredi à Dakar, de «Jeudi Libéral», une plateforme de réflexion et d’échange. S’il s’est prévalu de son droit de réserve sur l’affaire Karim Wade, parce qu’il est magistrat à la Cour Suprême, Malick Sow a, néanmoins, joui de son statut d’ancien président du Groupe de travail de l’Onu et du Comité sénégalais des droits de l’homme.

Pour lui, le Sénégal ne peut pas inviter un groupe de travail à venir exercer au niveau de son territoire et ensuite dire que son avis, «c’est du n’importe quoi». «C’est au ministre de la République qui doit faire des redressements, mais cela n’engage pas les juridictions du pays, car le juge ne fait que rendre une décision», explique le magistrat qui estime qu’il n’existe pas de dialogue au sommet de l’Etat du Sénégal.  

Ce mercredi 6 août, à Dakar, la Cour Suprême doit se prononcer sur le recours introduit par la défense de Karim Wade devant ladite juridiction. Fils de l’ex-président sénégalais, Abdoulaye Wade, Karim a été condamné par la CREI, une juridiction spéciale, à six ans de prison pour enrichissement illicite et à payer une amende de 380 millions d’euro.

L’Onu a estimé dans un avis que la détention de Monsieur Karim Wade est arbitraire.

Dans ce cadre, le juriste Mactar Camara reste convaincu que ce n’est pas parce qu’un avis rendu vous est défavorable, «qu’il faut le rejeter». Quant à Me Assane Dioma Ndiaye, président de la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh), il affirme que la question de Karim Wade «ne doit pas nous agiter, mais qu’on doit se battre pour le respect des droits humains, des conventions internationales».

En attendant, d’autres avocats ont rejoint le pool de conseillers qui défendent Karim Wade. Il s’agit de Mes Michel Boyon, Françoise Sabiani et François Pinatel, inscrits au barreau de Paris.

© OEIL D’AFRIQUE

 


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