Sénégal: des femmes racontent leur expérience sur l’agriculture

Sénégal: des femmes racontent leur expérience sur l’agriculture

[GARD align= »center »]

femmes-agriculteur

Au Sénégal, beaucoup de femmes se sont lancé dans l’agriculture familiale. Appuyées par des projets de l’Etat sénégalais, elles ont investi ce créneau porteur, qui leur permet de subvenir à leurs besoins. Même la jeunesse y trouve désormais son compte. Reportage.

«Ici, c’est la filière niébé», désigne, Louise Ndiaye, de l’index des sachets de niébé posés sur une table dans un grand hangar regroupant plusieurs exposants dans le cadre de la Foire internationale de ressources agricoles (Fiara). L’événement qui met l’accent sur les produits agricoles locaux, se déroule à Dakar, précisément au Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES).

Drapée dans un habit mauresque à la couleur moutarde, Louise Ndiaye, à l’image des autres exposantes, est appuyée par une entité dénommée Projet d’Appui aux Filières Agricoles (PAFA).

«Le projet, c’est une chaine de production sur laquelle se retrouvent le paysan, l’acheteur et le transformateur du produit», lance-t-elle, debout devant un étal de bidons remplis de jus de gingembre.

Avant la mise en place du PAFA dans les régions de Kaffrine, Diourbel, Fatick et Kaolack (centre du Sénégal), les femmes n’emblavaient que de petites surfaces de terre. «Lorsque le projet est né, on a doublé la production grâce aux intrants agricoles de qualité comme les semences certifiées. Avant, un hectare par ménage produisait six cents kilogrammes à l’hectare. Actuellement, le rendement est beaucoup plus que bon. On parvient à récolter une tonne à l’hectare», explique Mme Ndiaye, très souriante.

Selon l’assistante du coordinateur du PAFA Madame Kanté, d’autres filières à savoir l’aviculture et le maraîchage sont également concernés, à côté d’autres productions comme le bissap (oseille séchée), le niébé, le sésame, le mil, le sorgho et le maïs.

Pour le mode de financement, l’assistante du coordinateur signifie que le PAFA subventionne les femmes à hauteur de 80 %, selon les besoins du paysan en semences certifiées, en produits phytosanitaires, en fertilisants et en machines agricoles. Le reste, c’est-à-dire les 20 %, est complété par le paysan, lui-même. Toutefois, la subvention diminue d’une année à l’autre, en fonction de l’allégement des besoins.

La jeunesse y trouve son compte

Par ailleurs, pour chaque produit, il y a des techniques de transformation et de conservation pour lesquelles, les femmes doivent être formées. «La durée de la formation se situe entre dix et quinze jours. Si ce sont des femmes déjà initiées, la durée de formation est d’une semaine», enseigne Haby Tall, formatrice dans la transformation de produits locaux. Ces activités sont porteuses d’espoir au Sénégal. Même les jeunes élèves s’y mettent durant les vacances scolaires. «Beaucoup de jeunes s’investissent désormais dans ce créneau qu’est l’agriculture. Les jeunes, au lieu de passer toute les vacances à taper au football durant le championnat populaire, préfèrent aller cultiver la terre», lance Louise Ndiaye, qui pilote l’Union régionale de Diourbel des femmes transformatrices de produits locaux.

Et la récolte vendue, leur permet d’acheter des fournitures scolaires pour poursuivre leur cursus scolaire dans le milieu rural. Facilement, ils parviennent à empocher deux cents à trois cent mille francs Cfa ou plus.

[GARD align= »center »]

Mais, vendre la récolte qui est souvent bonne, constitue des difficultés pour les femmes. Et les unités de transformations sont également insuffisantes, sinon inexistantes dans certaines zones. «L’Etat doit nous aider à avoir des unités de transformations. Ces unités manquent aux femmes qui veulent s’investir dans ce domaine. Il y a des produits qui sont stockés durant un an sans être transformés faute d’unités et d’espace de transformation», critique Haby Tall, assise derrière une table de sachets de céréales à base de mil. D’autres difficultés liées au déficit pluviométrique, à l’accès au matériel agricole, à une semence de qualité et à l’écoulement de la production constituent des obstacles à franchir pour les femmes du Sénégal.

Baba Mballo
Dakar – Oeildafrique.com

 


Tags assigned to this article:
agriculturefemmessénégal

Related Articles

Le Maroc face au spectre du racisme contre les migrants africains

 [GARD align= »center »] « Etre immigré est-il devenu un crime? », s’exclame Eric Williams, un résident camerounais d’un quartier populaire de Rabat, à

Sénégal: L’ancien ministre de l’Energie Samuel Sarr en garde-à-vue

 [GARD align= »center »] L’ancien ministre de l’Energie sous Abdoulaye Wade a été arrêté mardi par la section de recherches de la

Propriété intellectuelle: l’avenir des savoirs traditionnels africains en question

La conférence ministérielle africaine 2015 sur la propriété intellectuelle s’est ouverte mardi 3 novembre 2015 à Dakar. Elle se déroule

Aucun commentaire

Espace commentaire
Aucun commentaire Soyez le premier à répondre à ce commentaire

Espace commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié
Required fields are marked*